Cathédrale Notre Dame à Paris 4eme arrondissement

Description Historique de la cathéfrale Notre-Dame de Paris

  1. Les origines.
  2. La construction de la cathédrale XIIe-XIVe siècle.
  3. La cathédrale du XVe au XVIIIe siècle.
  4. La cathédrale pendant la Révolution.
  5. La cathédrale au XIXe siècle.

Description historique

Les origines

Les origines  de la cathédrale de Paris, malgré les savants travaux déjà publiés, sont encore très obscures. Dans les premiers siècles de notre ère, un temple païen s'élevait sans doute à l'extrémité orientale de l’île, appuyé en partie aux murailles de la cité. Plusieurs autels y étaient dressés aux dieux des Gaulois et à ceux des Romains, à Edus, au Taureau trigaranus, à Cernunnos, ainsi qu'à Jupiter, Vulcain, Mercure, Castor et Pollux ; un autre était consacré à Tibère. Les fouilles exécutées en 1711 pour la construction d'un caveau sous le choeur de la cathédrale ont fait découvrir quelques restes de ces autels.

Il dut s'élever ensuite à cet endroit une église chrétienne, mais jusqu'au VIe siècle, les textes sont muets à son propos. C'est alors, et, sans doute, par les soins du roi Childebert, que fut construit le premier édifice sur lequel nous ayons quelques lumières. Grégoire de Tours nous raconte comment le comte Leudaste, qui s'y était d'abord réfugié pour fuir la colère de Frédégonde, craignant d'y être saisi, chercha à s'échapper en traversant le parvis et en franchissant un pont qui rattachait la cité au bourg de la rive gauche. Cette église était située en partie sur la place actuelle du Parvis en avant de la cathédrale du XIIe siècle ; l'abside se trouvait à l'endroit où s'élèvent les premières travées de la nef de ce monument. Comme les cathédrales de Beauvais, Senlis, Noyon, Soissons, Laon, Chartres, celle-ci s'appuyait sur les remparts de la cité, contre lesquels était aussi bâti le Palais épiscopal.

Cette primitive église mesurait environ 23 mètres de large, et s'étendait en avant des portes de la cathédrale actuelle sur une longueur de 35 mètres. Un grand porche donnait accès dans l'église divisée en trois nefs par deux Rangées de colonnes ; au-dessus des bas-côtés, les tribunes s'ouvraient sur la nef par une série d'arcades en plein cintre. Une grande charpente à fermes s'élevait au-dessus de la nef. L'abside, flanquée peut-être de deux absidioles, devait être en hémicycle. L'intérieur était richement décoré ; le sol était couvert de grandes mosaïques, aux dessins rouge et noir sur fond blanc, dont quelques fragments sont conservés au musée de Cluny ; des colonnes de marbre, dont les chapiteaux étaient ornés de feuilles d'acanthe du plus beau style, soutenaient les tribunes et les charpentes finement sculptées ; des vitraux « qui retenaient captifs les rayons du soleil », suivant l'expression de Fortunat, ornaient de petites fenêtres en plein cintre percées dans les murs couverts de fresques de la nef et des bas-côtés. L'autel, les châsses et les reliquaires resplendissaient d'or et de pierres précieuses ; de lourdes tentures, de riches étoffes étaient tendues derrière les sièges, sur les murs, contre les portes, autour des autels.

En 775, la cathédrale avait pour patrons la Vierge, saint Étienne et saint Germain. Un acte de Charlemagne, daté de la lin du VIIIe siècle, nous laisse entendre qu'on y vénérait également des reliques de saint Denis et de plusieurs autres saints confesseurs ou martyrs.

A l'est de la cathédrale était une autre église dédiée à saint Étienne, qui dépendait directement de l'évêché, et qui peut-être était la chapelle de l'évêché ; nous la trouvons mentionnée en 690 dans le texte connu sous le nom de Testament de Vandremir.

Au IXe siècle, l'église Saint-Étienne, reconstruite peut-être par Charlemagne, semble jouer un rôle plus important, tandis que Notre-Dame, en partie en ruines, est délaissée et même complètement abandonnée lors de l'invasion des Normands. Les barbares, après avoir ravagé les rives de la Seine et incendié les riches abbayes qui y étaient bâties, réussirent à pénétrer dans la cité et, dans les premiers mois de 857, ils livrèrent aux flammes la plupart des églises. Le clergé de Saint-Étienne sauva l'église de l'incendie en versant une grosse somme d'argent ; la vieille église Notre-Dame disparut dans la tourmente, et Saint-Étienne servit momentanément de cathédrale.

Peu après, l'église Notre-Dame était relevée sur le même emplacement qu'elle occupait auparavant et reprenait le premier rang, comme le prouvent plusieurs actes de la lin du IXe siècle. Dans les siècles qui suivirent, l'église Saint-Étienne, désignée quelquefois sous le nom de « vieille église », tandis que Notre-Dame était appelée « l'église neuve », fut peu à peu abandonnée à son tour, et, au commencement du XIIe siècle, elle tombait en ruines.

La cathédrale, enrichie par les rois de France, les comtes de Paris, les seigneurs et les riches marchands, avait recouvré au Xe siècle sa splendeur. Dans les châsses étaient conservées de nombreuses reliques, dont la liste est parvenue jusqu'à nous ; on y remarque entre autres celles de la Vierge, de saint Denis, de saint Étienne et de saint Germain, qui avaient sans doute été transportées dans l'église Saint-Étienne, lors de l'incendie de 857.

Devant la cathédrale s'étendait le parvis, bordé au nord par le cloître, qui avait été agrandi en 1120, et au sud par l'évêché, auquel vint s'ajouter, en 1127, la maison des écoles. Au chevet se voyait toujours la vieille église Saint-Étienne.

En 1123, le roi Louis VI fonde une rente pour subvenir aux dépenses d'entretien de la couverture. Peu après, l'archidiacre Étienne de Garlande consacre de grosses sommes d'argent à la restauration et à l'embellissement de la cathédrale. Vers 1150, l'abbé de Saint-Denis, Suger, qui avait fait faire pour son abbatiale toute une série de magnifiques vitraux dont on peut encore admirer les restes au chevet de l'église de Saint-Denis, fit don à l'évêque de Paris d'un grand vitrail qui fut placé à l'une des baies de l'église Notre-Dame et remonté quelques années plus tard dans la nouvelle cathédrale. Il représentait le Triomphe de la Vierge ; les couleurs, et en particulier les bleus, étaient si belles, si intenses, que le verrier Le Vieil, qui démonta et brisa ce chef-d'oeuvre, au milieu du XVIIIe siècle, ne put s'empêcher de l'admirer. Cependant l'église Notre-Dame ne pouvait plus suffire à la grande affluence de peuple qui se pressait dans ses murs aux jours de fêtes. D'ailleurs, vieille de trois cents ans, elle devait, malgré les nombreuses réparations dont elle avait été l'objet, être en assez mauvais état ; Saint-Étienne, depuis déjà longtemps, était abandonnée. C'est alors que monta sur le trône épiscopal Maurice de Sully, une des plus nobles figures du moyen âge. Il rêva une grande et belle cathédrale ; il osa et sut l'exécuter.

La construction de la cathédrale XIIe-XIVe Siècle

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L'église actuelle de Notre-Dame de Paris fut commencée en l'année 1163 par les soins de Maurice de Sully : les chroniqueurs anciens s'accordent à le déclarer, notamment Robert d'Auxerre et le continuateur de Sigebert. Cet illustre prélat était né à Sully-sur-Loire, près d'Orléans, d'une famille de paysans. Chanoine, puis archidiacre de Paris, il professait la théologie, quand il fut élu évêque de Paris, le 12 octobre 1160, Son intelligence, sa volonté, l'éclat de sa science et de ses vertus l'avaient conduit à cette brillante destinée. C'était avant tout un homme d'action, mais jamais il ne joua, malgré la faveur dont il jouissait auprès des papes et des rois, un rôle politique ; il s'occupait uniquement de son diocèse, de son palais épiscopal, et surtout de sa chère cathédrale, qu'il reconstruisit ; il y consacra tous les revenus de la mense épiscopale, qu'il avait considérablement augmentés par une administration sage et énergique. Il décida d'élever la nouvelle cathédrale sur l'emplacement des deux anciennes églises Notre-Dame et Saint-Étienne. A peine les travaux préliminaires, échanges, achats, expropriations commencés, on se mit à l'oeuvre. On démolit ce qui restait de l'église Saint-Étienne, et les maisons du cloître avoisinantes. Notre-Dame restait debout et les offices pouvaient y être continués ; les travaux ayant commencé par le choeur, à l'est, il fallut en effet plusieurs années pour arriver à cette église située à l'ouest, à hauteur de la façade de la future cathédrale. Pour permettre d'amener plus facilement les matériaux à pied d'oeuvre, Maurice de Sully fit percer en face du portail de Notre-Dame, dans l'axe de la nouvelle église, une rue qui réunissait les chantiers au grand et au petit pont, et par là, aux carrières voisines situées principalement sur la rive gauche.

Le pape Alexandre III, qui consacra le choeur de Saint-Germain-des-Prés, pendant son séjour à Paris du 24 mars au 25 avril 1163, vit le monument sortir de terre, et il encouragea l'évêque dans cette vaste entreprise ; la tradition veut même qu'il ait posé la première pierre du nouvel édifice.

Les travaux furent conduits avec une grande activité. Les grandes lignes du plan dressées, on commença à construire le choeur, en même temps que l'on exécutait sur le tas plusieurs morceaux de sculpture importants, entre autres deux tympans, les statues et statuettes des portes de la façade occidentale qui, plus tard, au XIIIe siècle, furent réemployés en partie à la porte Sainte-Anne.

Le choeur et son double bas-côté, moins la couverture, étaient achevés en 1177, comme le rapporte Robert du Mont : « Il y a déjà longtemps que Maurice, évêque de Paris, travaille à élever la nouvelle cathédrale de cette ville ; il y met une grande activité ; le choeur en est déjà terminé, sauf le grand toit. Si ce monument est un jour achevé, aucun autre ne pourra lui être comparé. » Peu de temps après, le 19 mai 1182, le maître-autel était consacré par Henri de Château-Marçay, légat du Saint-Siège ; et trois ans plus tard, le patriarche de Jérusalem. Héraclius, officiait pontificalement dans le choeur qui était donc à ce moment entièrement livré au culte.

On avait transporté les ornements, les vases sacrés, les reliques et les châsses de l'ancienne église Notre-Dame, ainsi que celles qui se trouvaient autrefois dans l'église Saint-Étienne, dans la nouvelle cathédrale. On démonta aussi les vitraux les plus riches, comme le grand vitrail donné par Suger, et on les replaça avec d'autres dus à la générosité du doyen du chapitre Barbedor, dans les baies hautes du choeur où quelques-uns subsistèrent à côté d'autres des XIIIe et XIVe siècles jusqu'au milieu du XVIIIe siècle ; le verrier Le Vieil, qui nous en donne une courte description, remplaça alors le tout par de grandes verrières blanches. Une partie de ces vitraux étaient ornés de grisailles, dont les lacis au simple trait étaient rehaussés de jaune ; d'autres représentaient des évêques en pied, mitres, portant de grandes chapes, dont les draperies blanches étaient relevées de franges d'or ; ils tenaient dans leurs mains des bâtons pastoraux terminés par un bouton ; autour de ces figures courait une frise de couleur. On travaillait en même temps à l'ameublement du choeur ; le chantre Albert laissa vingt livres pour l'exécution des stalles ; au milieu du choeur se dressait l'autel, chargé de chandeliers et de vases précieux, et entouré de tentures. Un voleur grimpé dans les combles voulut, dans la nuit de l'Assomption de l'an 1218, tirer à lui avec des cordes à crochets les chandeliers ; les cierges allumés mirent le feu aux tentures qui entouraient l'autel ; on réussit à éteindre l'incendie mais les dégâts avaient été très importants.

Les travaux du choeur étaient déjà bien avancés lorsqu'on commença la nef, dont la sculpture dénote une époque assez postérieure. Dès que le choeur fut complètement achevé et que les offices purent y être célébrés, on démolit l'ancienne église Notre-Dame et l'on jeta les fondations des tours et des premières travées de la nef ; celles-ci présentent avec les autres, hautes alors de plusieurs mètres, une assez notable différence : elles ne sont que de la fin du XIIe siècle. En 1196, date de la mort de l'évêque Maurice, la nef, sauf les premières travées, était à peu près terminée, et l'on travaillait à la toiture.

Au commencement du XIIIe siècle, l'intérieur de la cathédrale complètement achevé ne présentait pas absolument le même plan qu'aujourd'hui : les croisillons étaient moins profonds ; les chapelles latérales et les chapelles rayonnantes n'existaient pas. En élévation, les baies du vaisseau central étaient plus étroites, et de petites roses étaient percées au-dessous, comme aujourd'hui dans les travées qui touchent au transept. Il y avait plusieurs autels dédiés notamment à la Vierge, à saint Étienne, à saint Marcel ; c'est à ce dernier que l'on chantait la première messe. La nef était ornée de grandes tapisseries, de tentures de soie ou d'étoffes précieuses.

La grande façade, dont la statuaire ne fut commencée qu'au XIIIe siècle, avait été plantée dès la fin du XIIe siècle. Vers 1220 elle s'élevait jusqu'à la base de la grande galerie à jour ; les tours et la galerie ne furent terminées que dans le deuxième quart du XIIIe siècle. Dans les tours achevées furent installées les cloches ; mais elles furent assez mal entretenues : un règlement de février 1283 nous apprend qu'à cette date, la plupart étaient en mauvais état : la Pugnèse a été fêlée par Étienne, maître charpentier, qui travaillait à côté ; deux autres, appelées Chambellan et Guillaume, sont hors d'usage ; le battant de Pasquier est cassé, et ni l'évêque, ni le chapitre ne se soucient de les faire réparer.

Vers 1240, la cathédrale est donc entièrement achevée, du moins sur le plan qu'avait conçu Maurice de Sully. Nous avons noté trois campagnes successives de construction :

  • dans la première on éleva le choeur et le transept,
  • dans la deuxième la nef moins les premières travées, et
  • dans la troisième les premières travées de la nef, la façade et les tours.

A peine les échafaudages de la façade étaient-ils enlevés que des modifications importantes au plan primitif commencèrent. On construisit, entre les piles des contreforts de la nef, des chapelles, dont les voûtes sont portées par des croisées d'ogives. Vers la même époque, soit à la suite d'un incendie, dont on ne trouve de mention nulle part, mais dont Viollet-le-Duc a cru voir les traces sur place, soit parce que l'éclairage du vaisseau central était insuffisant, on agrandit les fenêtres hautes et l'on descendit leur appui jusqu'au-dessus des tribunes ; il fallut alors abaisser la toiture des tribunes, en détruisant le quartier de voûte très bombé qui embrassait les hautes fenêtres des tribunes et l'on rétablit un voûtain ordinaire. Ces modifications eurent un autre résultat : les arcs-boutants primitifs à double volée s'appuyaient sur des piles étrésillonnées par les arcs en maçonnerie soutenant la toiture des tribunes ; cette dernière étant considérablement abaissée, la pile n'était plus maintenue ; l'architecte s'en passa et il lança ces grands arcs-boutants d'une seule volée, dont nous admirons la hardiesse et la beauté. Il semble cependant que les arcs-boulants à double volée du choeur subsistèrent encore une cinquantaine d'années.

Après la construction des chapelles de la nef, les croisillons étaient en retrait sur le reste de la façade ; on décida de les agrandir d'une travée. C'est maître Jean de Chelles qui fut chargé de l'exécution de ce travail, comme l'indique l'inscription gravée à la base du croisillon sud, dont la première pierre fut posée le mardi 12 février 1258. Il semble que Jean de Chelles mourut avant l'achèvement de ce croisillon, qui fut terminé par son successeur, Pierre de Montereau l'architecte de la nef de Saint-Denis, de la Sainte-Chapelle et du réfectoire de Saint-Germain-des-Prés. C'est lui qui construisit également le croisillon nord, sans doute d'après les dessins de Jean de Chelles, car il offre avec le croisillon sud de grandes ressemblances, selon la remarque déjà faite par Viollet-le-Duc. Il éleva encore les premières chapelles du choeur situées à l'est des croisillons, qui témoignent cependant d'un style un peu plus avancé : l'une d'elles fut construite peu après 1260, aux frais du bailli de l'église, Thomas Lenoir.

A la même époque, on reprit entièrement en sous-oeuvre les premiers piliers qui séparent le double bas-côté du choeur, et les deuxièmes piliers du choeur, ainsi que les premières voûtes du double bas-côté du choeur et les arcades d'entrée de ces bas-côtés.

Pierre de Chelles, maître des oeuvres de la cathédrale, parent sans doute de Jean de Chelles, construisit à la fin du XIIIe et au commencement du XIVe siècle les chapelles du tour du choeur. Une des premières est la chapelle Saint-Nicaise, élevée en 1296 par les soins de l'évêque Simon Matiffas de Buci, qui y fut enterré le 23 juin 1304 ; une autre avait été fondée en avril 1294 par le chanoine Henri Tuebeuf. La construction de ces chapelles alla assez lentement, car celles qui sont du côté de l'évêché ne furent terminées qu'en 1315.

Pierre de Chelles refit encore à la fin du XIIIe siècle les grands arcs-boutants du chevet, et ouvrit de belles fenêtres ornées de gables dans la partie tournante des tribunes, au lieu des baies coupées lors des travaux de 1240.

C'est aussi vers le milieu du XIIIe siècle que fut construite la flèche en charpente qui se dressait sur le carré du transept.

Au commencement du XIVe siècle, la cathédrale est entièrement achevée, telle que nous la voyons aujourd'hui. Il est intéressant de se représenter l'état du choeur à cette date : au milieu se dresse le maître-autel, décoré de plaques de cuivre où sont incrustés des cabochons et que l'on recouvre d'étoffes précieuses les jours de fête ; le socle est orné d'une arcature portée sur de petites colonnettes. Derrière, à cinq mètres de haut, sous un édicule somptueux gardé par des anges, brille la châsse de saint Marcel, d'argent et d'or, tout entourée de figurines. Quatre piliers de cuivre servent de supports à des anges, les ailes ouvertes, aux angles de l'autel ; ils sont réunis par de grandes tringles sur lesquelles glissent de lourdes tapisseries. Tout autour, les reliquaires d'or et d'argent sur des socles richement sculptés, des tombes d'évêques et de princes. Dans le fond, entre les deux piliers, l'autel des Ardents, surmonté d'une jolie Vierge d'albâtre et chargé de reliquaires ; c'est sous cet autel que se trouvait le tabernacle où l'on enfermait les vases sacrés. De chaque côté, au pied des piliers, étaient deux statues colossales, de pierre incrustée de perles de couleur : Philippe Auguste et Louis VIII. En avant du sanctuaire, les stalles de bois sculpté, au dossier garni de cuir, sur lequel on tendait, les jours de fêtes, des étoffes précieuses, étaient adossées à la clôture du choeur, commencée dans la seconde moitié du XIIIe siècle par l'imagier Jehan Ravy et terminée en 1351 par Jehan le Bouteillier qui resta maître des oeuvres de la cathédrale jusqu'en 1363, époque où le chapitre le remplaça par Raymond du Temple, l'architecte du Louvre. Le sol est encombré de tombes de cuivre et de marbre dont les dessins de Gaignières nous ont conservé le souvenir. Des herses, des lampes, des chandeliers répandent partout la lumière. Sur les pupitres sont enchaînés les psautiers, les antiphonaires et les graduels ; d'autres livres de choeur sont enfermés dans des coffres et des armoires. Le jubé et ses deux escaliers ferment le choeur ; on y voit représentées les scènes de la Passion et la Résurrection. Au-dessus de la porte d'entrée se dresse un Christ colossal ; de chaque côté sont des autels, au sud celui de la Vierge, brillamment illuminé jour et nuit.

Les chapelles construites tout autour de l'église avaient été richement dotées. Les fondateurs les avaient souvent ornées de vitraux historiés, de statues, de tapisseries, de tableaux votifs, de reliquaires ; ils avaient fait don aux chapelains d'ornements couverts d'or ou de broderies, de vases sacrés en matière précieuse, de pyxides d'ivoire, d'évangéliaires enluminés et somptueusement reliés.

Le trésor était enfermé dans un bâtiment situé au sud de la cathédrale et qui communiquait avec la cour de l'évêché. En 1241, l'évêque l'agrandit en construisant au-dessus du bâtiment primitif une grande salle. A côté étaient exposés dans le revestiaire les lourds vêtements brodés d'or, enrichis de pierres précieuses, ornés quelquefois d' « images », et les tapisseries dont on décorait le choeur et la nef les jours de grandes fêtes. Plus loin était la salle du chapitre, avec la bibliothèque et les archives. Au nord de la cathédrale se trouvaient le cloître et l'église Saint-Jean-le-Rond, qui servait de baptistère. A l'est, derrière le chevet, Saint-Denis-du-Pas. Au sud, longeant la Seine, se dressait le Palais épiscopal avec son donjon, ses grandes salles divisées en deux par une file de colonnes, sa chapelle à deux étages, à peu près achevée en 1170, ses portes fortifiées et ses jardins en terrasse sur la rivière. En avant de la cathédrale la place du Parvis, encombrée des boutiques des marchands de cierges et autres, précédait la rue Neuve-Notre-Dame, percée par Maurice de Sully. Appuyée à un des murs, sans doute du côté du cloître, étaient la forge et la « loge aux maçons », chantier couvert où les ouvriers étaient occupés sous la direction du maître des oeuvres aux travaux d'entretien et d'agrandissement de la cathédrale.

La cathédrale de XVe au XVIIIe siècle

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L'histoire de la cathédrale de Paris du XVe au XVIIIe siècle se réduit à l'histoire de son ornementation. Le monument est complètement achevé et les rares travaux qui y seront exécutés sont des travaux d'entretien et quelquefois, malheureusement, de détérioration.

Au cours des années 1414-1415 fut élevé dans la nef, accoté au pilier sud, près de la façade, sur un socle de maçonnerie, le colosse de saint Christophe portant l'Enfant Jésus. En face, à l'autre pilier, était la statue à genoux du donateur, le chevalier Antoine des Essarts, qui avait fait élever cette statue, pour remercier le saint de l'avoir sauvé des représailles des Bourguignons. Le 15 février de cette année 1415, Henry Bricet, « maçon et maître des oeuvres du roy », est nommé architecte de la cathédrale.

En 1447, Charles VII abandonne le revenu de la régale durant la vacance du siège épiscopal, pour les travaux d'entretien de la cathédrale. Deux ans plus tard se fondait en la cathédrale la confrérie des Orfèvres, qui devaient largement contribuer à l'ornementation de Notre-Dame. Ils donnaient chaque année un « may », arbre feuillu, décoré de banderoles et de rubans que l'on plantait solennellement devant le maître-autel de la cathédrale. En 1499, ils substituèrent au « may » un tabernacle que l'on suspendait à la voûte. Ils prirent peu à peu l'habitude d'orner ce tabernacle de tableaux, qui remplacèrent bientôt le tabernacle, et de 1630 à 1707, ils offrirent chaque année un tableau de près de 3 mètres de haut, commandé à l'un des maîtres les plus en renom, et représentant des sujets tirés de l'Ancien et surtout du Nouveau Testament. Ces tableaux étaient pendus entre les grandes arcades de la nef, du choeur et des croisillons et dans les chapelles. Transportés lors de la Révolution au musée des Petits-Augustins et au Louvre, ces peintures encombrantes et, d'ailleurs, de valeur inégale, ont été dispersées depuis. On en trouve encore plusieurs au Louvre, d'autres dans quelques musées de province ; quelques-unes sont revenues dans les sacristies et la tour sud de Notre-Dame.

La surveillance n'était pas toujours suffisamment active à l'intérieur de la cathédrale. Le 26 juin 1484, le chapitre dut condamner un des chapelains, qui avait gratté et détruit des croix, des figures d'anges et de saints sculptées sur les tombes de la cathédrale.

Le 23 janvier 1510, grande émotion au chapitre : le doyen annonce que la voûte de la croisée du transept menace ruine. On requiert aussitôt Jean Moireau, maître des oeuvres de maçonnerie de la cathédrale, de procéder à une enquête ; il montre dans son rapport qu'une partie des doubleaux, des ogives et des voûtains sont déformés ou écrasés, et il conclut à une restauration immédiate. Mais le chapitre, peu convaincu de la nécessité d'une restauration complète, ordonne le 15 février une enquête contradictoire, par des maîtres-maçons de Rouen, de Beauvais, d'Amiens et d'Orléans. A la suite de cette seconde enquête, on décide de consolider la voûte sans cependant la reprendre entièrement.

La grande rose du croisillon sud était aussi en très mauvais état, mais le chapitre ne put se résoudre à la faire réparer. On la consolida, et ce n'est qu'au commencement du XVIIIe siècle que le cardinal de Noailles en entreprendra la restauration complète.

Le chapitre, d'ailleurs, se souciait si peu de l'entretien de la cathédrale que le roi chargea ses maîtres-jurés, maçons et charpentiers, Jehan Lebreton, Loys Poireau, Jehan Goulart pour les premiers, Jehan Montinier, Clément Favereau, Jehan Martin et Georges Genestes pour les seconds, de faire sous la direction du conseiller Christophle Hennequin, une visite générale de la cathédrale (20 août 1526). Il y avait beaucoup à faire, et l'on s'en tint aux réparations les plus urgentes. On rejointoya les pierres et remplaça les plus mauvaises. On refit le dallage des couvertures des chapelles, qui était en si mauvais état que l'eau passait à travers et allait pourrir les voûtes ; enfin on remania les charpentes.

Le 18 novembre 1551, durant la procession des reliques de sainte Geneviève, à laquelle assistaient le roi et la reine, dix-sept stalles du choeur s'écroulèrent. Le menuisier Antoine Vasyl fut chargé de les remonter.

Si elle n'eut pas à souffrir des pillages des Huguenots, la cathédrale dut cependant payer sa part de la guerre. En 1562, le chapitre dut envoyer à la fonte plusieurs reliquaires et vases précieux, pour aider le roi à subvenir aux frais de la guerre contre les Huguenots. Parmi les plus belles pièces qui ont ainsi disparu, nous signalerons le « chef de saint Philippe », l'« image de Véronique », le reliquaire en or du bras de saint-André, la statue de la Vierge qui était sur le maître-autel, les reliquaires de sainte Agnès, sainte Catherine et saint-Jean-l'évangéliste, la base de la grande croix donnée par le duc de Berry. Le 23 décembre 1577, le chapitre vendait encore à Jehan Chabot, joaillier, et à Thomas Garnis, orfèvre, le retable d'argent du grand autel pour la somme de 2877 livres tournois.

Nous ne relevons au XVIIe siècle dans l'histoire de l'édifice lui-même que quelques faits de médiocre importance. Le 10 mai 1602, la famille de Retz est autorisée à joindre à la chapelle Saint-Louis, qui lui avait été accordée comme chapelle funéraire, celle de Saint-Rigobert située au chevet de la cathédrale, pour y édifier les tombeaux du cardinal et du maréchal.

La chapelle de la Vierge adossée au jubé, au sud de la porte du choeur, n'était pas meublée ; pendant longtemps même, il n'y eut aucun autel, et l'on y transportait un autel portatif de bois pour y célébrer la messe. La duchesse d'Elbeuf en 1634 la fit entourer d'une balustrade de bois tourné, recouverte de feuilles d'argent finement travaillées ; et, le 5 août 1678, Antoine de Pardaillan, marquis de Montespan, faisait don au chapitre d'une somme de mille livres destinée à sa décoration.

Le 28 mai 1644, la foudre mit le feu à l'un des chevrons de la charpente, on s'en aperçut heureusement assez tôt pour arrêter l'incendie. Au cours de l'année 1677, les serruriers de La Vigne et Vve La Voisien furent chargés de garnir de garde-fous les baies des tribunes.

Louis XIII, le 18 février 1638, avait mis le royaume de France sous la protection de la Vierge ; il s'était engagé à faire reconstruire le maître-autel de la cathédrale et à y faire placer une statue de la Vierge tenant le corps du Christ mort sur ses genoux. S'il n'eut pas le temps d'exécuter ce voeu, Louis XIV y pourvut, et il le fit d'une façon grandiose mais malheureuse, car cette décoration somptueuse et illogique s'adaptait aussi mal que possible à la construction du XIIe siècle. La cathédrale de Paris, qui n'avait pas eu, comme tant d'autres, à subir les fantaisies des architectes de la Renaissance, fut toute défigurée, du moins à l'intérieur, au commencement du XVIIIe siècle. Les travaux de destruction commencèrent le 29 avril 1699. On arracha les colonnes de cuivre et la suspension qui décoraient l'autel, on démolit le retable et les cinq pierres de l'autel, sous lequel on trouva quelques reliques, on enleva la châsse de saint Marcel et celles de saint Gendulphe, de saint Séverin, de saint Germain, de saint Justin placées derrière l'autel des Ardents sous un dôme en bois, puis les monuments funéraires, statues et pierres tumulaires qui encombraient le sol. Enfin on renversa les groupes de la partie tournante de la clôture du choeur, représentant, en bas, les scènes du Nouveau Testament, correspondant à celles de l'Ancien placées au-dessus. On commença à creuser le sol le 5 mai, et on recueillit les cendres de tous ceux qui reposaient dans le choeur de la cathédrale, entre autres de l'archidiacre Philippe, fils de Louis le Gros, dont la pierre tombale de marbre noir était placée derrière l'autel sous la châsse de saint Marcel, et de plusieurs évêques de Paris. On plaça tous les ossements dans la chapelle Saint-Léonard.

On jeta alors les fondations du grand autel, dont l'archevêque posa la première pierre le 7 décembre 1691. Le dessin par Jules Hardouin Mansart avait été arrêté par le roi le 19 mars 1699. Quatre colonnes torses ornées de cannelures devaient soutenir au-dessus de l'autel un vaste dôme à jour au-dessus duquel deux anges portaient le globe terrestre couronné par une croix. Mais le dessin de Mansart, qu'il avait même accompagné d'un modèle complet, ne fut pas exécuté intégralement ; modifié en 1708 par Robert de Cotte, il fut achevé le 21 avril 1714 par son fils Jules. On avait supprimé les grandes colonnes et le dôme.

Au milieu du sanctuaire et isolé se dressait sur trois marches en marbre du Languedoc, le maître-autel en marbre d’Égypte, flanqué de deux volutes du plus gracieux effet. Le devant d'autel, en bronze doré, comme d'ailleurs toutes les appliques, représentait la Mise au tombeau exécutée par Louis-Claude Vassé, sur les dessins d'Antoine-François Vassé. A côté, sur des piédestaux de marbre blanc, deux anges en adoration, de bronze doré, fondus sur les modèles de Claude-Augustin Cayot. Sur le gradin d'autel, en marbre blanc, orné d'un médaillon ovale de Vassé, le crucifix et les chandeliers de Baslin furent remplacés en 1760 par les six grands chandeliers de bronze doré qu'exécuta Philippe Caffieri.

Le sanctuaire élevé de quatre marches au-dessus du choeur était bordé par une balustrade circulaire en marbre d’Égypte veiné d'or, dont les balustres par Tarlay sont en bronze doré et ciselé. Derrière le maître-autel l'autel des Fériés, en marbre vert campan, chargé de consoles, de chérubins et d'un cartouche en bronze doré. Au-dessus, dans une niche montée entre les deux piliers du fond du choeur, le beau groupe de la Pitié, exécuté en 1723 par Nicolas Coustou, reposait sur un soubassement en marbre vert, incrusté de fleurs de lis : le corps du Christ est étendu sur les genoux de la Vierge adossée à la croix ; trois petits chérubins s'empressent autour du corps du Maître. Au-dessus de la niche une grande gloire dorée exécutée par les Coustou, d'où un ange laisse pendre la suspension en argent doré qui porte le Saint-Ciboire. De chaque côté de l'autel, sur des socles richement décorés, deux statues en marbre : à droite Louis XIII par Guillaume Coustou (1715), à gauche Louis XIV par Antoine Goysevox (1715).

Des placages en marbre du Languedoc transformaient les huit piliers du rond-point en pilastres ornés de trophées de métal doré représentant les scènes de la Passion. Les pilastres étaient réunis par des arcades en plein cintre au-dessus desquelles étaient représentées douze vertus : à droite, la Charité et la Persévérance par Jean Poultier, la Prudence et la Tempérance par René Frémin, l'Humilité et l'Innocence par Pierre Lepautre ; à gauche, la Foi et l'Espérance par Lemoyne, la Justice et la Force par Philippe Bertrand, la Virginité et la Pureté par Thierry. Accotés aux piliers et portés par des consoles ornées des armes du roi par Antoine Vassé six anges en bronze dessinés par Chavanne, tenaient chacun un instrument de la Passion.

Sur la balustrade on plaça dans la suite deux torchères de cuivre doré exécutées par Gaffieri en 1760 et destinées à remplacer le grand lampadaire d'argent, donné en 1700 par le chanoine Petitpied.

Neuf des grands vitraux du fond du choeur, qui étaient en assez mauvais état et dont quelques-uns pouvaient remonter au XIIe siècle, furent remplacés au milieu du XVIIIe siècle par des vitraux blancs ornés d'une frise à fleur de lis d'or sur champ d'azur, oeuvre de Pierre Le Vieil. Sur le vitrail du fond était peint un cartouche triangulaire d'or sur fond bleu céleste sur lequel se détachait en rouge l'anagramme hébraïque de « Jéhovah ».

Les travaux ne portèrent pas seulement sur le sanctuaire, mais aussi sur tout le choeur. Le sol fut recouvert d'un beau dallage en mosaïque de marbre ; le jubé fut détruit et les stalles arrachées. Les nouvelles stalles, dessinées par du Goulon d'après Robert de Cotte, qui dirigea toute la décoration du choeur, ont été exécutées par Jean Denel, au nord, et par Louis Marteau, au sud. Le dossier orné de bas-reliefs représentant les scènes de la vie de la Vierge, dans des cadres alternativement carrés et ovales, séparés par des pilastres où sont sculptés les instruments de la Passion et les armes de France, a été dessiné par René Charpentier. A chaque extrémité, du côté de l'autel, étaient les chaires épiscopales, exécutées sur les dessins d'Antoine Vassé, et surmontées de dais en forme de dôme. Au-dessus des stalles, dans des cadres richement moulurés et couvrant toutes les arcades jusqu'aux baies des tribunes, étaient pendus huit tableaux donnés par le chanoine de La Porte : au sud, l'Annonciation par Halle (1717), la Visitation par Jouvenet (1716), la Nativité et l'Adoration des mages par Charles de Lafosse (1715) ; au nord, la Présentation au Temple et la Fuite en Egypte par Louis de Boullongne (1715), l'Enfant Jésus enseignant au Temple au milieu des docteurs, et l'Assomption par Antoine Coypel (1715). La Visitation de Jouvenet était célèbre ; l'artiste, paralytique du côté droit, l'avait peinte de la main gauche ; il avait copié la Vierge sur celle de la Pentecôte qu'il avait peinte pour la chapelle du château de Versailles, et il s'y était représenté lui-même, infirme, à côté du chanoine de La Porte.

Il y avait au milieu du choeur, avant 1760, un grand candélabre d'argent à six branches, orné d'anges portant des instruments de musique et de figures couchées aux armes du roi, le tout soutenu par trois aigles ; c'était un présent fait par Anne d'Autriche, le 9 octobre 1639, pour remercier la Vierge de lui avoir donné un fils. A côté était l'aigle exécuté par Duplessis et donné à la cathédrale par le chanoine Charles de la Grange-Trianon, le 13 août 1755. Posé sur un socle de marbre bleu, il était orné des trois vertus cardinales de bronze, adossées à la tige de cuivre portant le globe du monde sur lequel était l'aigle aux ailes éployées. Il remplaçait celui qui avait été donné en 1539 par Jean Raguier.

Tout autour du choeur, de grandes grilles d'un très beau travail furent exécutées par Louis Fondrain, Nicolas Parent, Jacques Petit et Richard. Celles de la grande porte du choeur étaient l'oeuvre de François Caffin. De chaque côté étaient adossés, face à la nef, deux autels ; celui de la Vierge au sud, celui de saint Denis au nord. Ils furent refaits en 1726, aux frais du cardinal de Noailles. L'autel de la Vierge en marbre griotte d'Italie, avec le cartouche au chiffre de la Vierge et les consoles de bronze doré, était surmonté d'un tabernacle de bronze, et de la statue de la Vierge en marbre ; derrière, quatre colonnes portaient un grand entablement couronné par une sorte de baldaquin. La décoration était d'Antoine Vassé (1721). L'ornementation de l'autel Saint-Denis, et la statue en marbre du saint furent demandées à Nicolas Coustou l'aîné.

En 1755, le chapitre obtient de Louis XV de faire redorer tous les bronzes du choeur. De 1762 à 1768, il fait faire des grilles pour les chapelles latérales de la nef et du choeur.

La décoration de la nef était beaucoup plus simple ; on y voyait les grands tableaux donnés par les orfèvres pendus aux arcades. Contre les piliers étaient encore adosses le colosse de saint Christophe et la statue équestre de Philippe le Bel. Les vitraux furent refaits en partie au milieu du XVIIIe siècle par Pierre et Jean Le Vieil. A la place des beaux vitraux multicolores aux tons chauds et doux, on mit des vitraux blancs bordés de fleurs de lys d'or sur champ d'azur. Les chapelles étaient plus ou moins richement ornées, selon la fortune de la confrérie ou de la famille à qui elles appartenaient ; elles étaient encombrées de pierres tombales, de statues, d'ex-voto, de tableaux dont nous essaierons de donner une idée en décrivant ces chapelles, dans la seconde partie.

Mais revenons maintenant un peu en arrière, pour noter les quelques travaux dont la cathédrale elle-même fut l'objet à l'époque où sa décoration se transformait ainsi, et l'étrange façon dont on en comprenait souvent la restauration.

Le chapitre se plaignait, en 1699, sans résultat d'ailleurs, du mauvais entretien des bâtiments de la cathédrale : beaucoup de sculptures extérieures étaient prêtes à s'écrouler, la haute balustrade du portail entre les tours tombait en ruines, la rose du croisillon sud menaçait de se rompre, enfin le pavé était tout défoncé par la « quantité de bois de charpente et de menuiserie que l'on y décharge pour les mausolées et autres cérémonies publiques ». En effet on élevait alors d'immenses constructions de charpentes, des échafaudages, des tribunes, des dômes, qui non seulement défonçaient le sol, mais écornaient les sculptures des chapiteaux et des frises, crevaient les vitraux et nécessitaient la descente des tableaux qui eurent beaucoup à souffrir de ces déplacements.

Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, s'émut enfin du malheureux état de la grande rose du croisillon sud et la fit reconstruire à neuf. Germain Boffrand surveilla le travail qui fut exécuté par l'appareilleur Pinel de 1725 à 1727 ; la vitrerie fut faite par Guillaume Brice, maître-vitrier, et Benoît Michu, peintre sur verre.

En 1726, la couverture entière fut refaite à neuf, en partie aux frais de l'archevêque. Pour faciliter l'écoulement des eaux, on construisit partout des descentes et tuyaux de plomb et de fonte, et on supprima les gargouilles qui tombaient de vétusté et étaient devenues dangereuses ; beaucoup de statues qui ornaient les contreforts étaient dans le même état et furent enlevées.

En 1728, le cardinal de Noailles fit reblanchir entièrement l'intérieur de la cathédrale, et Boffrand reprit la voûte du carré du transept, qui, depuis 1510, n'avait jamais été réparée avec soin. En 1730, on rétablit le grand orgue au fond de la nef entre les tours et l'on refit une partie de la vitrerie de la grande rose qui se trouve derrière.

Un procès-verbal de la visite faite le 15 juin 1744 et jours suivants par Pierre-Charles de Lespine, accompagné de l'architecte du chapitre Nicolas Parvy, nous montre en quel état lamentable se trouvait l'extérieur de la cathédrale : la grande rose de la façade ouest boucle vers l'extérieur ; la Vierge et les Anges qui se trouvaient sur la balustrade de la galerie de la rose se sont écroulés et les débris sont entassés dans un coin ; les deuxième, troisième et quatrième arcs-boutants de l'abside à partir du croisillon sud sont à refaire entièrement ; la flèche sur la croisée, dont le poinçon central est gercé du haut en bas, et dont plusieurs contre-fiches tombent de sécheresse et de vétusté, incline au sud-est de 2 pieds 6 pouces ; une partie des figures du croisillon sud sont détruites ; les statues qui ornaient les niches des contreforts n'existent plus ; les gargouilles, grotesques, chimères des galeries des tours, les fleurons et pinacles sur les contreforts sont en ruine ; et l'architecte, ne pouvant les restaurer, propose de les abattre, ce qui fut en partie exécuté. Nous avons insisté sur ce rapport pour montrer que la Révolution n'est pas seule coupable de la disparition de la statuaire et de la sculpture de Notre-Dame ; le XVIIIe siècle, dans sa négligence, ou même sa haine du moyen âge, y a fortement contribué.

En creusant sous le choeur le caveau pour les archevêques, le 16 mars 1711, on avait trouvé deux murs traversant le choeur dans toute sa largeur, dont les débris contenaient des inscriptions et pierres d'autels gallo-romains : nous en avons parlé au commencement de cette étude. En 1765-1767, on creusa sous la nef une grande crypte destinée à contenir les corps des chanoines et autres officiers de l'église défunts ; on recueillit au cours des travaux un grand nombre d'ossements que l'on réunit dans une des chambres mortuaires de cette crypte. A la suite de ces travaux, le roi fil daller en marbre du Bourbonnais tout le sol de la cathédrale ; les anciennes dalles et les pierres tombales furent portées dans le petit cloître. Le marbrier Gorbel eut l'exécution des travaux.

En 1771, l'un des plus célèbres architectes de l'époque, l'auteur de la nouvelle église Sainte-Geneviève, plus tard le Panthéon, Jacques-Germain Soufflot, fut chargé d'un travail qui ne lui fait guère honneur. Pour permettre au dais de passer par la grande porte de la façade ouest, lors des processions, il supprima le trumeau où était le Grand Dieu, entailla le tympan, et détruisit la Résurrection des morts et la partie centrale du Pèsement des âmes, et construisit une arcade brisée portant sur deux colonnes de chaque côté de la porte. La première pierre de cette mutilation, qui non seulement détruisait un très beau morceau de sculpture du XIIIe siècle, mais qui rompait l'harmonie de la façade, fut posée le 1er juillet 1771. Sur le vantail de droite de la porte était représenté le Christ portant la croix, à gauche, la Vierge douloureuse, couverte d'un voile ; l'imposte était décorée de deux grands anges soutenant une couronne au-dessus du chiffre de « Marie » en bronze doré. La sculpture fut exécutée par Louis-Pierre Fixon, la menuiserie par Guénebaut et la serrurerie qui était fort belle, par Bouresche.

En 1778, l'architecte Boulland rétablit à neuf le mur de face des chapelles latérales sud de la nef, il supprima les pignons qu'il remplaça par de lourds frontons ; il borda les terrasses d'appuis non évidés du plus mauvais effet à côté des belles balustrades à jour, qui couraient le long des autres terrasses.

Les « restaurations » déplorables se multiplient vers cette date : en 1780, nouveau badigeonnage de la cathédrale, aux frais de l'abbè de La Fage, par Cietty et Allemant, qui refirent en même temps une partie des joints au mastic.

La tête du saint Étienne qui se dressait sur le pignon du midi était tombée depuis longtemps : en 1781, on en mit une en fer battu. L'année suivante on réparait la rose du nord.

Enfin en 1787, on achève le travail de dégradation commencé en 1773, et qui avait déjà été proposé par Nicolas Parvy dans son procès-verbal de 1744 : on détruit gargouilles, sculptures, fleurons, tout ce qui dépasse le nu du mur, particulièrement sur l'élévation septentrionale, à l'abside, et dans la partie supérieure de la façade ouest. L'entrepreneur, mal surveillé, supprime encore Les colonnes appliquées sur les contreforts des tours, et les boudins et moulures qui entouraient l'arc circulaire de la rose de la grande façade.

Soufflot avait élevé au sud de la cathédrale une sacristie et un trésor. Les travaux de terrassement commencèrent au mois d'avril 1756 ; la première pierre fut posée le 12 août 1756 ; les bâtiments étaient achevés en 1758 ; certains motifs d'ornementation ne furent mis en place qu'à la fin de l'année 1759. C'était un grand bâtiment carré, haut de trois étages, dont les façades donnaient sur les deux cours de l'archevêché. La façade occidentale était ornée de la Piété royale, grande statue vêtue à l'antique, et au-dessus, d'un médaillon de Louis XV ; une forte corniche supportait la balustrade couronnant l'édifice. A l'intérieur étaient les petites sacristies installées dans les caves, au-dessus la grande sacristie, puis le trésor ; les salles étaient voûtées et ornées de belles sculptures par Michel-Ange Slodlz.

Devant la cathédrale le parvis était bordé au sud par les bâtiments de l'Hôtel-Dieu et limité par un mur bas, qui venait buter contre une fontaine carrée couronnée d'un petit dôme, bâtie en 1625 et modifiée en 1639. A côté était une statue de pierre fort ancienne, connue dans le peuple sous le nom du Jeûneur, ou de M. Legris, dans laquelle d'aucuns croyaient voir Esculape, et qui était sans doute une statue du Christ ou de quelque saint provenant d'une église détruite. Le petit mur qui bordait le parvis, et la fontaine furent démolis en 1748, lors de la destruction de l'église Saint-Christophe et des maisons de la rue de la Huchette, et des agrandissements de la place.

Le long de la tour du sud étaient adossées une petite maison et une échoppe, qui furent détruites au mois d'août 1784. En face de la tour du nord était l'échelle de l'évêque, où l'on exposait les coupables ; elle fut remplacée en 1767 par un carcan. Devant la façade étaient dix-huit bornes en fonte de fer de plus d'un mètre de haut, plantées par le chapitre en juin 1772, et une haute grille placée vers la même époque, et qui fut arrachée en 1793.

Au nord dans le cloître quelques maisons avaient encore des tourelles. La porte du cloître, refaite par Boffrand en 1767, était ornée de quatre hautes colonnes portant entablement et fronton ; entre les deux colonnes du milieu étaient la grande porte en plein cintre et de chaque côté deux petites portes carrées surmontées de bas-reliefs représentant la Foi et la Charité.

Tel était à peu près l'aspect de la cathédrale et des bâtiments avoisinants lorsque éclata la Révolution. Celle-ci continuera et achèvera l'oeuvre de mutilation et de destruction commencée en 1699 ; elle fera disparaître également une partie de l'ornementation intérieure du XVIIIe siècle, peu regrettable pour l'harmonie générale de l'édifice, mais qui n'en comptait pas moins nombre de morceaux précieux à plus d'un titre.

La cathédrale pendant la Révolution

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Notre-Dame, église cathédrale, située au centre de Paris, ne pouvait pas échapper aux Révolutionnaires. Les dévastations qui s'y produisirent sont de trois sortes : destruction officielle des signes de la royauté et de la féodalité, de la galerie des Rois, par exemple, que l'on se figurait représenter des rois de France ; enlèvement et utilisation du mobilier pour les armes, la Monnaie, etc., c'est le cas des cloches et du trésor ; enfin dévastations opérées par le peuple, à la suite de certaines journées révolutionnaires, surtout en 1793. Ces dernières n'eurent pas du reste l'importance qu'on leur attribue généralement.

Des considérations artistiques et même astronomiques arrêtèrent quelquefois les ravages. Lorsque la démolition de la statuaire de Notre-Dame eut été décrétée, Chaumette réclama en faveur des arts et de la philosophie ; il raconta que Dupuis avait trouvé l'idée de son système planétaire dans une des façades latérales, et Dupuis fut adjoint à la commission des travaux publics pour conserver ce qu'il en croyait digne : c'est ainsi que furent sauvés les bas-reliefs de la grande façade de Notre-Dame. D'ailleurs, le gouvernement essaya à différentes reprises d'enrayer le mouvement de dévastation qu'il avait malheureusement quelquefois provoqué lui-même : le 6 juin 1792, « la Convention nationale... décrète la peine de deux ans de fers contre quiconque dégradera les monuments des arts dépendant des propriétés nationales ». Des commissions étaient fondées pour la préservation des monuments.

Ce fut le trésor qui eut d'abord à souffrir du nouvel état de choses ; la plupart des châsses, des reliquaires, des vases sacrés, des objets destinés au service du culte furent envoyés à la Monnaie pour y être fondus.

Le 18 novembre 1790 était arrêté l'inventaire des tableaux et des sculptures que renfermait la cathédrale. Le 22, à la fin de la grand'messe, la municipalité de Paris signifiait aux chanoines qu'ils eussent à quitter la cathédrale. Au commencement de l'année 1791, la nef sert de lieu de réunion pour l'élection des curés de Paris. Les offices étaient célébrés, par des prêtres assermentés il est vrai ; mais, comme le constatait un contemporain, François Jacquemart, « la licence avait pénétré avec la liberté dans le Temple », On avait placé les fonts baptismaux dans une chapelle de la nef ; le peuple pénétrait dans le sanctuaire, y gênait les cérémonies et dégradait les oeuvres d'art qui s'y trouvaient. Pour remédier à cet abus, Jacquemart propose de faire disparaître les boiseries qui couronnent les stalles, ainsi que les autels de la Vierge et de Saint-Denis : le peuple pourrait ainsi voir l'autel sans entrer dans le choeur. On suivit en partie son conseil.

Le 15 mai 1791. on ordonne la fonte de quelques-unes des cloches de la cathédrale, et le 28 juin a lieu la première fonte. En août 1792, la Commune ordonne que les objets de bronze : chandeliers, lampadaires, lutrins, appliques, statues, et jusqu'aux crucifix, soient enlevés pour être fondus et convertis en canons ; les grilles sont arrachées pour en faire des piques ; les cloches qui subsistaient encore sont fondues ; les tombes sont profanées : on enlève les cercueils de plomb pour en faire des balles. L'exécution de cet arrêt donna lieu à des réunions tumultueuses. Le 8 octobre, le reliquaire de saint Marcel, que la vénération publique avait jusqu'alors protégé, est porté à la Monnaie. Le 23 octobre 1793, la Commune arrête la destruction des statues des rois qu'avait demandée la section de la Cité dès le mois de novembre 1792, et l'exécution suit de près l'arrêt ; le peuple se rue dans les galeries, des cordes sont passées au cou des statues, un mouvement de bascule et les statues roulent sur le parvis. Un grand nombre de monuments funéraires sont saccagés. Une bande de révolutionnaires, les marseillais, détruisent à coups de sabre, pendant vêpres, la statue équestre de Philippe le Bel.

Le 20 brumaire an II (10 novembre 1793), après avoir arraché les dernières statues qui se trouvaient encore aux portails, on célèbre dans la cathédrale profanée devenue le « Temple de la Raison » la fête de la nouvelle divinité. A la place de l'autel, sur une estrade en forme de montagne, se dresse le temple de la Philosophie avec les bustes de quatre philosophes ; devant est assise la déesse Raison, appuyée sur une pique, un bonnet phrygien sur la tête, vêtue d'une longue toge ; sur un autel entouré de roses brûle l'encens ; des choeurs de jeunes filles viennent chanter les louanges de la déesse. La cérémonie se termine par des réjouissances publiques.

Le 1er décembre, le Conseil de la commune fait construire deux vastes tribunes réservées, lors des cérémonies, l'une aux vieillards, l'autre aux mères. C'est vers cette époque que l'église fut mise en vente, et l'on dit que Saint-Simon, le futur fondateur de la religion saint-simonienne, qui était alors très riche, se présenta avec des ballots d'assignats, dans l'intention de l'acheter et de la démolir ; une formalité oubliée empêcha la conclusion du marché. En mai 1794. l'inscription « Temple de la Raison » est remplacée par celle-ci : « Le peuple français reconnaît l'Être suprême et l'immortalité de l'âme. » A la fin de la même année, la cathédrale devient un magasin de vivres.

Enfin, le 21 juin 1795, en exécution de la loi du 11 prairial, le département de Paris désigne parmi les édifices qui doivent servir au libre exercice du culte, l'église Notre-Dame ; mais le 18 juillet, l'église était encore encombrée de denrées. Le 11 août, l'ancien sacristain Ymer, qui avait la garde de la cathédrale et des 1500 pièces de vin qui y étaient déposées, remet à la « Société catholique » ses vingt-trois clefs, et le 15 août, le clergé constitutionnel put célébrer l'office dans la cathédrale à peu près débarrassée, où l'on avait tendu à la hâte quelques tapisseries destinées à voiler les mutilations. Avant la grand'messe, l'église fut solennellement purifiée ; « une foule immense de peuple assistait à cette cérémonie ».

Beaucoup d'oeuvres d'art avaient été détruites ; quelques-unes cependant, abritées durant la tourmente révolutionnaire dans le musée des Petits-Augustins qu'administrait Alexandre Lenoir, ont été conservées. Dès 1791, on transportait aux Petits-Augustins différents objets d'arts ; puis plus tard les grandes statues de Louis XIII et de Louis XIV par Goustou et Goysevox, le buste en marbre du cardinal de Richelieu qui se trouvait dans la sacristie, et qui, entré aux Petits-Augustins en 1792, passa dans la suite à la bibliothèque Mazarine, puis au Louvre. En décembre 1793, à la suite du rapport dressé par Moreau le Jeune et Lemonnier le 17 novembre 1793, Lenoir fit porter dans son dépôt plusieurs tableaux, dont un de Lesueur, un autre représentant la famille des Ursins aujourd'hui au Louvre, et un certain nombre de tapisseries, dont quelques-unes furent remises aux Gobelins. D'autres tableaux furent envoyés au Louvre et à Versailles. Une partie du maître-autel fut amenée le 20 juin 1794 au dépôt, mais le Comité de Salut public en avait fait enlever les appliques en cuivre, plomb et fer. Le 30, le marbrier Scellier transporta le beau groupe de la Pitié de Coustou. Le 3 juin 1795, le dépôt recueillit les pierres et inscriptions gallo-romaines trouvées sous le choeur de Notre-Dame, lors des fouilles de 1711. Parmi les objets transportés au Musée des Petits-Augustins, on peut encore noter une partie du monument de l'évêque Matiffas de Buci, une statue du XIIIe siècle en pierre représentant Adam, les statues de Jean Juvénal des Ursins et de sa femme la statue du chanoine Pierre de Fayel, une Vierge en marbre blanc du XIVe siècle, plusieurs Vierges en pierre peinte, la statue en marbre du cardinal de Gondi, le Mausolée du comte d'Harcourt, par Pigalle, les anges de bronze du tour du sanctuaire, que Moreau, le 16 décembre 1793, voulait envoyer à la fonte.

Lenoir réussit ainsi à sauver de la destruction un assez grand nombre d'oeuvres d'art, mais, malheureusement, tout ne fut pas rendu à Notre-Dame. C'est ainsi qu'une partie du maître-autel, après être passée par la Malmaison, se trouve actuellement dans l'église de Rueil, et que les statues en marbre blanc de saint Louis et de saint Maurice, exécutées par Jacques Bousseau pour la chapelle de Noailles, ont été données à l'église de Choisy-le-Roi ; la plupart des tableaux sont restés au Louvre, ou dans les musées de province. On rendit à la cathédrale, de 1795 à 1815, la Descente de croix de Coustou, une Mise au tombeau par Girardon et on lui donna une statue de la Vierge en marbre, provenant des Carmes ; une statue de saint Denis, en marbre, par Jacques Sarrazin, venant de l'église de Montmartre ; un saint Christophe par Gois, un lutrin en bois sculpté provenant des Chartreux, un Crucifix en bois de grandeur naturelle, attribué à Sarrazin. Mais il faut remarquer que les ordres donnés ne furent pas toujours exécutés : les statues de Louis XIII et de Louis XIV, qui devaient être rendues à la cathédrale de Paris, allèrent d'abord à Versailles. Quoi qu'il en soit, nous devons reconnaître l'immense service rendu aux Arts par Lenoir et par les commissions révolutionnaires, qui nous ont conservé tant de monuments intéressants et notamment les principaux morceaux du « Voeu de Louis XIII ».

C'est à Notre-Dame, devenue le Temple de l’Être suprême, qu'eurent lieu, à côté du culte catholique réfugié dans le croisillon nord, les réunions des théophilanthropes (5 mars - 28 mai 1798), et après septembre 1798, les grandes fêtes décadaires. Le 5 messidor 1800, un Te Deum constitutionnel est chanté en grande pompe à Notre-Dame en l'honneur de la victoire de Marengo. Enfin, le 18 avril 1802, le culte catholique prend publiquement possession de la cathédrale.

La grande tourmente est passée ; la cathédrale offre un aspect lamentable. Rien n'est triste comme cette grande façade, avec ses bas-reliefs mutilés, ses sculptures écrasées, ses niches vides et ses socles sans statues, avec ses vitres défoncées, ses fenêtres bouchées par des murs de plâtre, ou des cloisons de bois, et tout en haut les grands abat-sons qui pendent dans les hautes baies des tours muettes. L'intérieur est encore plus lugubre ; plus d'autels, plus de tombeaux, plus de statues, plus de tableaux ; le choeur est nu : les boiseries sont arrachées, les grilles enlevées, le jubé détruit ; la clôture du choeur est mutilée. La construction même n'a pas été épargnée ; car les frises, les corniches, les chapiteaux, les bases ont eu beaucoup à souffrir des aménagements successifs qu'a subis la cathédrale.

Depuis 1804, des travaux d'abord lents et quelquefois maladroits, puis la grande restauration de Viollet-le-Duc allaient rendre à la cathédrale un peu de son ancienne splendeur.

La cathédrale au XIXe siècle

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Les Restaurations du premier Empire portèrent surtout sur l'ameublement et l'ornementation intérieure ; on s'inquiéta peu de la construction. L'Empereur, à l'occasion des grandes cérémonies qui, comme le Sacre et le Baptême du roi de Rome, se déroulèrent dans la cathédrale, fit don au chapitre de garnitures d'autel, de joyaux, de vases sacrés, comme les calices en vermeil ciselés par Loque et enrichis de diamants qu'il donna à la cathédrale le 24 novembre 1804.

En août 1804, la cathédrale fut entièrement blanchie, puis on y rétablit un certain nombre de monuments et d'inscriptions que le gouvernement lui avait fait restituer. En 1806 on remit en place la chaire, massive et lourde, exécutée dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. En 1809, le choeur, aménagé à neuf, fut fermé par un jubé bas, en marbre moucheté d'abeilles de bronze doré et par une grande et belle grille en fer, ornée de bronzes ciselés ; six autres grilles semblables ornaient les arcades du fond du sanctuaire ; elles avaient été exécutées, sur les dessins des architectes Pierre Fontaine et Charles Percier par Vavin serrurier. Forestier, fondeur-ciseleur et Hersent père, marbrier. Les stalles et les chaires avaient été remises à neuf.

Les grands tableaux qui, depuis la Révolution, étaient à Versailles avaient été rendus en 1802 à Notre-Dame, et, après restauration, remis en place ; l'Assomption de Coypel avait été remplacée par celle de Laurent de La Hyre, provenant des Capucins de la rue Saint-Honoré. On avait installé en 1803 un aigle en cuivre doré exécuté sous Louis XV par Vannier, et dont les faces étaient ornées des chiffres de la Vierge et du roi. Les grands candélabres en marbre vert, munis de branches en bronze doré, avaient été exécutés par Forestier en 1813 sur les dessins de François Debret. Cet architecte qui venait d'être désigné pour conduire la restauration de Saint-Denis, où il fit tant de travaux déplorables, avait conçu pour Notre-Dame un vaste plan de restauration dont les événements de 1814-1815 empêchèrent l'exécution : le maître-autel, élevé plus en arrière, devait être flanqué de deux colonnes corinthiennes en marbre blanc supportant un fronton de même ; les croisillons auraient été ornés de chapelles semblables.

Le maître-autel, en marbre blanc, qui figurait alors dans le sanctuaire avait été exécuté en 1803, sur les dessins de l'architecte Legrand, par le marbrier Scellier. Il était orné de trois bas-reliefs en cuivre doré : au milieu, la Mise au tombeau de Corneille Van Clève, ancien retable de la chapelle Louvois chez les Capucins de la place Vendôme ; et de chaque côté deux anges modelés par Louis Pierre Deseine. Auprès du tabernacle carré étaient des chérubins en bronze doré. La croix et les chandeliers, provenant d'Arras, avaient été donnés en 1802 et dorés en 1804. Les revêtements de marbre existaient toujours aux colonnes de l'abside, mais les ornements de bronze en avaient été arrachés. La Pitié de Goustou, restaurée par Deseine, avait été remise en place en 1802, les statues de Louis XIII et de Louis XIV en 1812 et les piédestaux revêtus de marbre en 1816, les anges en bronze la même année. Le pavé de marbre avait été épargné par la Révolution, par respect pour les arts, comme l'indiquait une inscription, effacée en 1814. La clôture du choeur, entièrement couverte de chaux par les différents badigeonnages, était assez bien conservée.

Les chapelles latérales étaient vides et nues ; elles avaient été entièrement dépouillées en 1793 ; quelques tableaux et de rares monuments en faisaient la seule ornementation.

En 1812, on se préoccupa de la construction. Le mur des chapelles du nord de la nef était en très mauvais état, Brongniart le reprit entièrement, remplaça les pignons par des frontons, déposa la corniche, supprima les gargouilles qui existaient encore et coupa à vif les meneaux des fenêtres, qui, en 1811, avaient été protégées par des grilles de fer. Ces travaux maladroits furent interrompus par la chute de l'Empire.

Le nouveau régime n'amena pas une amélioration bien sensible dans la restauration de Notre-Dame. En 1817, on reconstruisit à neuf un arc-boutant du choeur au midi, sans tenir compte de l'appareil. En 1818, la fenêtre centrale de la chapelle du chevet fut remplacée par une niche en saillie sur le mur, portée par une trompe, et où l'on installa la Vierge d'A. Raggi, aujourd'hui conservée dans une chapelle au sud du choeur ; trois tableaux d'Abel de Pujol, de Pierre Delorme et de Guillemot furent placés dans cette chapelle en 1819.

Le 22 août 1818, on achevait la restauration du Mausolée du cardinal de Belloy, et le 4 octobre, on plaçait au trumeau de la porte de la Vierge la statue de la Vierge du XIVe siècle provenant de Saint-Aignan, qui est aujourd'hui adossée au pilier sud-est du transept.

Plusieurs travées de la couverture de plomb, au midi, s'étaient affaissées, par suite de la vétusté des chevrons, que l'on dut remplacer durant les années 1817-1819.

En 1820, le département de la Seine alloue une somme de 50000 francs par an jusqu'à l'achèvement des travaux pour la restauration de la cathédrale. L'architecte Étienne Hippolyte Godde, qui dirigeait les travaux, ne sut pas profiter des crédits qui lui étaient ouverts ; au lieu de reprendre franchement les parties en mauvais état, il hésita, renforça, refit des joints au mastic de Dhil, qui s'effrita rapidement, et quelques années plus tard, il fallait recommencer.

De juin 1824 à février 1825, on travaille au portail nord ; quelques figures des voussures et du tympan sont remplacées.

En février 1831, une émeute détruit l'archevêché qui avait été remis à neuf en 1809 et sa vieille chapelle. La croix du chevet de la cathédrale est renversée ; elle brise en tombant une partie de la balustrade du grand comble et défonce une voûte des tribunes. Le portail du croisillon sud eut beaucoup à souffrir de la démolition de l'archevêché. Le 3 mai 1840, Godde, après avoir enlevé les décombres et les immondices, qui s'étaient accumulés le long des piédroits et des trumeaux, en entreprit la restauration en même temps que celle des chapelles avoisinantes et des bas-reliefs encastrés au nord du choeur : Caudron était chargé des figures, et Plantard de la sculpture ornementale.

Le 22 mai 1842, la commission du Comité des Arts et monuments où siégeaient Vitet, Victor Hugo, Du Sommerard, Montalembert, Didron, Albert Lenoir, fait replacer dans l'abside de la cathédrale la statue en marbre blanc de l'évêque Maliffas de Buci, qui était restée enfouie dans les caves de Notre-Dame.

Mais les travaux jusque-là avaient été faits sans esprit de suite, au fur et à mesure des besoins, des découvertes. Certains architectes, chargés de l'entretien et de la restauration de la cathédrale, n'avaient guère mieux compris leur rôle que ceux du XVIIe et du XVIIIe siècle. Grâce aux idées nouvelles mises en circulation par les Romantiques, le moyen âge, honni aux siècles précédents, est revenu en honneur : Victor Hugo qui, dans la préface de sa Notre-Dame de Paris (1831), avait proclamé son désir de réveiller « l'amour de l'architecture nationale », avait réussi à créer en faveur de la cathédrale un mouvement d'opinion qui fut suivi d'effet. Le gouvernement se décida enfin à une restauration générale, et en chargea, après concours, Lassus et Viollet-le-Duc (30 avril 1844). Ceux-ci présentaient, en 1845, un devis complet, accompagné de plans et de dessins, et après le rapport de Léon de Maleville et l'éloquent plaidoyer du comte de Montalembert, la Chambre et le Sénat votèrent : « Il est ouvert au garde des sceaux, ministre de la justice et des cultes, un crédit de 2 millions 650.000 francs, spécialement affecté aux travaux de restauration de la cathédrale de Paris et à la construction d'une sacristie y attenante, destinée au service de cette église. »

Au projet était joint une notice où Lassus et Viollet-le-Duc exposent eux-mêmes les principes qui doivent les guider dans la restauration de Notre-Dame. Ces principes sont, en général, très sages : reprise des parties du monument qui menacent ruines et dont la solidité intéresse l'existence même du monument, comme les grands arcs-boutants du chevet ; destruction des placages et mastics appliqués depuis le début du XIXe siècle et repiquage des pierres usées ; amélioration du système d'écoulement des eaux et report des chéneaux vers l'extérieur ; il n'était pas question de toucher aux baies de la nef, et la commission s'était opposée à une modification de celles des tribunes ; de sculpture, seulement le strict nécessaire : les gables de la façade méridionale pourraient être remontés et la porte centrale de la grande façade rétablie en l'état où elle se trouvait avant Soufflot ; il était entendu cependant, et la Chambre s'était montrée assez réfractaire à cette partie du projet, que l'on replacerait dans la galerie de la façade occidentale des statues de rois. Les rapporteurs devant les Chambres, et en particulier Montalembert, avaient longuement insisté sur ce point qu'il s'agissait d'une consolidation et non d'une restauration.

Mais les architectes ne surent pas se borner, et ils se laissèrent emporter par leurs goûts de restauration ; on alla jusqu'à reconstituer l'élévation des croisillons et des travées du choeur et de la nef touchant au transept telles qu'elles étaient peut-être avant 1240 ; on remplaça les fenêtres des tribunes que l'on trouvait peu élégantes par des roses et des triangles curvilignes ; on restitua partout la statuaire en s'inspirant de celle des cathédrales contemporaines de Notre-Dame ; on rêva de refaire la cathédrale de Paris telle qu'elle était aux XIIe et XIIIe siècles. La cathédrale sortit des mains extrêmement habiles de Viollet-le-Duc consolidée et richement parée, mais nouvelle en beaucoup de ses parties. Ce système regrettable pour l'histoire de l'art avait en outre l'inconvénient d'être très coûteux : les crédits de 1845 furent rapidement épuisés ; dès 1850, les travaux étaient suspendus ; ils reprirent en 1853, époque où le ministre approuva les nouveaux devis qui s'élevaient à une somme de près de six millions.

Voyons maintenant quels sont les principaux points sur lesquels ont porté les restaurations.

La statuaire de la grande façade : figures des piédroits et des trumeaux, rois. Vierge et anges des galeries, est refaite d'après celle des cathédrales de Reims, d'Amiens et de Bordeaux ; les statues de saint Marcel, saint Denis et saint Étienne, l'Eglise et la Synagogue sont placées dans les niches des contreforts ; la grande statue de la Vierge, au portail de gauche, et celle de saint Marcel, de l'autre côté, les statues du portail et des niches des contreforts du croisillon sud sont reconstituées, la première d'après des dessins, la deuxième d'après l'ancienne statue, les autres d'après la description de l'abbé Lebeuf et les débris conservés aujourd'hui au musée de Cluny. Dans les tours, le restaurateur supprima les grossiers abat-sons de bois qui gâtaient la construction, il refit la plupart des clochetons, pinacles, crochets, gargouilles, les chimères et les grotesques couronnant les galeries, les tours et leurs contreforts et plaça à l'intérieur des beffrois neufs.

Viollet-le-Duc rétablit les murs extérieurs des chapelles de la nef, avec leurs gables, leur riche corniche, leurs gargouilles, les pinacles et les fleurons des contreforts. Les grandes roses des croisillons furent entièrement remontées, et leurs meneaux légèrement épaissis, pour en augmenter la solidité, sans en modifier le caractère. Les éperons et contreforts de l'abside qui avaient été flanqués, particulièrement au midi, de lourdes maçonneries destinées à les consolider, furent entièrement refaits ; les petites pyramides maigres du XVe siècle furent remplacées par de grands pinacles ornés de colonnes, tels qu'ils étaient au XIVe siècle. Le rétablissement des redents des meneaux des fenêtres de la nef et du choeur amena la reconstruction de toute la partie haute. Les fenêtres des tribunes avaient un vilain aspect ; c'étaient les tronçons des anciennes fenêtres du XIIe siècle, décapitées au XIIIe ; les architectes du XIVe siècle en avaient refait une partie au chevet. Lassus et Viollet-le-Duc hésitèrent sur la façon dont devait être faite cette restauration : devait-on les laisser telles quelles, les continuer dans le style du XIVe, ou en créer de nouvelles dans le style des tribunes. Ils s'arrêtèrent à ce dernier parti et établirent des triangles curvilignes, dont les meneaux rappellent la fin du XIIe siècle. Les toitures furent entièrement refaites, la pente des eaux, qui était défectueuse, renversée, et les combles renforcés. Sur la croisée se dresse une jolie flèche inspirée de celle du XIIIe siècle.

Cédant aux dangereuses théories que nous avons indiquées plus haut, Viollet-le-Duc tenta dans les croisillons et les travées proches du transept une reconstitution de l'élévation primitive de la cathédrale : au-dessus des tribunes il perça une rose, puis une petite fenêtre sans meneaux. Ces travées présentaient avant la restauration de 1845, le même aspect que les autres.

A l'intérieur, après un dé-badigeonnage complet destiné à reconnaître l'état de la construction, Viollet-le-Duc fît décorer de peintures les clefs de voûtes et une partie des chapelles. Il replaça partout des verrières de couleur et des grisailles. Malgré le désir qu'en avait témoigné l'archevêque, il ne put abaisser l'orgue.

Autour du choeur, les grilles contournées et de mauvais goût ont été remplacées par de nouvelles, de même style que celles de Rouen, de Saint-Denis, de Saint-Germer.

Dans le choeur, le dallage a été maintenu, les stalles conservées ; les arcades du pourtour ont été débouchées, le placage de marbre qui entourait les piliers enlevé, la clôture du choeur nettoyée, complétée et repeinte.

Viollet-le-Duc a donné en outre les dessins de la chaire, du banc d'oeuvre, des autels, des fonts baptismaux, des couronnes de lumière, des torchères et des chandeliers, des châsses, et de nombreux objets du trésor placés dans la sacristie, construite et meublée entièrement à cette époque.

On peut se rendre compte, d'après ce rapide énoncé, de l'importance de cette restauration. Certains principes peuvent en être discutés, mais on doit s'incliner devant la conscience et la maîtrise avec laquelle elle fut conduite. Lassus et Viollet-le-Duc avaient longuement étudié la cathédrale, avant de se mettre à l'oeuvre, et ils s'étaient adjoint un groupe d'artistes et de collaborateurs éminents : sculpture, peinture, verrerie, menuiserie, serrurerie, tout fut traité avec le même soin. La restauration est véritablement le chef-d'oeuvre de Viollet-le-Duc, qui en était l'âme, et qui en avait préparé l'exécution jusqu'aux détails les plus infimes, comme l'on peut s'en rendre compte en feuilletant ses portefeuilles où l'on voit dessinés à côté d'une élévation générale d'une travée du choeur ou de la nef, un crochet pour une corniche, une vis pour les ferrures des portes ou la crosse d'une figurine du trésor.

Les travaux étaient achevés au commencement de l'année 1864 ; Mgr Darboy célébra la dédicace de la cathédrale le 31 mai de cette même année.

Pendant la Commune, le vendredi saint de l'année 1871, au milieu de l'office, un homme, le bonnet sur la tête, la pipe aux lèvres, se disant commissaire, s'avança dans la cathédrale ; il avait déjà fait enlever les troncs et empaqueter le trésor par la bande qui l'accompagnait ; mais on réussit à arrêter le pillage. Peu après, le 26 mai, la Commune essaya d'incendier la cathédrale ; les émeutiers entassèrent les chaises dans le choeur et y mirent le feu qui couvait lentement, lorsqu'un fédéré, qu'on allait fusiller au Luxembourg-, dénonça cette coupable folie à l'abbé Riche qui, sur sa demande, s'était approché de lui ; on défonça les portes et on réussit à sauver le monument. Au premier rang des sauveteurs étaient les internes de l'Hôtel-Dieu ; ils avaient aperçu de la fumée et étaient aussitôt accourus.

De 1914 à 1918 au cours de la Grande Guerre, la cathédrale courut de nouveaux dangers. Comme ses soeurs, elle n'échappa pas à de criminels bombardements et des mesures de précautions durent être prises contre les obus, mais heureusement les coups manquèrent leur but : une seule bombe d'avion atteignit la toiture, sans grand dommage. Puis elle fut à l'honneur et tressaillit tout entière, comme aux plus beaux jours de notre histoire, aux accents magnifiques du Te Deum de la Victoire.

Il faut espérer que rien ne menacera plus désormais la cathédrale de Paris, qu'elle restera longtemps encore en témoignage de la hardiesse et de l'habileté des architectes du moyen âge, grâce au zèle intelligent de leurs successeurs du XIXe siècle qui l'ont préservée de la ruine où l'avaient entraînée la négligence et l'incompréhension des classiques.

Source : La Cathédrale Notre-Dame de Paris : notice historique et archéologique (1919) par Vitry Paul.

Voir aussi Cathédrale en architecture.

Cathédrale Notre Dame à Paris 4eme arrondissement
(Cathédrale Notre Dame, paris 4eme arrondissement)

bâtiment remarquable.

Informations structurelles

Cathédrale Notre Dame, Les origines de la cathédrale de Paris, malgré les savants travaux déjà publiés, sont encore très obscures. Dans les premiers siècles de notre ère, un temple païen s'élevait sans doute à l'extrémité orientale de l’île, appuyé en partie aux murailles de la cité. Plusieurs autels y étaient dressés aux dieux des Gaulois et à ceux des Romains, à Edus, au Taureau trigaranus, à Cernunnos, ainsi qu'à Jupiter, Vulcain, Mercure, Castor et Pollux ; un autre était consacré à Tibère. Les fouilles exécutées en 1711 pour la construction d'un caveau sous le choeur de la cathédrale ont fait découvrir quelques restes de ces autels. paris 4eme arrondissement, paris

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 169912
  • item : Cathédrale Notre Dame
  • Localisation :
    • Île-de-France
    • paris
    • paris 4eme arrondissement
  • Adresse : 6 place j paul ii prv notre dame 75004 paris 4eme arrondissement
  • Lieu dit : 6 Parvis Notre-Dame - Pl. Jean-Paul II, 75004 Paris
  • Code INSEE commune : 75104
  • Code postal de la commune : 75004
  • Ordre dans la liste : 0
  • Nom commun de la construction :
    • NC.
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction :
    • Nous n'avons aucune informlation sur les périodes de constructions de cet édifice.

Construction, architecture et style

  • Materiaux:
    • NC.
  • Couverture :
    • NC.
  • Materiaux (de couverture) :
    • NC.
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • NC.
  • Escaliers :
    • NC.
  • Décoration de l'édifice :
    • NC.
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :
    • Notre base de données ne comprend aucun élément particulier qui fasse l'objet d'une protection.
  • Parties constituantes :
    • NC.
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
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Autre

  • Divers :
    • NC.
  • Photo : c32185af4a5a4a80cde45fd612051f53.jpg

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