Manoir lieu dit Port-Pinché à Porte joie

 Ensemble du 17e siècle, très remanié.

Fief de Porpinché

Ce fief, rangé jusqu'en 1573 dans la sergenterie du Vaudreuil, fut à partir de cette époque mis au nombre des tenues nobles de la sergenterie de Vauvray. C'était un fief de haubert en chief et en membres (aveu de 1419), situé en la paroisse de Portejoie et qui consistait en manoir, maisons, masures, basse justice (aveu de 1419), colombier, jardins, gords, terres labourables, prés, grains, deniers, chapons, gelines, œufs, oiseaux, champarts, moultes, tornées, franchises de forêt, court et usage, rentes et reliefs (aveu de 1412). Le droit de relief était de 15 livres tournois et le fief relevait du Vaudreuil à cause de la terre de Léry. L'état de 1516 porte aussi que ce fief était tenu du roi en son château du Vaudreuil et les actes postérieurs l'ont, malgré des oppositions réitérées, mis au nombre des tenues nobles de la châtellenie.

Le fief de Portpinché paraît avoir appartenu au commencement du XIIIe siècle à Raoul Recusson qui, en 1209, donna à l'abbaye du Bec un tenement à Portejoie et un pré dans la prairie de Vauvray. En 1206, Raoul Recusson avait figuré comme témoin avec Robert de Louviers, Richard Havart, Guillaume Havart, prêtre, Durand, fils de Richard, Jourdain le Balistaire, Roger le Praier, Thomas le Valois (Walensis), Guillaume Barre, Guillaume du Gardin, Roger Seinesause, Robert, prêtre, Geofroy Pélerin, Robert, fils de Gode, etc., dans un contrat par lequel Estatin, seigneur de Pinterville, céda à Étienne du Mesnil l'Ile Jourdain et le gord de Courcelles moyennant une rente de 2 flèches barbelées.

En 1390, Guillaume le Chambellent, écuyer, était seigneur de Portpinché. Son fils Jehan commit sur Jehan de la Mare un guet-apens dont les détails sont atroces et il fut condamné à être pendu par arrêt de la cour de l'Échiquier. La sentence reçut son exécution en 1391, et voici ce qu'en dit une chronique manuscrite de la Bibliothèque Impériale: « En 1391, fu pendu au haut gibet de Rouen, un escuyer de noble lignée, nommé Portpinchié », dont le crime était « d'avoir bastu un paysan qui estoit en sauvegarde et tresves de luy ». La chronique remarque même « qu'il estrena le gibet ». Les sieurs de Jeucourt succédèrent à Guillaume le Chambellent.

Décembre 1403. Guillaume de Jeucourt, dit Sauvaige, seigneur d'Épreville.

Avril 1412. Pierre de Jeucourt, dit Compagnon, écuyer.

Novembre 1419. Pierre de Jeucourt, chevalier. Pierre laissa le fief d'Épreville à sa fille Jeanne, épouse de Louis de Fontaine, et le fief de Porpinché à son fils Jean de Jeucourt, écuyer, qui rendit aveu pour ce fief en 1457. Vers 1590, un autre Jean de Jeucourt, chevalier, était seigneur de Portpinché et de Livet. Le 10 mai 1610, sa veuve, Claude de Roncherolles, dame de Portpinché et de Jeucourt, fille de Pierre de Roncherolles, baron de Pont-Saint-Pierre et Heuqueville, gouverneur d'Abbeville, et de Charlotte de Moy, épousa René, marquis d'Épinay, comte de Rozendal, seigneur de Boisgueroult à Thouberville, vicomte de Buffon, etc., mestre de camp d'un régiment d'infanterie. Le seigneur de Boisgueroult mourut à Angoulême en 1615 étant au service du roi. Il laissait pour héritier son fils Pierre d'Épinay, seigneur de Boisgueroult et d'Épinay, comte de Rozendal, vicomte de Buffon, baron de Merlebeck, marié le 7 mai 1642 à Charlotte Guillard d'Arcy, fille d'honneur de la reine Marie de Médicis. De ce mariage naquirent deux fils et deux filles: Jean, le second, comte de Rozendal, capitaine d'infanterie, mourut à la bataille de Senef. L'aîné, François d'Epinay, page de la grande écurie en 1668, se signala au siège de Lille où il reçut une blessure, servit en Franche-Comté et fut tué en 1691. A cette date, le fief de Portpinché avait cessé d'appartenir à la famille de Boisgueroult. Déjà, lors du décret de la terre du Vaudreuil en 1659, le sieur Gavion, conseiller auditeur en la chambre des comptes de Normandie, agissant tant en son nom que pour plusieurs autres personnes, telles que le sieur Boullaye, tous créanciers de la dame de Boisgueroult, avait voulu faire valoir certaines prérogatives du fief de Portpinché. Il est probable que ce fief fut vers cette époque donné en payement aux créanciers précilès ou vendu à leur profît.

La famille Druel en posséda une partie dans la seconde moitié du XVIIe siècle. On compte parmi les membres de cette famille : Charles Druel, conseiller premier élu au Pont-de-l'Arche, mort en septembre 1678, veuf de Barbe Lepicard, décédée en mars 1668, et André Druel, frère de Charles, écuyer, fourrier du corps des logis du roi, gouverneur des ville et château du Pont-de-l'Arche, qui avait épousé Françoise de Fontenu. Un acte de 1671 parle d'Isays Druel, prêtre, ancien curé de Saint-Pierre-du-Vauvray, et de François Druel, écuyer, maréchal des logis des camps et armées du roi, demeurant à Portejoie. Ce gentilhomme était sans doute seigneur de Portpinché, comme semble l'indiquer le lieu de sa résidence.

Nous n'avons pas d'autres renseignements sur cette famille, à laquelle appartenaient aussi Charles Druel, diacre promoteur à Coutances, Antoine Druel, prêtre de Saint-Pierre-du-Vauvray, et Édouard Druel, écuyer, colonel au régiment de Crussol.

A la fin du XVIIe siècle, le sieur le Cornu de Bimorel était seigneur de Portpinché.

Dans un acte du 23 juin 1727, les sieurs de Rouville le Boucher, Lepaige, de Limerville-Lepaige et Boutren d'Hatanville prenaient le titre de propriétaires de la seigneurie de Portpinché. (Chart. du Vaudreuil) Suivant un contrat du 11 février 1772, avec le président Portail, le propriétaire de ce fief était à cette date « messire Anne-Louis-Roger de Bec-de-Lièvre, chevalier, comte de Cany, marquis de Quevilly, seigneur de Preteval, Maulheville et autres terres et seigneuries, officier des mousquetaires, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, demeurant ordinairement au château de Quevilly, près Rouen,... propriétaire de Portpinché, aux droits de noble dame Boutren d'Hatanville, son épouse... » (Chart. du Vaudreuil.)

Source : Recueil des travaux de la société libre d'agriculture, sciences, art et belles-lettres de l'Eure 1870.

Manoir  lieu dit Port-Pinché à Porte joie
Crédit photo : Portejoie (Manoir, porte joie)

bâtiment remarquable.

Informations structurelles

Manoir, Ce fief, rangé jusqu'en 1573 dans la sergenterie du Vaudreuil, fut à partir de cette époque mis au nombre des tenues nobles de la sergenterie de Vauvray. C'était un fief de haubert en chief et en membres (aveu de 1419), situé en la paroisse de Portejoie et qui consistait en manoir, maisons, masures, basse justice (aveu de 1419), colombier, jardins, gords, terres labourables, prés, grains, deniers, chapons, gelines, œufs, oiseaux, champarts, moultes, tornées, franchises de forêt, court et usage, rentes et reliefs (aveu de 1412). porte joie, eure

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 40853
  • item : Manoir
  • Localisation :
    • Haute-Normandie
    • Porte-Joie
  • Lieu dit : Port-Pinché
  • Code INSEE commune : 27471
  • Code postal de la commune : 27430
  • Ordre dans la liste : 6
  • Nom commun de la construction :
    • La dénomination principale pour cette construction est : manoir
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction :
    • La construction date principalement de la période : 17e siècle
  • Enquête : 1986
  • Date de versement : 1987 AVANT

Construction, architecture et style

  • Materiaux: 6 types de matériaux composent le gros oeuvre.
    • calcaire
    • moellon
    • brique
    • bois
    • appareil mixte
    • pan de bois
  • Couverture : On remarque 5 types de couverture différents :
    • toit à longs pans
    • pignon couvert
    • toit conique
    • pignon
    • toit
  • Materiaux (de couverture) :
    • L'élément de couverture principal est tuile plate
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • Etage type : 1 étage carré
  • Escaliers :
    • Un escalier a été répertorié dans notre base, il est de type : escalier dans-oeuvre
  • Décoration de l'édifice :
    • NC.
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :
    • Notre base de données ne comprend aucun élément particulier qui fasse l'objet d'une protection.
  • Parties constituantes : 5 parties constituantes distinctes relevées :
    • colombier
    • enclos
    • parties agricoles
    • par
    • part
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers :
    • Autre Information : propriété privée personne morale
  • Référence Mérimée : IA00018015

Le dossier complet est disponible : Conseil régional de Haute-Normandie - Service chargé de l'inventaire2, rue Maladrerie 76000 Rouen - 02.32.08.18.80

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Manoir  lieu dit Port-Pinché à Porte joie. par Portejoie
Manoir, porte joie

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