Château dit de la Trolanderie à Curis au mont d or

Le nom de Curis (Cury) vient, dit-on, de Curius, chef d'une légion qui aurait séjourné assez longtemps dans le pays. On a présumé qu'une forteresse ou tout au moins un poste militaire avait dû être établi à Curis, en vue de protéger les ouvrages exécutés par les Romains pour capter les eaux du mont Thoux ; ces eaux étaient réunies dans un vaste réservoir, et, de là, transportées dans la métropole des Gaules par un aqueduc qui traversait les communes actuelles d'Albigny, Couzon, Saint-Romain-au-Mont-d'Or, Collonges, Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, Saint-Didier ; sur ce dernier territoire, l'aqueduc recevait la branche de Limonest, puis, franchissant le hameau de Champagne, aboutissait, sur le plateau d'Ecully, à un autre réservoir alimenté par les eaux de la Brevenne ; de là, au moyen de siphons renversés , les eaux gagnaient le plateau de Tri on par les Massues et Champvert.

Des fouilles pratiquées à Curis ont mis à jour des objets datant de l'époque romaine.

Dès le XIIe siècle, la seigneurie appartenait aux d'Albon. André d'Albon, seigneur du lieu, partit à la troisième croisade et prit part au siège d'Acre, en mai 1191.

En 1209, Guillaume de Marchampt reçoit en fief de l'Eglise de Lyon, tout ce que lui et son frère Hugues possédaient à Saint-Germain-au-Mont-d'Or, Curis et Poleymieux.

En novembre 1216, le même Guillaume de Marchampt cède à Guillaume de Colonges, doyen de l'Église de Lyon, différents biens, entre autres ceux qu'il possédait à Curis ; un acte, daté de juin 1253, mentionne une vente semblable faite à l'église métropolitaine, par Arnoufe de Fontaneis, chanoine et comte de la dite église.

En 1298, une transaction intervint entre les doyen, chanoines et Chapitre de l'Eglise de Lyon, d'une part, et Guy d'Albon, d'autre part, pour les limites et l'exercice de la justice « qu'ils avoient en leurs terres de Curys, et mandement d'iceluy appartenant à Guy d'Albon, et Albigny et Saint-Germain qui appartenoient aux dits doyen et Chapitre. »

Ce traité contient une disposition qui jette un jour particulier sur les moeurs de l'époque :

« Ce qu'il y a de remarquable dans cette transaction, est que les officiers de Curys, Albigny et Saint-Germain, estoient en possession de faire courir et trotter, ce sont les termes de l'acte, ceux qui avoient esté surpris en adultère d'une paroisse en l'autre ; ceux de Curys, par exemple, trouvez et pris à Saint-Germain ou Albigny, doivent estre courus et chassez jusques au lieu de leur domicile et au contraire. D'où j'infère que cette coutume estoit universelle dans la province, au moins en ce temps, auquel ces crimes, que les lois divines et humaines punissent de mort, estoient expiez par cette infamie publique et quelque légère amende pécuniaire. Ainsi nous apprenons des Statuts accordez à ceux de Montluel-en-Bresse, par Guichard, seigneur de Beaujeu et de Montluel, que celui qui estoit pris en faute dans la maison d'un Bourgeois de la ville estoit condamné à courir les chausses avalées, depuis le lieu de la capture jusques à sa demeure ; ce qui ne se faisoit pas sans beaucoup de huées et de risées, qui faisoient la meilleure partie de la pénitence de cette mauvaise action ; car l'amende n'estoit que de trois sols ». Nour arrêtons là la citation par respect pour nos lectrices.

Château dit de la Trolanderie à Curis au mont d'or.

Château dit de la Trolanderie à Curis au mont d'or.

Au XVIIe siècle, Jean-Pierre d'Albon cède la seigneurie de Curis à Camille de Neuville, alors abbé d'Ainay et de l'Ile-Barbe. Celui-ci la revendit à M. de la Veuhe, trésorier de France à Lyon.

Le château appartint ensuite aux familles Bay et Lafond ; en 1789, le propriétaire était M. Beuf, trésorier de France, qui périt sur l'échafaud, quelques années plus tard. Curis était alors village et annexe de la paroisse de Saint-Germain-au-Mont-d'Or en Lyonnais, de l'archiprêtré des suburbes, de l'élection et de la sénéchaussée de Lyon.

Pendant la tourmente révolutionnaire, l'architecte lyonnais Jean-Antoine Morand se réfugia au château de Curis ; il était originaire de Briançon ; élève de Servandoni et de Soufflot, il avait fait exécuter à Lyon un certain nombre de travaux importants et notamment une salle de spectacle, les édifices du quai Saint-Clair et le pont en bois qui a subsisté jusqu'en 1888. Arrêté, Morand fut ramené à Lyon et décapité, le 27 janvier 1794.

A la même époque M. Péricaud, ancien officier de la garde nationale, membre de la municipalité provisoire, fut également arrêté à Curis, conduit à Lyon et exécuté.

Le château s'élève sur une terrasse au milieu de beaux ombrages ; il serait assez lourd d'aspect, sans deux tourelles élancées qui dressent dans le ciel leurs toits pointus ; ces tourelles paraissent être les seuls débris du moyen âge de cette demeure seigneuriale, l'ensemble datant évidemment d'une époque plus rapprochée.

A quelque distance de l'antique castel, se trouve une maison d'un aspect pittoresque ; c'est une ancienne gentilhommière dite de la Blache, aujourd'hui simple ferme dépendant du château.

L'église ne présente rien de particulièrement remarquable; elle a été construite en 1821 ; la forme de son clocher rappelle la flèche quadrangulaire de l'église d'Ainay, à Lyon.

Source : Dictionnaire illustré des communes du département du Rhône par MM. E. de Rolland et D. Clouzet 1901.

Château dit de la Trolanderie à Curis au mont d or
Crédit photo : LeBonGone (Château dit de la Trolanderie, curis au mont d or)

bâtiment classé.

Informations structurelles

Château dit de la Trolanderie, Le château s'élève sur une terrasse au milieu de beaux ombrages ; il serait assez lourd d'aspect, sans deux tourelles élancées qui dressent dans le ciel leurs toits pointus ; ces tourelles paraissent être les seuls débris du moyen âge de cette demeure seigneuriale, l'ensemble datant évidemment d'une époque plus rapprochée. curis au mont d or, rhone

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 117001
  • item : Château dit de la Trolanderie
  • Localisation :
    • Rhône-Alpes
    • Rhône
    • Curis-au-Mont-d'Or
  • Lieu dit : la Forêt
  • Code INSEE commune : 69071
  • Code postal de la commune : 69250
  • Ordre dans la liste : 1
  • Nom commun de la construction :
    • La dénomination principale pour cette construction est : château
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction : 2 différentes époques marquent l'histoire du lieu.
    • 15e siècle
    • 18e siècle
  • Date de protection : 1988/12/01 : inscrit MH partiellement
  • Date de versement : 1993/12/03

Construction, architecture et style

  • Materiaux:
    • NC.
  • Couverture :
    • NC.
  • Materiaux (de couverture) :
    • NC.
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • NC.
  • Escaliers :
    • NC.
  • Décoration de l'édifice :
    • Le décor est composé de : 'ferronnerie'
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :13 éléments font l'objet d'une protection dans cette construction :
    • tour
    • portail
    • élévation
    • toiture
    • chapelle
    • salle
    • décor intérieur
    • vestibule
    • salon
    • salle à manger
    • sol
    • sous sol
    • port
  • Parties constituantes :
    • NC.
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers :
    • Autre Information : propriété d'une personne privée 1992
  • Détail :
    • Façades et toitures du château, y compris les caves voutées sur croisées d' ogives
    • deux portails en fer forgé
    • deux tours isolées
    • chapelle
    • à l' intérieur : vestibule, salle à manger et salon marocain (cad. U 1133) : inscription par arrêté du 1er décembre 1988
  • Référence Mérimée : PA00117754

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