Château de la Bâtie à Montceaux

Le ministère de la culture nous apprend que l'édifice est construit en briques rouges (des carrons savoyards) et qu'il date de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle. Le château était d'ailleurs, à l'origine, une place-forte composée de quatre enceintes et de dix-neufs tours, doté d'une garnison armée.

C'est par d'autres chemins que sa vocation militaire que nous trouvons trace de ce château.

Clair-Gilbert d'Ornayson de Chamarande; avait épousé Marie-Anne de Trellon, d'une famille de Lyon, qui lui apporta en dot de riches domaines dans les Dombes. Il était comte de la Bâtie et seigneur haut justicier dans les paroisses de Montceau, Chaneins, Genoulieux, Guerins, Mognenins, Saint-Trivier, Montmerle, Messimy, Lurcy et Villeneuve, pour lesquelles il rendit hommage en 1675. La château de la Bâtie, sur le territoire de Montceau, était sa résidence. La Batie passa, au commencement du XVIIIe siècle, aux de la Tour-Vidaud, et appartient aujourd'hui la famille de Chabannes (voir ci dessous Gabrielle-Lucrèce-Zoé, fille de Anne-Marie-Joseph-Gabriel-Jean-Jacques de Vidaud de la Tour, mariée au comte de Chabannes).

Source : Les voyages de Mme de Sévigné dans le Lyonnais (1672 à 1694) / par A. Poidebard 1889.

De La Tour-Vidaud

Joseph-Gabriel de Vidaud, chevalier, qualifié haut et puissant seigneur, seigneur de la Tour, comte de la Batie et de Moguenin, baron d'Anthon, seigneur de Biviers, Montbives. etc., conseiller du roi, procureur général au parlement du Dauphiné, épousa Jeanne-Madeleine de Gallet de Mondragon, nièce du marquis de Coulanges et d’Antoine Gallet de Coulanges, prêtre, abbé commandataire de l'abbaye de Notre-Dame-d'Aiguebelle, ami de madame de Sévigné. De ce mariage furent issus :

  • Jean-Jacques de Vidaud, qui suivra
  • Gabriel de Vidaud d'Anthon, qui épousa Marie-Victoire de Pampellone, dont il n'eut pas d'enfants mâles
  • Madeleine-Françoise de Vidaud de la Tour, mariée a François de Gallien de Chabons
  • quatre autres filles, alliées aux familles de Sautereau, de Varax, de Pampellone et de Ponat.

Jean-Jacques de Vidaud de la Tour, chevalier, comte de la Batie et de Moguenin, seigneur de Biviers, etc., conseiller du roi, premier président au parlement du Dauphiné, commandant né de cette province, épousa, par contrat passé à Avignon le 22 février 1773, Marie-Joséphine-Louise-Sophie de Cambis de Fargues, marquise de Velleron, fille unique et héritière de Joseph-Louis Dominique de Cambis, marquis de Velleron, seigneur de Fargues. etc., dernier rejeton de cette branche de sa maison, et d'Anne-louise de la Qüeille, marquise de Cambis. A ce contrat furent présents et signèrent comme parents :

  • le comte de Blacas d'Aulps
  • le commandeur de Gadagne
  • la demoiselle de Gadagne
  • Montboissier de Caumont
  • le bailli de Prilly
  • le chevalier de Prilly
  • la marquise du Roure
  • la vicomtesse de Thésan, etc.

Le marquis de Vidaud-Velleron périt à Avignon sur l'échafaud révolutionnaire avec sa belle-mère, la marquise de Cambis. Il laissait un fils unique qui suit :

Anne-Marie-Joseph-Gabriel-Jean-Jacques de Vidaud de la Tour, chevalier, comte de la Batie, marquis de Velleron, seigneur de Fargues, etc., épousa en 1791, à Grenoble, Louise-Gabrielle-Françoise de Planelli de la Valette, fille de Joseph-Jean-Baptiste-Claude de Planelli, marquis de la Valette, et de Lucrèce de Gratet du Bouchage. Le marquis de Vidaud, dernier rejeton mâle de sa maison, est mort le 5 mars 1834, laissant deux filles :

  • Gabrielle-Lucrèce-Zoé, mariée au comte de Chabannes
  • Louise, religieuse au couvent du Sacré-Cœur.

Source : Revue historique de la noblesse par Borel d'Hauterive 1843

Gabriel de la Tour Vidaud

Gabriel de la Tour Vidaud naquit à Grenoble en 1776, d'une antique et illustre famille du Comtat-Venaissin.

Il avait 17 ans quand éclatèrent les fureurs de 93. Son père, conseiller d'Etat, profondément dévoué à la cause royale, ne pouvait échapper à la haine des révolutionnaires; indépendamment de ses titres de noblesse et de sa fortune, la sagesse et l'élévation de son esprit, la fermeté de son caractère, sa profonde piété, l'accusaient trop ouvertement pour qu'il ne fût pas compris sur les listes de prescription. Il fut donc arrêté, écroué à la prison d'Orange, et quelques jours après conduit à l'échafaud.

Gabriel de Vidaud avait de bonne heure perdu sa mère, Sophie de Cambis, issue de l'illustre et sainte famille des Pazzi de Florence. Voici donc pour lui le commencement des plus cruelles épreuves. La Révolution avait immolé son père et confisqué tous ses biens. Que faire pour échapper ? Il est enrôlé par son oncle dans le bataillon de la Corrèze et y passe plusieurs années sous le nom de Gabriel, tantôt comme grenadier, tantôt comme forgeron à l'arsnal de Grenoble.

Lorsque des jours meilleurs se levèrent sur la France, M. de Vidaud en profita pour rentrer dans la vie commune; par l'influence de quelques amis de sa famille, il recouvra tous ses biens et vint fixer son séjour à Grenoble. C'est là qu'en 1798 il épousa secrètement (le culte n'étant pas encore rétabli) Mlle de La Vallette, issue d’une ancienne famille d'Espagne. De cette union, il eut deux filles : l'aînée Zoé de Vidaud, mariée plus tard à M. le marquis de Chabannes, et Louise de Vidaud, entrée en religion chez les Carmélites d'Avignon.

La vie calme et sainte de M. de Vidaud a été l'objet d'un livre aussi intéressant qu'édifiant publié par le P. Poujet. Nous nous bornerons a dire que cet homme, avec l'illustration de sa race, avec les ressources de son intelligence pénétrante et sûre, à vécu loin des dignités, dans l'humilité la plus profonde, dans une retraite absolue; qu'avec sa grande fortune il a vécu dans une entière pauvreté, riche pour les autres, pauvre pour lui-même ; qu'avec le soin et le gouvernement de ses nombreuses affaires, avec les exigences de sa position auxquelles il n'a jamais failli, il a passé sa vie dans l'exercice assidu de la prière et de l'austérité.

C’est à Grenoble que M. de Vidaud rendit sa belle âme à Dieu, le 55 mars 1834, à l'age de 58 ans. Des longtemps, M. le marquis de Chabannes tenait à posséder auprès de lui ces restes précieux, trésor de sa famille. Le 21 juillet fut le jour de la translation.

M. l'abbè Curtet, curé de Montceaux, alla recevoir le corps à la gare de Belleville, suivi de la noble famille du défunt et d'une députation de la paroisse. En face du cercueil qui renfermait les restes vénérés de l'homme de bien avec lequel il avait vécu plusieurs années dans les rapports d'une profonde et respectueuse sympathie, en face de ce cercueil qui lui rappelait tant de saints et nobles souvenirs, le vénérable pasteur subjugué par l'émotion ne put adresser à l'assistance que des paroles entrecoupées par les larmes.

De là le corps a été transporté à l'église de Montceaux, où il a reposé la nuit dans une chapelle ardente; le lendemain, un service solennel fut célébré, au milieu de quelques membres du clergé et de toute la population, qui sans avoir été prévenue s'était portée avec amour à cette pieuse cérémonie.

M. l'abbé Pinard, directeur du collège de Thoissey, prit la parole au milieu de cette assistance recueillie. Il a fait ressortir les deux traits caractéristiques de la sainteté de M. de Vidaud : son humilité, sa charité pour les pauvres. Durant trois quarts d'heure, sa parole vive, pénétrante et émue a captivé l'attention et remué profondément l'auditoire. De l'église, le convoi s'est dirigé vers le château de la Bâtie, situé à vingt minutes du village. C'est dans les caveaux de cette demeure, peuplée encore de son souvenir et tout embaumée des parfums de sa sainteté, que M. de Vidaud repose aujourd’hui à côté de sa fille bien-aimée, Mme la marquise de Chabannes.

Château de la Bâtie à Montceaux
Crédit photo : DE CHALON (Château de la Batie, montceaux)

bâtiment classé.

Informations structurelles

Château de la Batie, Patrimoine classé, étudié ou inscrit dit 'Château de la Batie' à montceaux (ain 01090). Edifice en briques rouges (carrons savoyards) de la fin du 13e ou du début du 14e siècle. Le château était à l'origine une place-forte composée de quatre enceintes, dix-neufs tours, et d'une garnison armée. montceaux, ain

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 263
  • item : Château de la Batie
  • Localisation :
    • Rhône-Alpes
    • Montceaux
  • Code INSEE commune : 1258
  • Code postal de la commune : 01090
  • Ordre dans la liste : 1
  • Nom commun de la construction :
    • La dénomination principale pour cette construction est : château
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction : 3 différentes époques marquent l'histoire du lieu.
    • 13e siècle
    • 16e siècle
    • 19e siècle
  • Date de protection : 2006/07/07 : inscrit MH
  • Date de versement : 1993/12/03

Construction, architecture et style

  • Materiaux:
    • NC.
  • Couverture :
    • NC.
  • Materiaux (de couverture) :
    • NC.
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • NC.
  • Escaliers :
    • NC.
  • Décoration de l'édifice :
    • Le décor est composé de : 'peinture'
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Interêt de l'oeuvre : Inscription 14 09 1985 (château de la Batie) (arrêté) annulée.
  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :4 éléments font l'objet d'une protection dans cette construction :
    • enceinte
    • chapelle
    • décor intérieur
    • dépendance
  • Parties constituantes :
    • NC.
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers :
    • Autre Information : propriété privée 1992
  • Détails : Le château en totalité, sa chapelle, ses dépendances et l'ensemble du parcellaire (cad. C 78, 79, 80, 226, lieudit La Bâtie) : inscription par arrêté du 17 juillet 2006
  • Référence Mérimée : PA00116429

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