HistoireL'histoire du département est celle de la Normandie, dont Rouen fut la capitale. La région était, à l'époque gauloise, peuplée par diverses tribus, les Calètes dans le pays de Caux, qui, en 56 av. J.-C., opposèrent une faible résistance aux troupes romaines de Sabinus, lieutenant de César. Intégrée à la deuxième Lyonnaise avec Rouen pour capitale, la région profita de la "pax romana". Le christianisme se développa dès le 4ème, grâce à st Victrice, compagnon de st Martin. Sous les Mérovingiens, le pays fut incorporé à la Neustrie. Au 9ème, il fut ravagé par les envahisseurs normands, ces hommes du Nord qui s'appelaient eux-mêmes les Vikings. Après avoir marché sur Paris, leur chef, Rollon, reçut du roi de France les diocèses de Rouen, Evreux et Lisieux (traité de St-Clair-sur-Epte en 911, constitutif du duché de Normandie). En 1066, avec l'aide de barons normands, le duc de Normandie Guillaume partit conquérir l'Angleterre. Dès lors, l'affrontement entre le roi de France et le roi d'Angleterre, duc de Normandie, devint inévitable et, en 1204, Philippe Auguste profita de la division entre les fils d'Henri II Plantagenêt pour reprendre la Normandie et l'annexer à la Couronne. Le 19 mars 1315, Louis X le Hutin promulgua une "Charte aux Normands", symbole de l'unité de la Normandie, que les cahiers de doléances invoquaient encore en 1789. Tout au long de la guerre de Cent Ans, la région fut le théâtre de luttes entre Français et Anglais et Rouen, où fut brûlée Jeanne d'Arc, fut occupée par les Anglais de 1419 à 1449. Les guerres de Religion eurent des répercussions dramatiques dans une région où la Réforme était solidement implantée. L'édit de Nantes en 1598 ramena la paix et la prospérité économique. L'invasion allemande de 1940 et les bombardements de 1944 ont cruellement frappé le département; Le Havre, notamment, a mérité le nom de "port le plus gravement endommagé d'Europe". Le département a été la patrie d'écrivains (Georges et Madeleine de Scudéry, Pierre et Thomas Corneille, Bernardin de Saint-Pierre, Flaubert, Maupassant, André Maurois), de peintres (Géricault, Raoul Dufy), de comédiens (La Champmeslé, Frédérick Lemaître, Victor Boucher) et d'un président de la République (René Coty). |
Géographie Le département est situé sur la bordure occidentale du Bassin parisien, à son contact avec la Manche. Il se compose de 3 régions différentes : le pays de Caux, la vallée de la Seine et le pays de Bray : - La plus grande partie du département est constituée par le pays de Caux, vaste plateau de crétacé supérieur dont l'altitude moyenne dépasse 200 mètres; recouvert uniformément d'argile à silex et de limons fertiles, celui-ci associe culture intensive et élevage bovin; le pays de Caux s'achève sur la mer par de hautes falaises crayeuses échancrées par les "brèches" (estuaires des fleuves côtiers), ou les "valleuses" (vallées sèches suspendues). - La Seine déroule ses méandres encaissés dans une large vallée aux sols médiocres recouverts de forêts; l'estuaire forme une baie profonde où les eaux du fleuve se mêlent aux eaux de la mer et la marée se fait sentir jusqu'à Rouen, faisant naître une vague déferlante, le mascaret, qui remonte l'estuaire, artère vitale du département, la Seine connaît une intense navigation fluviale et a permis le développement des deux grands ports, Le Havre et Rouen. - La boutonnière du pays de Bray fournit un parfait exemple de relief inversé : l'érosion a tranché les bombements anticlinaux élevés, mettant au jour les roches tendres sous-jacentes (calcaires, argiles); dépression bocagère, le pays de Bray est délimité par les escarpements crayeux du pays de Caux. Le climat, d'ordre océanique, connaît des hivers peu rigoureux, des étés frais et une pluviosité importante; les vents d'ouest dominent. Le département est doté d'une tradition industrielle solide en liaison avec le trafic portuaire important. Rouen, Le Havre et Elbeuf sont les trois centres principaux, autour desquels se sont installées des industries très diversifiées (métallurgie, chimie, textile, raffineries, constructions navales). L'agriculture demeure active : élevage et polyculture sont les deux principales ressources. |
Les arts Riche terre de culture, le département possède un patrimoine monumental de tout premier ordre. La civilisation mégalithique n'est que faiblement représentée (menhir de la Pierre-d'Etat du Petit-Couronne) et l'époque romaine n'a laissé qu'un seul monument important (théâtre de Lillebonne, le plus grand théâtre romain du nord de la France). En revanche, le musée des Antiquités de Rouen abrite de très riches collections gallo-romaines (mosaïque de Lillebonne, la plus grande mosaïque signée trouvée en France) et quelques pièces de l'époque des Vikings. L'architecture romane s'est développée très tôt; l'abbaye de Jumièges figure parmi les monuments les plus représentatifs d'un art auquel se rattachent les églises de St-Martin-de-Boscherville, Montivilliers ou Etretat, le prieuré de Graville du Havre et la petite église de Manéglise ou celle de Varengeville, ornée de vitraux de Braque et entourée d'un petit cimetière marin où il repose. Le gothique domine dans certains édifices majeurs de Normandie : abbaye de St-Wandrille, Trinité de Fécamp, cathédrale de Rouen (patiemment restaurée après la Seconde Guerre mondiale), églises St-Maclou et St-Ouen de Rouen. L'art de la Renaissance s'est manifesté à travers l'abbaye de Valmont, celui du 17ème à travers les chapelles des Jésuites d'Eu ou de Rouen. Les châteaux et manoirs, souvent ouverts au public, abondent dans le département. Les ducs de Normandie ou leurs grands vassaux ont édifié des châteaux forts dont certains ont subsisté en plus ou moins bon état de conservation : donjon de Lillebonne, tour Jeanne d'Arc à Rouen, château de Robert le Diable, châteaux d'Arques, Dieppe ou Tancarville. Plus tardifs, les châteaux de Bailleul, Clères, Eu, Miromesnil et Mesnières-en-Bray témoignent de l'art raffiné des seigneurs de la Renaissance. Les châteaux de Bois-Héroult et de Filières sont imprégnés de l'élégance du 18ème. De modestes manoirs embellissent la campagne, tels le manoir Pierre Corneille au Petit-Couronne, ou le manoir d'Ango, avec son pittoresque colombier de brique. L'habitat rural est d'un grand intérêt avec ses maisons à colombage ou ses constructions de brique. Enfin, l'art contemporain a produit des réalisations ambitieuses (le pont de Tancarville, le pont de Brotonne) et convaincantes (église circulaire d'Yvetot). |