Monuments et patrimoine Gers

Histoire

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de l'ancienne province de Gascogne.

La partie du territoire gaulois, actuellement occupée par le département du Gers, fut habitée avant l'invasion romaine par différentes peuplades de race ibérienne. Les Auscii vivaient sur la région qui forme aujourd'hui l'arrondissement d'Auch, les Elusates, les Lectorates, sur les contrées dont Eauze et Lectoure furent les capitales. Par exception, la partie Nord Ouest du département, c'est-à-dire à peu près la contrée comprise dans l'arrondissement de Condom, était occupée par la tribu celtique des Nitiobriges, et fut réunie à la couronne de France en 1451, sous le règne de Charles VII.

Lorsque les Romains eurent conquis la Gaule, le territoire de ces diverses peuplades fut d'abord compris dans l'Aquitaine, puis dans la Novempopulanie. Quand l'invasion des barbares vint renverser le système impérial énervé dans les faiblesses du Bas-Empire, les Visigoths s’emparèrent de ce pays et l'administrèrent assez tranquillement jusqu'au VIe siècle, époque à laquelle Clovis établit la domination franque, principalement dans la Novempopulanie ; mais cette puissance, après quatre-vingts ans, devait succomber à son tour devant l'influence ibérienne ou vascone qui tendait à ressaisir ce pays ; et de fait, pendant deux siècles, malgré les efforts des rois francs, les Vascons se maintinrent dans le bassin de l'Adour.

Il était réservé à l'empereur Charlemagne d'absorber cette race dans son vaste empire d'occident, et c'est alors que fut créé le comté de Fezensac, dont le domaine d'Armagnac se détacha en 920 ; deux siècles après, ce domaine absorbait pour cause de déshérence les territoires de Fezensac, et devenait ce comté célèbre dans les annales françaises, qui résume l'histoire de ce pays presque tout entier. En effet, par une politique dont des mariages habiles formaient le principal ressort, les comtes d'Armagnac agrandirent sans cesse leurs possessions, et, en l'espace de deux cents ans, ce procédé leur réussit tellement qu'après la réunion de la Lomagne, l'ancien pays des Lectorales, Jean Ier put s'intituler justement comte d'Armagnac, de Fezensac, de Cariât, de Lomagne, de Charolais, etc.

Pendant le XIVe siècle cette famille joua un rôle important à l'époque de l'invasion anglaise. Jean III combattit les routiers qui ravageaient le pays. Son frère et successeur, Bernard VII, dont les visées furent très-hautes et qui était un ambitieux doublé d'un politique adroit, épousa la nièce du roi de France, Charles V, et maria sa fille au duc d'Orléans, le chef du parti qui résistait opiniâtrement à celui du duc de Bourgogne. Ce fut ainsi que Bernard devint connétable de France, et régna dans Paris, jusqu'au moment où les Armagnacs, surpris par les Bourguignons en 1418, furent égorgés et chassés de la capitale. Le plus célèbre de ses successeurs fut son petit fils, Jean V, qui sous Louis XI entra dans la ligue du Bien public ; mais, en 1473, le roi de France s'empara de sa personne et le fit mettre à mort. Comme il était sans enfants, ses États furent attribués à son frère Charles, auquel la postérité fit également défaut, et en qui s'éteignit la branche aînée d'Armagnac.

Cependant, la sœur de Jean V, en faveur de laquelle Charles avait fait un testament, laissait un petit-fils, le duc d'Alençon, qui prétendit des droits sur le comté ; François Ier régnait alors, et pour terminer le différend, il fit épouser au duc sa sœur Marguerite de Valois, à la condition expresse qu'au cas où ce mariage ne produirait pas d'enfants, le comté d'Armagnac ferait retour au domaine royal. Mais cette clause ne porta pas ses fruits à la mort du duc, parce que sa femme Marguerite vivait encore, et que cette princesse, ayant épousé en secondes noces le roi de Navarre, Henri d'Albret, lui apporta le comté pour dot. Ce fut ainsi que ce domaine arriva dans la famille d'Antoine de Bourbon, père d'Henri IV, et qu'à l'avènement de ce dernier roi, il fut définitivement réuni à la couronne.

Au remaniement de la France, en 1790, le département du Gers fut formé du Condomois, de l'Armagnac, et d'une petite portion du Comminges.

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