Monuments et patrimoine Val d'oise

Histoire

C'est une région de peuplement très ancien : l'époque paléolithique s'y manifeste constamment par les silex taillés que l'on découvre dans les fouilles de chantiers, et l'époque néolithique surtout, par d'imposants monuments mégalithiques : la Pierre Turquaise en forêt de Carnelle, l'allée de la Justice à Argenteuil.

Mais l'époque gallo-romaine a laissé des vestiges encore plus spectaculaires : traces d'une ancienne route, la chaussée Jules César, et surtout le sanctuaire de Genainville, dont les fouilles se poursuivent depuis trente ans, et ont donné naissance à l'important musée de Guiry.

En revanche, une ville romaine connue par les textes, Petromentalum, est demeurée introuvable. La région se trouvait sur la route des premières invasions barbares et des peuplades s'y fixèrent suffisamment pour y imprimer leur nom, comme à Franconville. Et le nouvel ordre peu à peu établi vit s'y créer d'abord des résidences royales (Mérovingiens à Garges ou Luzarches), puis des châteaux fortifiés (Luzarches, Montmélian, La Roche-Guyon). Mais les premiers ouvrages de défense étaient en bois, insuffisants pour s'opposer contre un nouvel envahisseur, les Normands, qui pillèrent la région à plusieurs reprises jusqu'à ce que la paix fut conclue avec eux en 911, sur notre territoire, à Saint-Clair-sur-Epte. Implantation religieuse aussi, avec son culte des reliques (Tunique d'Argenteuil) et ses abbayes et prieurés : Le Val, Royaumont, Maubuisson, Argenteuil, célèbre par le séjour d'Héloïse.

Certaines furent fondées par saint Louis, et Pontoise resta résidence royale jusqu'au 17ème siècle. Quant à l'illustre famille de Montmorency, elle joua durant trois siècles un rôle capital dans l'histoire du royaume. Ce qui constitue aujourd'hui le Val-d'Oise faisait sous l'ancien régime partie de la généralité d'Ile-de-France et de deux des pays qui la composaient : Vexin français à l'ouest et Pays de France à l'est. C'était une région agricole, où la vigne tenait une place importante : le vin d'Argenteuil était considéré comme un des meilleurs de France.

Foires et marchés y étaient florissants et les Parisiens venaient en foule, sous Louis XV, à la foire de Bezons, célébrée par des chansons et pièces de théâtre. Région résidentielle aussi, où s'élevaient de nombreux châteaux (l'un d'eux abrita la retraite du maréchal de Catinat, grand soldat de Louis XV) et où l'on signale le passage de nombreux écrivains : Cyrano de Bergerac, Boileau, Bernardin de Saint-Pierre; l'abbé Prévost et surtout Jean-Jacques Rousseau, dont le double séjour à Montmorency, à l'Hermitage d'abord, au Mont-Louis ensuite, est capital dans sa vie et dans l'élaboration de son ¦uvre. La seule ville importante de la région était Pontoise, gros marché, ville judiciaire où les rois exilaient parfois le Parlement quand il se montrait indocile.

L'essor scientifique de la fin du 18ème siècle se manifesta par l'atterrissage des premiers ballons à Gonesse ou à Nesle-la-Vallée, tandis que Daguerre naissait à Cormeilles-en-Parisis.

En 1789, les paroisses rédigèrent leurs cahiers de doléances, et celle de Bezons se distingua par son souci de développer l'enseignement "Il n'est rien de plus important pour un gouvernement que l'éducation de la jeunesse, c'est le seul moyen d'avoir des citoyens, des patriotes, des honnêtes gens, enfin".

La Révolution fut calme dans la région, mais beaucoup de propriétés changèrent de mains, ce qui fut fatal à nombre de châteaux et d'abbayes.

Mirabeau séjourna à Argenteuil presque jusqu'à sa mort, tandis que se développait la vogue des eaux sulfureuses d'Enghien, qui vont attirer dans cette nouvelle ville le vieux roi Louis XVIII et toute une nouvelle génération d'écrivains : Victor Hugo, Alexandre Dumas, Lamartine, Mme de Staël et Benjamin Constant, George Sand, Custine. Plus tard, d'autres beaux esprits seront les hôtes de la princesse Mathilde à Saint-Gratien.

En même temps, la région se transformait, par suite de l'expansion ferroviaire et du développement industriel. Toute la région située entre la forêt de Montmorency et la Seine vit progressivement disparaître les cultures (vigne, asperge) au profit d'un habitat pavillonnaire et d'une implantation industrielle au long des fleuves. Evolution deux fois arrêtée par la guerre (les Allemands atteignirent Luzarches en 1914 et occupèrent toute la région en 1940) et deux fois reprise sur une grande échelle.

C'est cette progression démographique, et un souci de meilleure administration qui entraînèrent, en 1964, la création des nouveaux départements d'Ile-de-France, et la réalisation, ici, de cette circonscription allongée comprenant à la fois des zones agricole (couvrant encore aujourd'hui la moitié du département), industrielle et tertiaire. Depuis, les élus du nouveau département se sont efforcés d'en affirmer la personnalité, tout en en préservant le site.

Géographie

Délimité à l'ouest par l'Epte et au sud par les hauteurs qui dominent la vallée de la Seine, le Val-d'Oise s'étend en longueur, et sa forme administrative récente correspond à l'orientation de ses couches géologiques. Il présente d'ailleurs une unité géographique indéniable. L'axe central du territoire est marqué, de part et d'autre de la vallée de l'Oise, par un grand synclinal, peut-être jadis occupé par la Marne, incliné en pente douce vers le sud-est et encadré d'une série de buttes témoins. Il se prolonge par la vallée de Montmorency, parallèlement à laquelle s'étend une autre dépression, au sud de la forêt de Carnelle.

Dans le Vexin, le synclinal est marqué par la vallée de la Viosne, qui entaille profondément le plateau, lequel surplombe l'Oise de façon très marquée. L'orientation de ces reliefs et dépressions vers le sud-est, la présence, de tous temps, d'un gué à Pontoise, ont fait de la région un lieu de passage privilégié, emprunté par les tribus celtes et affirmé par les Romains (chaussée Jules César), les rois de France (actuelle N14), le 19ème siècle (voie ferrée), les temps actuels (autoroute A15).

Plateau calcaire recouvert de craie, d'argile, de marnes, de limons, de loess, avec des buttes-témoins boisées, la région est un sol fertile, de tout temps consacré à la grande culture, céréalière et fourragère. Le paysage n'y change que lentement en allant d'est en ouest, depuis le pays de France et ses vastes champs jusqu'au Vexin, qui annonce la Normandie. "A partir de Triel, écrivait André Hallays, tout grandit, tout s'escarpe.

Voici la falaise qui désormais dominera le fleuve jusqu'au Havre. Quand les nuages de tempête accourent du nord-ouest, on les dirait balayés par le vent du large, l'air prend une saveur maritime". Les couches dures (meulières, calcaire de Saint-Ouen, calcaire grossier) affleurent à la surface centrale des plateaux, au sommet des collines, au passage des rivières. Pierre facile à travailler et à creuser en habitations troglodytiques (Haute-Isle) elle a été longtemps exploitée, et l'est parfois encore.

Le réseau hydrographique appartient au bassin nord de la Seine, avec deux affluents principaux, l'Oise et l'Epte, qui reçoivent eux-mêmes, suivant les lignes parallèles du relief, l'Esche, le Sausseron, la Viosne, l'Aubette de Magny.Ce paysage discrètement harmonieux fait l'objet d'une protection vigilante et tout le Vexin, notamment, a été inscrit à l'inventaire des sites, barrière nécessaire devant l'invasion démographique. En même temps, un gros, effort a été fait pour l'aménagement des forêts ou au moins de la partie de celles-ci appartenant à la collectivité.

Couvrant, dans l'ensemble, 24 200 hectares, soit près de 20 % de la surface du département, elles se situent surtout dans la partie Est, où se trouvent l'es trois principales : celle de Montmorency (3 500 hectares) dont l'Etat possède le quart, celle de l'Isle-Adam (1 500 hectares), forêt domaniale où domine le chêne, celle de Carnelle, également propriété de l'Etat et où l'on trouve deux étangs, dont le lac Bleu. Mais le promeneur trouvera aussi agrément à parcourir les bois d'Ecouen, la forêt d'Orry qui est mitoyenne de celle de Chantilly ou les bois qui dominent, en Vexin, la courbe de la Seine.

Il faut également se promener au long des rivières, souvent gâchées par les résidences secondaires mais qui, pour celui qui sait les découvrir, recèlent encore bien des charmes plus naturels que sauva es, 9 , par exemple le long des deux Aubette ou du Sausseron, qui a ses amis, et ses défenseurs.

Les Arts

Le département possède une prestigieuse série d'édifices, s'étageant sur dix siècles. Même l'époque romane, souvent pauvre en Ile-de-France, y a laissé des vestiges notables : la nef et les bas-côtés de Deuil, avec leurs curieux chapiteaux historiés,.les chevets très équilibrés de Luzarches et de Moussy, la façade de la grande église de Chars, les portails de Louvres, d'Haravilliers, de Lierville, orné de bâtons brisés.

Puis c'est l'essor de l'architecture gothique, où la croisée d'ogives montre son élégance et sa force à la Villetertre, à Herblay, dominée par une belle tour-lanterne, à Bea umont-sur- Oise, à Vétheuil (ch¦ur), à Gonesse, jalons d'une évolution qui culmine à Chars (ch¦ur), Taverny, Marly-la-Ville ou au clocher de Bessancourt. Et ce temps nous a laissé aussi, dans le même département, des abbayes célèbres, au Val, à Maubuisson, à Royaumont, à côté desquelles il faut citer la curieuse grange cistercienne de Vollerand. Epoque d'assistance, aussi, avec l'hôtel-Dieu de Gonesse, et de guerre, avec le château de laChasse qui se cache au creux, de là forêt de Montmorency.

Au 15ème, le gothique se fait plus orné, plus chargé dans sa structure et son décor (ch¦ur de l'église d'Herblay, avec ses vitraux; nef et bas-côté nord de Cléry) et ces formules flamboyantes se poursuivent en plein 16ème, peu à peu envahies et dominées par le nouveau répertoire de la Renaissance. A Louvres, à l'Isle-Adam, à Magny-en-Vexin, à Vétheuil, le mélange est encore apparent, mais les nouvelles formules ne tardent pas à triompher à Villiers-le-Bel, au ch¦ur de Maffliers, au Mesnil-Aubry, à Attainville, au portail de Belloy-en-France, de Cergy, de Luzarches, de Magny-en-Vexin, aux tours de Chars, de Nucourt, de Beaumont-sur-Oise.

L‘oeuvres exprimant avec un tel bonheur les principes de création de l'époque que l'on a voulu attribuer certaines à des architectes prestigieux, Delorme, Bullant, Grappin, à côté d'un constructeur régional bien réel, Nicolas de Saint-Michel. Et nous avons encore, pour cette époque de la Renaissance, un pont, à l'Isle-Adam, des halles, à Luzarches, des manoirs fortifiés (Nesle-la-Vallée), des hôtels urbains (Pontoise) et un édifice majeur, symbole de l'époque, le château d'Ecouen.

Le grand mouvement de construction religieuse se ralentit beaucoup au 17ème, et l'on ne peut guère citer que la ravissante chapelle octogonale de Marines, ¦uvre de Lemercier, et l'église troglodytique de I'Haute-Isle, curiosité plus que construction architecturale. Mais c'est le temps des châteaux : Méry-sur-Oise (en partie), Guiry, Villette. A propos des deux derniers, on a prononcé le nom de J.H. Mansart, et ils en sont dignes.

Le séduisant 18ème siècle a parsemé l'actuel département de tous les types d'édifices auquel s'est intéressé cette époque dynamique et multiforme : bâtiment abbatial à Hérivaux, châteaux à Champlâtreux, Méry (en partie), Viarmes, communs qui sont des palais à La Roche-Guyon ou à Montgeroult, folie à Saint-Brice, pavillon chinois à l'Isle-Adam. Et la région possède même un de nos rares édifices d'époque révolutionnaire, le temple maçonnique d'Epône dont, semble-t-il, le peintre David, donna les plans.

Et un siècle suffira pour passer de l'individuel au collectif : aux étonnants châteaux déclamatoires et surchargés de Vigny et d'Us, exprimant les rêves de pierre de quelque disciple de Viollet-le-Duc, ont succédé cent ans plus tard la ville nouvelle de Cergy, la préfecture d'Henry Bernard, l'aéroport de Roissy : nouvelles fonctions qui engendrent une nouvelle beauté.

La sculpture, en Val-d'Oise, se trouve dans les musées d'archéologie (Guiry), sur les places (Croix d'Omerville) et surtout aux portails, ou à l'intérieur des églises : tympans (Le Heaulme), mises au tombeau (Pontoise), retables d'autel (Taverny, Nucourt, Haute-Isle), fonts baptismaux (Magny-en-Vexin), stalles de ch¦ur (Presles). Mais elle a su aussi depuis longtemps acquérir sa pleine indépendance et c'est elle qui, grâce à Zadkine, célèbre à Auvers le souvenir de Van Gogh. Car le Val-d'Oise est peut-être avant tout un pays de peintres, dont le palmarès est prestigieux.

Daubigny a travaillé sur les bords de l'Oise, Dupré à l'Isle-Adam, tous les impressionnistes à Argenteuil, Monet à Vétheuil, Pissaro à Pontoise, Cézanne et Van Gogh à Auvers, Utrillo à Sannois. Et ce n'est pas fini.

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publié le : 2011-04-12 15:21:13