Monuments et patrimoine Ain

Histoire

Tombeau dans l'église de BrouLe département a été formé des anciennes provinces de Bresse, Bugey, Valromey, du pays de Gex et de la principauté de Dombes, acquis successivement par les Bourbons à la couronne de France. Ces provinces étaient comprises dans la partie de la Gaule que les Romains appelaient Celtique. Les Ségusiens ou Sébusiens en formaient la population principale, et Forum Segusianorum occupait, dit-on, l'emplacement où plus tard Bourg s'est élevé. Les Ambarri, autre tribu celtique, ont seuls laissé trace de leur existence, et les noms d'Amberieux ou Ambronay rappellent encore aujourd'hui leur souvenir.

L'invasion des Helvètes amena les Romains dans ces régions, et c'est près de Trévoux que César vainquit les envahisseurs. Le pays des Sébusiens et des Ambarres fit successivement partie de la Germanie supérieure sous Auguste, de la Grande-Séquanaise sous Constantin, et enfin de la Lyonnaise Ier sous Honorius. Le Valromey (vallis romana), dans le canton de Champagne, rappelle par son nom même cette longue occupation des Romains.

Au cinquième siècle, les Burgondes s'emparèrent de cette partie de la Gaule, mais ils furent bientôt soumis par les Francs, et leur territoire fit partie tantôt du royaume d'Orléans et tantôt du royaume de Metz. Lorsque l'empire carlovingien vint à se dissoudre, on vit apparaître le nom de Bressia, qui s'appliquait alors au territoire situé à tout le bassin de l'Ain et comprenait le pagus Dombensis, le pays de Dombes. Après la mort de Charles le Chauve, ces contrées firent partie des royaumes de Bourgogne cis-jurane et transjurane, puis elles furent comprises dans l'empire d'Allemagne. Alors les seigneurs locaux se constituèrent indépendants, et ainsi se formèrent les sireries de Baugé, de Coligny, de Thoiré, de Villars. Les sires de Baugé devinrent les véritables seigneurs de la Bresse; Baugé, aujourd'hui Bagé-le-Châtel, était leur capitale, et leur suzeraineté s'étendait depuis la Seille, au N., jusqu'au Rhône, au S. La Dombes appartenait plus particulièrement aux sires de Villars qui possédaient aussi une portion du bas Bugey. Le Revermont et la partie nord du Bugey reconnaissaient l'autorité des sires de Coligny. Enfin le pays de Gex et le sud-est du Bugey obéissaient aux seigneurs de Maurienne, maîtres de la Savoie. En 1272, un mariage fit passer les biens des sires de Baugé dans la maison de Savoie, qui ne tarda pas à acquérir tout le Bugey. C'est alors que Bourg devint la capitale de la Bresse au détriment de Baugé qui ne cessa de décroître. D'autre part, au quatorzième siècle, Humbert VII, sire de Villars et de Thoiré, céda au duc de Bourbon-Beaujeu les châtellenies de Trévoux, d'Ambérieux et du Chatelar, qui formèrent la principauté de Dombes.

En 1535, François Ier, roi de France, voulant détruire cette maison de Savoie, s'empara des pays de Gex, Valromey, Bugey et Bresse, mais il fut forcé de les rendre au traité de Cambrai. En 1601, Henri IV contraignit le duc de Savoie à conclure le traité de Lyon, par lequel celui-ci lui donna la Bresse, le pays de Gex et le Bugey, en échange du marquisat de Saluées. Cette nouvelle frontière permettait à Henri IV de donner la main « à ses alliés et bons compères » les Suisses. Cette acquisition ne fut pas précieuse seulement sous le rapport des territoires; elle le fut encore, parce qu'elle dota la France d'une population solide, dont le patriotisme ne s'est jamais démenti.

La Dombes, acquise une première fois sous François Ier, lors de la confiscation des biens du connétable de Bourbon, fut rendue par Charles IX à la branche de Montpensier. Elle fit partie de la dot de Marie de Bourbon, mariée au duc d'Orléans, frère de Louis XIII. De ce mariage naquit une fille, la grande Mademoiselle, qui donna la Dombes au duc du Maine, fils naturel de Louis XIV. Le second fils de celui-ci la céda à Louis XV, en 1761, en échange du duché de Gisors.

Ces diverses portions de territoire firent partie du gouvernement de Bourgogne jusqu'en 1790. A cette époque, ils devinrent le département actuel qui les comprend presque en entier.

Le département de l'Ain est un des plus calmes, un des plus modestes, on pourrait dire un des plus obscurs de la France. Il ne se distingue ni par ses richesses, ni par son agriculture, ni par son industrie; il n'a pas de grandes villes et semble, comme ses rivières, ses vallées, ses habitants, attiré tout entier vers Lyon, la capitale dû sud-est; il n'est remarquable que par sa position géographique et ses beautés naturelles. Encadré entre la Saône, le Rhône, le Jura, il touche à la Suisse et à la Savoie, dont sa population rappelle les mœurs simples et agrestes, comme ses montagnes semblent les . premières ondulations, les premières assises des Alpes.

Ce département offre deux aspects et deux parties distinctes : la partie orientale ou du Bugey et du pays de Gex, qui forme les arrondissements de Belley, Nantua et Gex, et la partie occidentale ou la Bresse et la Bombes, qui renferme les arrondissements de Bourg et de Trevoux. La première, comprise entre l'Ain et le Jura, est toute montagneuse; elle occupe les positions les plus élevées et les plus épaisses du Jura. Presque tout ce pays est composé de montagnes aux sommets âpres, chauves, infertiles, et de vallées profondes, rocheuses, parcourues par des torrents. On y trouve les paysages les plus agrestes, les eaux les plus fougueuses, les gorges les plus sauvages. Les vallées renferment d'excellents pâturages; les pentes des collines sont plantées de vignes; des forêts occupent les flancs des montagnes; mais la terre n'y suffit pas à la nourriture des habitants.

La partie presque plane, située entre l'Ain et la Saône, est formée de bas plateaux, de landes marécageuses, de plaines qui, depuis les collines du Revermont, premières assises du Jura, jusqu'à la Saône, vont continuellement en s'abaissant. Le sol est composé d'une argile dense, froide, rebelle à la culture, qui n'absorbe pas l'eau et semble même la retenir à la surface; aussi, dans l'hiver, la plupart des terres restent-elles inondées, et les villages sont-ils entièrement enveloppés par les eaux; enfin il se forme de très-nombreux étangs qui occupent plus de 20 000 hectares et qu'on travaille aujourd'hui à dessécher pour les rendre à l'agriculture. Avec ses marécages, ses plaines immenses, son atmosphère brumeuse et lourde, son sol alternativement inondé ou crevassé par le soleil, ses villages pauvres, ses fermes couvertes de chaume, ce pays était autrefois une des parties les plus tristes de la France. Mais aujourd'hui, grâce aux voies ferrées, de grands travaux ont été entrepris et l'ont en partie transformé.

Château de Beauregard

Géographie

Le département de l'Ain est un des plus calmes, un des plus modestes, on pourrait dire un des plus obscurs de la France. Il ne se distingue ni par ses richesses, ni par son agriculture, ni par son industrie ; il n'a pas de grandes villes et semble, comme ses rivières, ses vallées, ses habitants, attiré tout entier vers Lyon, la capitale dû sud-est ; il n'est remarquable que par sa position géographique et ses beautés naturelles. Encadré entre la Saône, le Rhône, le Jura, il touche à la Suisse et à la Savoie, dont sa population rappelle les mœurs simples et agrestes, comme ses montagnes semblent les premières ondulations, les premières assises des Alpes.

Ce département offre deux aspects et deux parties distinctes : la partie orientale ou du Bugey et du pays de Gex, qui forme les arrondissements de Belley, Nantua et Gex, et la partie occidentale ou la Bresse et la Bombes, qui renferme les arrondissements de Bourg et de Trévoux. La première, comprise entre l'Ain et le Jura, est toute montagneuse ; elle occupe les positions les plus élevées et les plus épaisses du Jura. Presque tout ce pays est composé de montagnes aux sommets âpres, chauves, infertiles, et de vallées profondes, rocheuses, parcourues par des torrents. On y trouve les paysages les plus agrestes, les eaux les plus fougueuses, les gorges les plus sauvages. Les vallées renferment d'excellents pâturages ; les pentes des collines sont plantées de vignes; des forêts occupent les flancs des montagnes; mais la terre n'y suffit pas à la nourriture des habitants.

La partie presque plane, située entre l'Ain et la Saône, est formée de bas plateaux, de landes marécageuses, de plaines qui, depuis les collines du Revermont, premières assises du Jura, jusqu'à la Saône, vont continuellement en s'abaissant. Le sol est composé d'une argile dense, froide, rebelle à la culture, qui n'absorbe pas l'eau et semble même la retenir à la surface ; aussi, dans l'hiver, la plupart des terres restent-elles inondées, et les villages sont-ils entièrement enveloppés par les eaux ; enfin il se forme de très nombreux étangs qui occupent plus de 20 000 hectares et qu'on travaille aujourd'hui à dessécher pour les rendre à l'agriculture. Avec ses marécages, ses plaines immenses, son atmosphère brumeuse et lourde, son sol alternativement inondé ou crevassé par le soleil, ses villages pauvres, ses fermes couvertes de chaume, ce pays était autrefois une des parties les plus tristes de la France. Mais aujourd'hui, grâce aux voies ferrées, de grands travaux ont été entrepris et l'ont en partie transformé.

Orographie Hydrographie

Salle des gardes du château de la FléchèreLe territoire du département de l'Ain appartient à la partie la plus méridionale de la chaîne du Jura. Les chaînes ou contre-forts qui s'en détachent couvrent presque tout le pays, descendent vers l'ouest en étages, et tracent ainsi par leurs plissements les vallées de la Bienne, de la Seille, du Siran, du Furan, de l'Albarine, etc. Au delà du Suran ou de Ceyseriat se dessine le plateau de la Bresse marécageuse, dont les petits coteaux portent vers la Saône les eaux de la Reyssouze, de la Veyle et de la Chalaronne.

Les points culminants de ces contre-forts sont le Crêt de la Neige (1724 mètres), le Reculet de Thoiry (1720 mètres), le Mont-Credo (1690 mètres), le Colombier de Gcix (1689 mètres), le Chakt de Retord (1320 mètres), le Crêt de Planadjat (1237 mètres).

Le département de l'Ain tout entier fait partie du bassin du Rhône.

Le Rhône prend naissance en Suisse, entre en France au-dessus de Pougny, et sert d'abord de limite entre le département de l'Ain et celui de la Savoie pendant 60 kilomètres; il baigne ainsi sur la rive droite Fort-l'Écluse, Seyssel, Pierre-Châtel ; après le confluent du Guicy, il sépare les départements de l'Ain et de l'Isère, sans arroser aucun lieu remarquable, et quitte le premier de ces départements à 3 kilomètres en amont de Lyon. Dans la première partie de son cours, c'est un torrent qui roule à travers des rochers tellement rapprochés qu'il disparaissait autrefois pendant environ 60 mètres, entre le mont Credo et le mont Vouache, près de Bellegarde ; on a fait sauter le barrage, mais le fleuve reste tortueux, rapide, tourmenté, et n'est navigable qu'au-dessous de Seyssel.

Le Rhône reçoit dans le département de l'Ain, du nord-est au sud-ouest:

  • la Valserine, qui prend sa source sur la frontière de la Suisse, près de la vallée des Dappes, longe un instant le département du Jura, puis entre dans celui de l'Ain, où elle arrose Lelex, Chezery et Châtillon de Michaille; elle reçoit alors la Semine, puis s'engouffre dans une profonde fissure, d'où elle sort pour courir à travers les gorges de Bellegarde profondes de 25 mètres, et se jette enfin dans le Rhône après un cours de 52 kilomètres;
  • le Sêran, qui naît dans les hauteurs du Valromey, parcourt une vallée étroite et très profonde, et, arrivé près d'Yon, dans le canton de Champagne, il forme par une chute de plus de 50 mètres la belle cascade de Cerveyrieu ; puis, après avoir baigné le pied du Grand-Colombey et sillonné la plaine tourbeuse de Lavours, il s'écoule aussi dans le Rhône après un cours de 35 kilomètres;
  • le Furan, torrent du même caractère que le précédent;
  • l'Ain, dont le cours supérieur appartient au département du Jura, et qui entre dans le département de l'Ain après avoir reçu la Dienne; il passe à Pontd'Ain, absorbe le Suran à droite, l'Albarine à gauche, et va se jeter dans le Rhône, après 170 kilomètres de cours dont la moitié est navigable pendant les grosses eaux;
  • la Saône, qui, depuis le confluent de la Seille jusqu'à Neuville, sépare le département de l'Ain des départements de Saône-et-Loire et du Rhône ; elle a un cours d'une lenteur et d'une indolence extrêmes ; ses bords sont peu élevés et la navigation y est facile ; elle reçoit la Reyssouze qui sort du Revermont, arrose Bourg et compte 55 kilomètres de cours, la Veyle qui sort d'un étang de la Dombes, près de Châtenay, reçoit de nombreux tributaires et se divise en deux bras dans la région basse qui borde la Saône, où elle se jette en face de Mâcon, après un cours de 75 kilomètres, la Chalaronne qui naît aussi dans la Dombes et porte à la Saône les eaux de plusieurs étangs de cette région marécageuse.

Parmi les innombrables amas d'eau qui couvrent le département de l'Ain, il faut distinguer d'abord le lac de Nantua, situé près de la ville de ce nom, à 425 mètres au-dessus du niveau de la mer, et qui occupe une superficie de 268 hectares ; puis le lac de Silan, tributaire de la Valserine, qui a 180 hectares de superficie et se trouve dominé de deux côtés par des masses rocheuses d'une grande élévation.

Climat

Placé dans la partie la plus élevée du Jura et dans le voisinage des Alpes, le département de l'Ain a une température assez rigoureuse et des pluies très-abondantes. Le climat y est généralement sain, mais la Dombes a été, pendant des siècles, l'un des pays les plus insalubres de la France ; le dessèchement des étangs, en lui donnant un air plus pur, l'a délivrée des fièvres qui y étaient endémiques.

Superficie Population

La superficie du département de l'Ain est de 580 660 hectares, et sa population est de 371 643 habitants, ce qui donne environ 64 habitants par kilomètre carré. Il y a eu une augmentation de 72 000 habitants depuis le commencement du siècle.

La population de l'Ain, presque entièrement d'origine gauloise, offre deux caractères tranchés comme le pays lui-même. Elle est alerte, active, laborieuse, intelligente, opiniâtre dans les montagnes ; calme, lente et routinière dans les plaines ; partout, d'ailleurs, droite, honnête et courageuse.

Château de la fléchère

Agriculture

Le département de l'Ain possède, comme domaine agricole, à peu près 558 000 hectares, dont 241 000 de terres labourables ; 122 000 de bois; 84 000 de prés et herbages ; 70000 de landes, bruyères, montagnes ; 20 0Q0 d'étangs ; 14 000 de vignes, etc.

Ce département est essentiellement agricole. Au N. O., entre la Seille et la Veyle (ancienne Bresse), on y cultive avec succès le froment, le maïs et la vigne, et les prairies y prospèrent également ; elles sont très-fertiles et se développent en magnifiques étendues ; cette réunion de produits si divers tient à un climat tout à la fois chaud et humide, et au sol d'excellente nature, qui appartient au calcaire jurassique. Sur les bords de la Saône, la culture est plus particulièrement remarquable; mais le blé ne passe qu'après la betterave et le colza.

La propriété est assez morcelée dans ce département, car elle se décompose en 1 722 357 parcelles, qui sont possédées par 161 910 propriétaires, la plupart aisés et très-entendus en industrie agricole.

Au S. de la Veyle, dans l'arrondissement de Trévoux, le sol, composé d'une argile compacte et impénétrable à l'eau, demandait une culture particulière, et longtemps on y a vu prospérer un mode d'exploitation né des circonstances. Le pays fut couvert de chaussées qui, contenant les eaux dans des espaces limités, créèrent des étangs riches en poissons ; un an sur trois, ces étangs étaient vidés dans d'autres bassins tout préparés ; on péchait le poisson, et le lit asséché, riche du limon déposé par les eaux, devenait un champ excellent pour la culture. Mais une extrême insalubrité résultait de ce mode d'exploitation. Aujourd'hui, les étangs sont asséchés et convertis en prés bien arrosés. Le drainage et le chaulage ont permis de substituer, sur beaucoup de points, la culture du seigle et du blé à celle de l'avoine et du sarrasin. L'élève du bétail et de la volaille y est devenue un élément important de prospérité pour la population.

Au S. E. du département, entre l'Ain et le. Rhône, on trouve des coteaux où, malgré un morcellement extrême, le vigne et les céréales donnent d'abondants produits. Mais une exploitation immodérée des bois qui garnissaient les dernières assises du Jura a dénudé ces hauteurs, et aujourd'hui l'Etat est oblige d'imposer aux populations le reboisement au quel il prête d'ailleurs son concours par de larges subventions.

Riches en pâturages, les hauts plateaux du Bugey ont vu se développer l'industrie des fromageries qui rivalisent avec celles de la Franche-Comté et de la Suisse, et la culture des plantes fourragères, notamment celle de l'esparcette, ne laisse à nu aucune partie de la roche elle-même.

Le pays de Gex, qui occupe le nord de la région orientale du département, semble appartenir à la Suisse ; il en a l'aspect montagneux, les forêts de sapins et Tes beaux pâturages. C'est là que s'est formé le beau troupeau de moutons mérinos de Naz, dans la commune de Chevry près de Gex, connu depuis le commencement de ce siècle pour la finesse et le soyeux de ses laines.

Le département de l'Ain, contigu à des régions renommées pour leurs vins, le beaujolais et le maçonnais, en produit lui-même en quantités notables ; quelques-uns de ses crus ont acquis de la réputation; on peut citer ceux de Machuraz, de Cerveyrieu et Virieule-Grani, dans le Valromey.

Une école régionale d'agriculture établie à la Saulsaie, dans l'arrondissement de Trévoux, une ferme-école à Pont-de-Veyle, dans l'arrondissement de Bourg, cinq comices agricoles indiquent suffisamment l'accord du gouvernement et des populations pour donner à la culture tout le développement désirable.

Mines Carrières

Le sol du département de l'Ain renferme de grandes richesses minières, mais l'exploitation en est assez restreinte. On exploite le lignite à Soblay, dans l'arrondissement de Bourg, le fer à Villebois, Soudon et Serrières, dans l'arrondissement de Belley, et l'asphalte à Pyrimont, dans la commune de Seyssel.

Le gypse pour les constructions et l'amendemçnt des terres est extrait des marnes irisées à Montanges et à Lagnieu ; la chaux hydraulique est exploitée à Tenay, surtout depuis qu'on l'a appliquée à l'amélioration des terres du plateau des Dombes. Lyon et Genève tirent le calcaire nécessaire à leurs constructions des carrières de Villebois, Argis, Seyssel, ïhoiry; celles de Ceyzeriat, Jasseron et Montmerle fournissent leurs produits à Bourg. La tourbe est exploitée à Ceyzeriat. Lavours, Oyonnax et les environs de Belley fournissent une pierre lithographique aussi estimée que celle d'Allemagne.

Industrie Commerce

L'industrie et le commerce du département sont assez actifs et même florissants grâce aux voies faciles de communication établies dans ces dernières années.

L'arrondissement de Bourg s'enrichit par l'élève des volailles, dont l'exportation atteint plusieurs centimes de mille francs. L'art du potier est en pleine prospérité à Bourg qui fabrique des émaux renommés.

La betterave, cultivée en grand dans Jes arrondissements de Bourg et de Trévoux, y alimente les sucreries de Crèches et de Tournus, et les distilleries d'alcool de Chérinal, de Montmou et de Notre-Dame-des-Champs.

L'élève des chevaux a pris de l'importance surtout à Ambérieux, Lent, Montmerle et Pont-de-Vaux.

L'arrondissement de Belley produit des vins qui supportent le transport et commencent à être connus au dehors. Le fer et surtout l'asphalte y sont activement exploités, ainsi que la chaux de Tenay.

L'arrondissement de Nantua a une fabrication importante de peignes, tabatières et tibletterie ; Nantua, Oyonnax et Neyrolles sont les principaux centres de cette industrie.

Depuis quinze ans environ, l'industrie de la soie est venue de Lyon chercher dans les arrondissements de Belley et de Nantua une main-d'œuvre moins chère, et plus de cinquante communes de l'arrondissement de Nantua travaillent pour la fabrique lyonnaise.

L'arrondissement de Gex a des fromageries rivales de celles du Jura et de la Suisse et des scieries importantes où se débite le bois de ses riches forêts.

Routes Canaux Chemins de fer

Les routes impériales qui traversent le département sont au nombre de six, et ont un parcours de 4i8 kilomètres; les routes départementales, au nombre de 22, avec 59a kilomètres de développement, et l'on y compte 5282 chemins vicinaux. La principale route impériale est de première classe, et couduit de Paris à Genève, par Montrevel, Bourg, Ceyzeriat, Nantua, Chatillon de Michaille et SaintGenis.

Le département ne possède qu'un seul canal, celui de Poni-de-Vaux, qui n'a que ^kilomètres et demi, et évite au commerce les lenteurs et les difficultés qu'offrent les méandres de la Reyssouze, depuis Pont-de-Vaux jusqu'à son embouchure dans la Saône.

Le département de l'Ain est desservi par la ligne principale du chemin de fer de Paris a Lyon qui touche à Trévoux seulement, et par 5 embranchements ou sous-embranchements qui se rattachent à la ligne pricipale du réseau et développent un parcours de 309 kilomètres. Ces embranchements sont :

  • 1° celui de Mouchard à Bourg, qui descend du N. au S. avec stations à Coligny, Moulin-des-Ponts et Saint Etienne;
  • 2° celui de Bourg à Amberieux, qui prolonge le précédent avec stations à la Vavrelte, Pont-d'Ain et Ambronay;
  • 3° celui de Maçon à Bourg, qui traverse la partie occidentale du département, avec stations à Pont-de-Veyle, Vonnas, Mezeriat et Polliat;
  • 4° celui de Lyon à Genève par Culoz, dont le parcours traverse toute la partie méridionale du département et relie entre elles les nombreuses stations de Miribel, Beynost, Montluel,Meximieux, Leyment, Amberieux, Saint-Rambert, Tenay, Rossillon, Virieu-le-Grand, A'rtemare, Culoz, Seyssel, Pyrimont, Bellegarde et Collonges;
  • 5° celui de Lyon à Bourg, qui entraînera forcément la transformation des Dombes, et a des stations à Sathonay, les Échets, Mionnay, Saint-André de Corcy, Villars, Marlieux, SaintPaul et Servas.

On le voit, le département de l'Ain est véritablement sillonué de voies ferrées qui desservent 35 stations.

Source : Géographie illustrée de la France et de ses colonies par Jules Verne, Théophile Lavallée, Charles Ernest Clerget, Edouard Riou 1903.

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