Hôtel de Ville à Paris 4eme arrondissement

Parloir aux bourgeois, Maison aux piliers, Hôtel de ville

Le parloir aux bourgeois

Depuis le milieu du XIVe siècle, exactement depuis l'année 1357, soit cinq cent cinquante ans environ, la maison commune des Parisiens, en plusieurs édifices successifs, occupe l'emplacement de l'Hôtel de Ville actuel.

Au delà de cette époque, les différents sièges du pouvoir municipal ne sont que très vaguement connus et pas le moins du monde précisés. La légende, bien plus que la vérité, a prétendu qu'avant l'invasion des Normands, les administrateurs de la Ville auraient occupé une maison située au port Saint-Landry, dans la Cité, où se trouve aujourd'hui le quai aux Fleurs, entre les ponts Notre-Dame et Saint-Louis. Puis, de l'autre côte de File, sur sa rive méridionale, au Marché-Neuf, entre le Petit-Pont et le pont Saint-Michel.

Mais aucune preuve certaine ne s'est présentée pour qu'il soit permis d'affirmer la certitude de ces emplacements, établis, vraisemblablement, par la trop grande facilité de déduction de certains historiens. C'est ainsi également que, d'après les dernières recherches de l'Histoire, il faut encore abandonner le fameux Parloir aux Bourgeois du quartier Saint-Jacques, cette tour de l'enceinte de Philippe-Auguste dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par l'encoignure des rues Victor-Cousin et Soufflot, et qui aurait été, non pas un lieu de réunion des administrateurs de la Ville, comme on l'a cru jusqu'ici, mais simplement une parcelle du fief du Parloir aux Bourgeois, c'est-à-dire une propriété de la Ville, ayant conservé, comme désignation, le nom de son domaine seigneurial.

Le seul siège de la municipalité parisienne que l'on puisse à peu près affirmer d'après des textes certains, avant celui de la place de Grève, est cette Maison de la Marchandise, située sur la rive droite du fleuve, entre le Grand-Châtelet et l'église Saint-Leufroy, et qui porte aussi le nom de Parloir aux Bourgeois. C'est là que, vers la fin du XIIe siècle, était groupé le commerce parisien dans toutes ses manifestations : l'Apport-Paris, les Halles, les boucheries, les marchands de poisson et de vin, et au centre desquelles il était naturel de voir s'installer les magistrats de la Marchandise de l'Eau, qui avaient, depuis l'époque gallo-romaine, conservé l'administration de la Ville.

Un peu plus tard, pendant la première moitié du XIVe siècle, on assistera au déplacement de ce centre commercial et on le verra remonter vers l'est pour se fixer à la place de Grève, où la municipalité ne manquera pas de le suivre.

Au mois de juillet 1357, en effet, Étienne Marcel, prévôt des marchands, le drapier si achalandé de la Cité, achète au nom de la municipalité, de Jehan d'Auxerre et de Marie sa femme, la Maison aux Piliers, dite l'Hôtel au Dauphin, provenant du dauphin Charles, fils aîné du roi Jean, qui la tenait de Humbert, dauphin du Viennois.

C'est là que, en quittant le Parloir aux Bourgeois de Saint-Leujroy, le Bureau de Ville vient s'installer. La maison, dit l'acte de vente, a deux pignons et des piliers par devant, sur la place de Grève. Elle tient au logis de sire de Chateillon et à celui de Giles Marcel, et aboutit, par derrière, à la ruelle du Martroy de Saint-Jean en Grève. On sait aussi, d'après des documents anciens, que cet immeuble comprenait deux cours, un poulailler, des cuisines, des étuves et bains, une chambre de parade, un Plaidoyer, une chapelle, une grande salle de 5 toises de long et large de 3, et un grenier pour l'artillerie.

La maison au piliers, ou maison du Dauphin, ancien et premier Hôtel de Ville

La place de Grève et la maison aux piliers

Pendant cent soixante-quinze ans environ, le Conseil de Ville s'accommoda, pour ses réunions, de l'antique maison aux Piliers. Mais, vers l'année 1530, époque où la capitale se couvrait de monuments et d'hôtels conçus d'après de nouvelles formules, il voulut, lui aussi, suivant l'impulsion donnée par un roi artiste et par une société éprise d'un art renaissant, procéder à la construction d'un hôtel de ville spécialement édifié pour cette destination. Ce sera certainement un motif d'étonnement de songer que la municipalité parisienne, qui fonctionne régulièrement depuis des temps immémoriaux, ait attendu le milieu du XVIe siècle pour doter la capitale d'une maison commune qui fût vraiment digne d'elle.

Après l'accord intervenu entre François Ier et la municipalité, après l'acquisition de nombreux immeubles entourant la maison aux Piliers, la première pierre de l'édifice fut posée le 15 juillet 1533, avec Dominique de Cortone, dit le Boccador, comme architecte, et Pierre Chambiges, comme entrepreneur de maçonnerie.

Durant la fin du XVIe siècle et le commencement du XVIIe, la construction fut souvent arrêtée en raison des guerres de religion, pour être reprise, assez lentement, d'ailleurs, après la pacification imposée à la Ville par Henri IV. C'est à cette occasion, vraisemblablement, que la statue de ce souverain, œuvre de Pierre Biard, fut montée, en 1608, dans le tympan de la porte centrale.

Le monument était à peu près terminé en 1628, après l'édification du corps de logis situé sur la cour.

Malgré la mort du Boccador arrivée en 1549, c'est-à-dire quatre-vingts ans avant l'achèvement de l'Hôtel de Ville, on ne saurait douter, selon, d'ailleurs, les dernières trouvailles des savants, que le monument dont il avait été l'architecte officiel fut terminé selon ses plans. A part, bien entendu, les variantes imposées par les nécessités de la construction et que subissent forcément, surtout après la mort de leurs auteurs, les dessins les mieux étudiés.

Pour qui admire l'Hôtel de Ville actuel, il sera facile de se faire une idée de celui qui fut édifié au temps de François Ier. Il lui suffira de limiter le champ de son regard au bâtiment central surmonté du campanile, et de l'étendre seulement aux deux pavillons qui l'encadrent et qui sont eux-mêmes flanqués de deux charmantes tourelles en avant-corps. Sauf un certain dépassement dans les mesures anciennes à l'actif du dernier construit, les deux images sont à peu près identiques.

L'édifice traversa ainsi, dans son exquise délicatesse de proportions, les temps mouvementés de l'histoire municipale. Ceux de la Ligue, dont les pieuses processions hérissées de pertuisanes ne manquent pas d'y stationner ; ceux de la Fronde, pendant lesquels le prince de Condé y massacre les bourgeois de Paris ; ceux de la Révolution, alors qu'y siège la redoutable Commune de 1792 qui tient en échec la Convention.

A cette époque, des œuvres d'art, qui ont subi depuis des fortunes diverses, ornaient les salons de l'édifice et étaient signées: Porbus, Largillière, Mignard, Vanloo, Boullongue, de Troy, Hallé et autres.

Un salon montrait d'admirables bois, sculptés au XVIe siècle, et représentant les signes du zodiaque. La salle du trône datait de 1613 et possédait deux admirables cheminées de cette époque, qui avaient été sculptées, l'une par Pierre1 Biard et David de Villiers, l'autre par Thomas Boudin. On y admirait aussi la belle œuvre de Coysevox, cette statue en bronze de Louis XIV, qui se dressait sous une arcade du fond de la cour d'honneur, et qui est aujourd'hui au musée Carnavalet.

En 1802, la Préfecture de la Seine prend possession du monument avec le préfet Frochot, qui sera le premier fonctionnaire de cet ordre y trouvant une habitation au milieu de ses bureaux. Pour cet établissement, l'édifice est agrandi d'après les dessins de l'architecte Molinos, du côté de l'Est, par l'acquisition des emplacements de l'ancienne église Saint-Jean, sur lesquels on aménage la célèbre salle qui gardera ce vocable ; du côté du Nord, par l'adjonction d'un bâtiment neuf à édifier sur les terrains de l'hôpital du Saint-Esprit.

Les choses restèrent en l'état jusqu'en 1837.

[Illustrations de Les rues de Paris ancien et moderne. 358-1848, origine et histoire. Monuments, costumes, moeurs, chroniques et traditions 1843.

 

Agrandissement du XIXe

A cette époque fut commencée l'exécution d'un vaste projet d'agrandissement et d'isolement, demandé aux architectes Godde et Lesueur, qui changea complètement l'aspect du vieil Hôtel de Ville de la Renaissance, le doubla en étendue, et fut terminé en 1846.

Dans l'édification de ces nouveaux bâtiments, dont le montant s'éleva à une somme d'environ 13 millions, l'ancienne façade sur la place de Grève avait été rigoureusement respectée, mais elle fut élargie par deux bâtiments intermédiaires soudés à ses deux pavillons anciens, lesquels bâtiments étaient flanqués à leurs extrémités de deux autres pavillons. Sur cette nouvelle façade, de nombreuses niches avaient été ménagées pour recevoir les statues des grands hommes que la France avait produits, et qui étaient signées Jouffroy, Ottin, Simart, Seurre, Brian, Cavelier, Dantan aîné, Duseigneur, Moyne, Préault, Foyatier, Maindron, etc.

En somme, le nouvel édifice figurait un rectangle dont chacun des quatre coins était terminé par un pavillon dépassant d'un étage les bâtiments qui les reliaient. Les côtés donnant sur la place de Grève et sur la rue Lobau mesuraient 120 mètres de, longueur, et les deux autres, sur le quai et sur la rue de la Tixeranderie, aujourd'hui de Rivoli, 80 mètres. Pour la conception artistique des nouveaux bâtiments, surtout de la façade élargie sur la place, les architectes se donnèrent la tâche de s'inspirer, autant qu'il serait possible, de l'hôtel de ville primitif qui, non seulement fut respecté dans toutes ses parties, mais servit de modèle aux adjonctions entreprises et y fut comme respectueusement enchâssé.

Intentionnellement, sans doute, les quatre nouveaux pavillons d'angle furent coiffés de combles massifs et peu élevés, afin de faire valoir l'élégance et la grâce élancée des deux anciens regardant la place de Grève.

Ainsi que dans celui d'aujourd'hui, l'Hôtel de Ville de 1846 comptait trois cours-principales: la cour du Préfet, du côté du quai ; la cour des Bureaux, du côté de la rue de la Tixeranderie; la cour d'Honneur ou cour Louis XIV, qui était celle de l'ancien monument, au milieu.

C'est cette dernière qui fut dotée, en 1855, du fameux escalier à double révolution dessiné par les architectes Baltard et Vauthier.

De la salle Saint-Jean partaient, comme aujourd'hui, les deux grands escaliers à rampes droites se faisant vis-à-vis, et aboutissant dans la grande galerie des Fêtes, décorée par Lehmann, Cabanel, Benouville et Laurent-Jan, pour la peinture, et Duret, Dantan aîné, Cavelier et autres, pour la sculpture.

Entre ces deux escaliers existait un salon entouré d'une tribune supportée par des cariatides de Bosio jeune, et dont le plafond était de Gosse, et les décorations peintes, de Benouville et de Cabanel. La salle des délibérations du Conseil municipal, qui communiquait alors avec ce salon, est devenue aujourd'hui la salle de la Commission de voirie.

C'est aussi près de là qu'était situé le fameux salon de l'Empereur, dans lequel Ingres avait peint l'Apothéose de Napoléon Ier, et où se trouvaient également le célèbre buste de Napoléon III en aigue-marine, exécuté par l'orfèvre Froment-Meurice, le portrait du nouveau César, par le baron Gérard, et les marbres napoléoniens de Canova.

Lors du remaniement de 1846, la municipalité parisienne avait consacré la plus belle partie de son Hôtel de Ville, c'est-à-dire la façade donnant sur la place de Grève, aux locaux appelés les appartements du roi. On y admirait la salle du Trône, dont il a déjà été question et dans laquelle les décorations modernes étaient, pour la peinture, d'Horace Vernet, de Gosse et de Séchan, et pour la sculpture, de Crauk ; la salle du Zodiaque, illustrée par les superbes peintures de Léon Cogniet. D'autres locaux d'apparat n'étaient pas moins réputés pour la belle ordonnance de leur style que par les noms des artistes qui en signèrent les décorations. C'était le salon de la Paix, où régnait Delacroix ; les salons des Arts et des Prévôts, où faisaient merveille les peintures de Cabanel, Benouville, Landelle, Riesener, Muller, et où se dressaient les bustes des anciens prévôts des marchands ; la galerie des Marbres, avec les huit tableaux d'Hubert Robert provenant de Beaumarchais, et, dans l'antichambre, la statue de Henri IV enfant, par Bosio; les trois salons des Arcades, décorés par Schopin, Picot, Hesse et Vauchelet ; d'autres petits salons embellis par les peintures de Court et de Lachaize ; la salle à manger, décorée des attributs de la Chasse, de la Pèche, des Vendanges, de la Moisson, par Jadin ; la salle du Conseil municipal, enfin, déjà citée plus haut, dont les peintures étaient de Yvon, les bas-reliefs d'Oudiné, et qui contenait les bustes des nombreux souverains qui avaient été reçus à l'Hôtel de Ville. En outre des appartements particuliers du préfet, qui étaient situés du côté de la rivière ; des bureaux installés du côté de la rue de Rivoli, l'édifice agrandi donnait encore asile à la célèbre et ancienne bibliothèque de la Ville, dont le joyau était le fameux missel de Juvènal des Ursins.

L'insurrection de 1871 devait mettre un terme à la longue carrière de la vieille maison commune, qui fut incendiée et détruite à la fin du mois de mai avec tout ce qu'elle contenait.

Souvenir du nouveau Paris, ses monuments ; promenades, boulevarts et grandes voies de communications ; plan simplifié pour se guider seul dans Paris dessiné et gravé par Guesnu

Plan simplifié pour se guider seul dans Paris dessiné et gravé par Guesnu 1866

Le nouvel Hôtel de ville

L'un des premiers actes du Conseil municipal de Paris, élu après l'insurrection de 1871, fut de décider que l'Hôtel de Ville incendié serait relevé de ses cendres, restauré autant que possible, et dans tous les cas reconstruit à l'image rigoureusement ressemblante de l'ancien, et sur son emplacement.

Un concours était ouvert à cet effet, en 1872, auquel prirent part un grand nombre d'architectes et qui se termina par l'acceptation du projet de MM. Théodore Ballu et Deperthes.

Architecte de grand talent et membre de l'Institut, M. Ballu était tout à fait digne de la lourde tâche qui lui incombait de relever le palais municipal de ses ruines. Des travaux antérieurs, tels que les églises de la Trinité, de Saint-Ambroise, de Saint-Joseph, de la Rédemption, le campanile de Saint-Germain-l'Auxerrois, la restauration de la tour Saint-Jacques, l'avaient mis, d'ailleurs, depuis longtemps en vedette.

M. Deperthes, par son talent réputé, ses connaissances techniques et artistiques, ses travaux accomplis, après concours, en Suisse, en Bretagne, dans le département de la Seine et à Paris, était également indiqué pour être le second de son éminent collègue.

En 1882, le 14 juillet, dix ans après le vote de sa réédification, l'Hôtel de Ville, tout battant neuf, mais loin encore d'être achevé, ouvrait ses portes à M. Jules Grévy, président de la République, venu pour lui apporter, en ce jour de fête civique, le baptême inaugural. On put prévoir à cette date que, tous comptes faits, l'édifice reviendrait, la clef sur la porte, à la somme de 35 millions.

La superficie, d'ailleurs, s'était encore accrue de 4,876 mètres carrés sur celle du monument de Louis-Philippe, qui en comptait 9,600, ce qui amène forcément à tirer cette conclusion, que les dispositions générales de l'ancien édifice ayant été à peu près respectées dans le-nouveau, toutes les parties de ce dernier furent amplifiées comme surface.

Les principaux salons d'apparat ont donc gardé leurs anciens emplacements, leur affectation primitive et beaucoup leurs vocables, sauf pourtant la salle du Trône, qui est devenue la salle de réunion du Conseil municipal.

Les trois cours ont aussi perdu la forme quelque peu irrégulière qu'elles avaient, pour prendre une tournure plus correctement géométrique.

En ce qui concerne la décoration picturale et sculpturale du nouveau palais, la municipalité voulut qu'elle reflétât de la façon la plus large, la plus étendue, le mouvement artistique de notre époque, sans restriction aucune et avec toutes ses conséquences. C'est dire que l'on trouve sur les murs de l'édifice toutes les nuances, toutes les formules de l'école française actuelle.

Plaut, Charles-Henri (1820-18??) photographe

Plaut, Charles-Henri (1820-18??) photographe

Source : L'Hôtel de ville de Paris par Lucien Lambeau 1908

Le Véritable architecte de l'ancien hôtel de ville de Paris

Les plans de l'ancien Hôtel de ville de Paris sont-ils dus à un Italien, au Boccador, d'après la tradition généralement admise, ou à un Français, à Pierre Chambiges, comme MM. Marius Vachon et Léon Palustre ont essayé, il y a quelque temps, de l'établir ?

Les attributions artistiques qui ne reposent que sur la légende sont souvent fort sujettes à caution. On en a déjà relevé et on en relèvera encore nombre d'inexactes.

Toutefois, quand la légende se trouve, par hasard, d'accord avec les documents, il y aurait mauvaise grâce à n'en point convenir. Qu'il s'agisse d'un architecte français ou étranger, qu'importe au mérite de l'œuvre ? Le patriotisme, puisqu'on fait bien mal à propos intervenir la question patriotique en ces débats de pure érudition, le patriotisme n'a rien non plus à voir là. Nous sommes assez riches en artistes nationaux du Moyen âge et de la Renaissance pour rendre galamment justice à un étranger, devenu, à dire vrai, à moitié Français, puisque le Boccador résida en France la plus grande partie de sa vie, de 1498 à 1543 au moins, sinon jusqu'en 1549, date probable de sa mort.

Les arguments invoqués en faveur de Chambiges par MM. Yachon et Palustre seraient très discutables ; mais le moindre document authentique vaut mieux qu'une longue discussion, et nous n'avons ici affaire qu'à des documents.

L'inscription commémorative de l'entreprise des travaux de l'Hôtel de ville (1533) se termine par ces mots : Dominico Cortonensi architectante. Quelque interprétation qu'on s'ingénie à donner à ce texte épigraphique, il est formel. Supposons cependant qu'il soit insuffisant.

Sauvai, dans ses Antiquités de la ville de Paris, n'est pas moins explicite. « En 1532 et 1533, écrit-il, le prévôt et les échevins achetèrent les maisons bourgeoises qui tenoient à l'Hôtel de ville, afin de l'agrandir et de le rebâtir. Dominique Bocador, dit de Cortone, qui en fit le dessin et conduisit l'édifice, avoit 250 livres de gages. » Doutons encore, au besoin, de l'affirmation de Sauvai.

Faut-il pousser plus loin la générosité ? Rejetons le témoignage d'un compatriote du Boccador, et admettons même qu'on puisse épiloguer sur ceci : Le 22 décembre 1532, le gouverneur de Paris, le prévôt des marchands et le procureur de la ville se rendent au Louvre, « ouquel lieu se trouva Me Dominique de Cortonne, qui monstra le pourtraict du bastiment nouvel que le roy veult estre faict d'ung Hostel de ville ».

Voilà, ce semble, assez de concessions. Quelques lignes, à elles seules, vont suffire à confirmer péremptoirement la vérité : Le 13 mai 1533, le prévôt des marchands exprime au Bureau de la ville le désir, manifesté par le roi, de voir commencer les « bastimens d'un Hostel de ville neuf, selon le devis qui luy a esté monstré (au roi) et aussi monstré présentement (au bureau) par Me Dominicque de Cortemer (sic), QUI L'A FAIT ET DIVISÉ ».

La critique la plus exigeante en matière de documents ne doit-elle pas, avec celui-ci, se déclarer satisfaite ?

S'il pouvait rester l'ombre d'un doute, nous achèverions de convaincre les incrédules en leur mettant sous les yeux les divers extraits d'un compte inédit de la ville de Paris pour l'année 1533 :

« Payé 12 livres 5 sols à Louis Poireau, juré du roy en l'office de massonnerie, et autres maçons, pour avoir vaqué, en la présence de messieurs les prévost des marchands et eschevins, le 29 may 1533, à l'alignement de la maison de l'Hôtel de ville que l'on vouloit bastir et édiffier à neuf.

Payé à Dominique de Courtonne 72 livres pour plusieurs portraits en plattes formes pour le fait de l'édifice et bâtiment de l'Hôtel de ville.

Payé 85 livres pour achapt d'outils pour les ouvriers qui doivent travailler à la journée audit bâtiment, ayant esté jugé estre pour le mieux.

Messieurs les prévost des marchands et eschevins, par leurs lettres du 15 juin 1533, ont commis et députté pour conduire les ouvrages du bâtiment et édifices de l'Hôtel de ladite ville, ledit Me Dominique de Berqualor (sic), dit de Courtonne, architecte, demeurant à Paris, suivant le modelle par luy fait, veil et accordé par le roy; et, pour éviter à faute, qu'il sera fait auparavant un modelle en bois de menuiserie. Pour quoy, messieurs luy ont ordonné la somme de 250 livres tournois par an tant qu'il vaquera audit bâtiment ou tant qu'il plaira à messieurs »

Les comptes de la ville de Paris pour les années suivantes contenaient certainement des détails précis sur la continuation des travaux de l'Hôtel de ville. Malheureusement, ils ne subsistent plus, et les registres des délibérations du Bureau de la ville ne nous renseignent guère à cet égard. Le manuscrit auquel nous avons emprunté la citation précédente ne nous apprend rien de plus jusqu'en 1549. Au mois de juin de cette année, il y est incidemment question « du bâtiment neuf qui se fait en l'Hôtel de ville » .

A défaut d'autres données sur la suite des travaux du Boccador, le même manuscrit fournit, pour le premier quart du XVIIe siècle, quelques notes intéressantes au point de vue de l'histoire architecturale de l'Hôtel de ville. En voici le texte complet, pour servir d'appendice aux documents publiés par Le Roux de Lincy dans son Histoire de l'Hôtel de ville de Paris.

Compte de 1607-1609

« Payé à un doreur pour avoir doré la grand fleur de lis qui a este mise et posée au haut de la lenterne du bâtiment de l'Hôtel de ville, 120 livres.

Pour deux mars et une once d'or pour dorer ladite fleur de lis, 595 livres.

Pour celluy qui a bruny et mis en couleur ladite fleur de lis et le pieddestal posé au-dessus le pieddestal de la loge de l'Hôtel de ladite ville, et fourniture, 100 livres.

Pour la cloche posée au hault de la lenterne de lad. ville, payé 3,300 livres ».

Compte de 1609-1611

« Payé à Antoine Le Moine, fondeur ordinaire de l'artillerie de France, avec lequel messieurs les prévost des marchands et eschevins de ladite ville ont convenu et fait marché à faire la fonte d'une cloche pour l'orloge de l'Hôtel de ladite ville, de cinq pieds de diamettre et de hauteur et eschantillon convenable pour estre sonnante d'un ton plus bas que l'orloge du Palais, et fournir par icelluy Le Moine dudit métail et autres estoffes qu'il conviendra pour la composition d'icelle cloche, livrée à ses risques, périls et fortunes dans la porte dudit Hôtel de ville, moyennant le pris et somme de 60 livres pour chacun cent pesant; laquelle cloche pèse 7,000 livres, ce qui fait 4,200 livres tournois; ledit marché fait le 4 février 1609.

Ladite cloche a esté visitée et eschantillonnée par plusieurs maistres fondeurs, en présence de Me Pierre Guillen, maistre des œuvres de la ville, suivant leur certifficat du 5 février 1610 ».

Compte de 1611-1613

« Appert marché avoir esté fait le 13 février 1608 pour 12 collonnes de pierre posées audit Hôtel de ville du cotté de la place de Grève, à 1,200 livres.

Pour l'élévation de l'architecture et scupture pour le cadran dudit Hôtel de ville, suivant le marché du 7 février 1612, 2,330 livres.

Pour la construction d'un grand manteau de cheminée dans la grand salle de l'Hôtel de ladite ville, suivant le marché du 30 mars 1613, 3,000 livres.

Pour les mouvements de l'orloge dudit Hôtel de ville, suivant le bail du 24 janvier audit an, 3,000 livres.

Pour la montre et cadran de l'orloge dudit Hôtel de ville, 500 livres.

Au sculpteur pour avoir dressé les desseins dudit cadran et montre, 30 livres.

Pour le tableau pour mettre à la cheminée de la grand salle, 400 livres.

Pour l'estimation de ce qui a esté pris de l'hôpital du Saint-Esprit pour construire le pavillon neuf dudit Hôtel de ville, suivant le contrat du 5 may 1608, 5,000 livres ».

Compte de 1619-1621

« Pour la construction des voultes de la cour de l'Hôtel de ville, 15,600 livres.

Payé à Louis Bobrun, peintre ordinaire de la ville, 100 livres, suivant le mandement de messieurs du 11 aoust 1620, pour un tableau où est représentée la figure de Notre-Seigneur, où mesdits sieurs sont peints et représentez, lequel est mis à la chapelle de l'Hôtel de ladite ville3.

Pour autres ouvrages de peinture en ladite chapelle, 200 livres, et pour autres, 600 livres ».

Là s'arrêtent les renseignements de notre manuscrit sur l'histoire architecturale de l'ancien Hôtel de ville.

Source : Le Véritable architecte de l'ancien hôtel de ville de Paris par Bernard Prost 1891.

Hôtel de Ville à Paris 4eme arrondissement
(Hôtel de Ville, paris 4eme arrondissement)

bâtiment classé.

Informations structurelles

Hôtel de Ville, Depuis le milieu du XIVe siècle, exactement depuis l'année 1357, soit cinq cent cinquante ans environ, la maison commune des Parisiens, en plusieurs édifices successifs, occupe l'emplacement de l'Hôtel de Ville actuel. paris 4eme arrondissement, paris

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 121231
  • item : Hôtel de Ville
  • Localisation :
    • Ile-de-France
    • Paris 04
  • Adresse :
    • place de l'Hôtel-de-Ville
    • rue de Rivoli
    • rue Lobau
  • Code INSEE commune : 75104
  • Code postal de la commune : 75004
  • Ordre dans la liste : 84
  • Nom commun de la construction : 3 dénomiations sont utilisées pour définir cette construction :
    • hôtel
    • hôtel de ville
    • ville
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction : 2 différentes époques marquent l'histoire du lieu.
    • 19e siècle
    • 4e quart 19e siècle
  • Dates de protection :
    • 1975/01/15 : inscrit MH
    • 1988/04/27 : inscrit MH
  • Date de versement : 1993/06/24

Construction, architecture et style

  • Materiaux:
    • NC.
  • Couverture :
    • NC.
  • Materiaux (de couverture) :
    • NC.
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • NC.
  • Escaliers :
    • NC.
  • Décoration de l'édifice :
    • NC.
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Interêt de l'oeuvre : Secteur sauvegardé. Site inscrit 06 08 1975 (arrêté) .
  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :10 éléments font l'objet d'une protection dans cette construction :
    • escalier
    • élévation
    • toiture
    • salle
    • décor intérieur
    • galerie
    • bibliothèque
    • salon
    • salle à manger
    • salle des fêtes
  • Parties constituantes :
    • NC.
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers :
    • Autre Information : propriété de la commune 1992
  • Photo : b8e0a0925c1ac2a8fa68e683e69bde72.jpg
  • Détail :
    • Façades et toitures
    • grand escalier et pièces suivantes avec leur décor : salon d' entrée, grande salle des fêtes, galerie et salon Lobau, salon des sciences, arts et lettres, grande salle à manger, galerie des métiers, salle du budget, salle des séances et bibliothèque du Conseil de Paris : inscription par arrêté du 15 janvier 1975
    • Bibliothèque administrative (cad. AE 3) : inscription par arrêté du 27 avril 1988
  • Référence Mérimée : PA00086319

Personnes impliquées dans la construction

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Inondation, fossés, Hôtel de ville, 29/1/19110 [Paris, 4e arrondissement] : [photographie de presse] / [Agence Rol]

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