église paroissiale fortifiée Saint-Théodulphe à Gronard

Les églises fortifiées de la Thiérache

La Thiérache est une petite contrée dépendante de la Picardie ; elle s'étend vers le nord du département de l'Aisne et comprend principalement l'arrondissement de Vervins et ses environs. La capitale de la Thiérache était Guise ou Vervins. Outre ces deux villes, elle renferme Marie, Ribemont, Montcornet, Aubenton, Hirson, etc.

L'histoire de ce pays présente un triste tableau de guerres et d'invasions continuelles, surtout pendant l'époque de l'occupation des Pays-Bas par les Espagnols.

La manière de guerroyer au XVIe et au XVIIe siècle ne consistait pas seulement à s'emparer d'une ville, mais aussi à faire ce qu'on appelait des courses ; on venait par surprise ou par quelque hardi coup de main mettre une ville ou un village à contribution ; on pillait, ou on obtenait par menace ou par violence une somme d'argent et l'on se hâtait de repartir avant que des secours pussent arriver pour reprendre le butin.

Pour donner un exemple de ces courses qui continuèrent jusqu'au commencement du XVIIIe siècle, nous allons citer quelques extraits d'un manuscrit concernant Vervins.

Le 11 juin 1712, on eut avis à Vervins de l'arrivée dans les environs,du major général hollandais Grovestein, gouverneur de Bouchain, suivi d'un corps nombreux de cavalerie et de dragons que l'on pouvait évaluer à trois mille hommes. Arrivé au village de Fontaine, ce corps se divisa en vingt-huit escadrons et s'avança vers la ville.

Les fortifications de Vervins étaient, à cette époque, en très-mauvais état, de nombreuses brèches y avaient été pratiquées et l'accès en était facile. Il n'y avait point de parapet pour se mettre à couvert derrière le rempart et les portes vieilles et plusieurs fois raccommodées pouvaient être enfoncées sans grand effort.

La ville n'avait pour toute garnison que six compagnies de bourgeois et une de la jeunesse, le tout formant au plus cent soixante-quinze hommes, dont la moitié, vu leur pauvreté, ne possédaient ni armes à feu, ni munitions; les troupes du roi les plus rapprochées se trouvaient à Guise, à six lieues delà.

Tel était le triste état de cette place peu fortifiée, lorsqu'un habitant d'un village voisin vint annoncer cette sinistre nouvelle ; il était suivi à fort peu de distance par les ennemis.

Un officier se présenta presque aussitôt, accompagné d'un tambour, demandant que deux notables fussent désignés pour venir traiter de la rançon de la place avec le commandant.

M. Constant, curé, et M. Dupeuty, subdélégué, le suivirent aussitôt ; la ville, on l'a vu, n'était point susceptible de se défendre; et essayer de résister n'eût amené d'autre conséquence que le massacre des habitants et le sac de la cité.

Grovestein l'avait compris, aussi demanda-t-il de suite aux envoyés une somme de 100,000 livres. Après une longue résistance racontée avec grands détails par un témoin oculaire, Grovestein et quelques officiers vinrent seulement se rafraîchir chez le curé, laissant au dehors la cavalerie, qui, pendant ce temps, pilla deux des faubourgs, ainsi que l'Hôtel Dieu, dont les soldats profanèrent la chapelle, tirant les hosties du ciboire, mangeant sur l'autel et se livrant à une foule d'autres excès déplorables.

Le général hollandais, ayant entendu les supplications des habitants, consentit à réduire sa demande à 10,000 livres pour la course et 15,000 de contribution ; et comme on n'en avait pu réunir que 4,200 dans la ville, il emmena comme otages deux notables, après avoir séjourné cinq heures à Vervins.

Nous pourrions trouver beaucoup d'autres exemples de courses semblables pour Marie, la Capelle, etc.

La Thiérache, et principalement toute la partie septentrionale, était plus exposée que toute autre aux courses des Espagnols ou des soudiers des Pays-Bas.

En effet, la frontière n'était que faiblement défendue ; il n'y avait guère d'obstacles que dans quelques petites fortifications, à Aubenton, à Saint-Michel et à Hirson, localités susceptibles tout au plus de se défendre deux ou trois jours et nullement dans la possibilité de lancer au dehors un corps d'armée suffisant pour mettre en fuite une armée, ou l'arrêter dans sa marche et son invasion. Les véritables boulevards de ce côté étaient alors la Capelle, considérée comme la clef de la France, puis Guise et Vervins.

Tel est, en quelques mots, le tableau fidèle du nord de la Thiérache pendant plusieurs siècles. Cet état de choses amena, dans l'architecture des églises, une particularité assez remarquable; la plupart d'entre elles furent fortifiées et servirent de refuge surtout dans les villages : aussi les voit-on même encore aujourd'hui flanquées de deux, quatre ou six tours, et présenter les caractères d'une citadelle ou d'un fort susceptible d'opposer une certaine résistance. Les murs, généralement en grès ou en maçonnerie solide, portent l'empreinte de nombreuses balles ; on y trouve des meurtrières et des mâchicoulis.

Ces moyens de défense étaient suffisants ; lorsqu'un gros de partisans, un bataillon venaient fondre sur un village, on se réfugiait dans l'église et après avoir échangé un certain nombre de coups d'arquebuse, les partisans s'éloignaient, ne pouvant ou ne voulant pas faire un siège en règle lorsqu'il ne s'agissait que de quelque pauvre bicoque qui ne pouvait présenter pour eux aucun avantage sérieux.

Source : Revue de l'art chrétien : 1863

Gronard, canton de Vervins

  • Gronnars en 1230 (cartulaire de l‘abbaye de Foigny)
  • Gronnart 1251 (ch. de l'abbaye de Saint—Martin de Laon)
  • Gronart 1288 (cartulaire de l'abbaye de Thenailles)
  • Gronnar 1668 (baill. de Marfontaine)
  • Grosnart 1678 (archives communales de Gronard)
  • paroisse de Saint-Theodulfe-de-Gronart 1687 (archives communales de Gronard)

La seigneurie faisait autrefois partie du comté de Marle ; elle a été aliénée, le 15 octobre 1601, par les commissaires du roi Henri lV. L'église de cette commune a été érigée en chapelle vicariale le 20 février 1822. (Source : Dictionnaire topographique de la France par Auguste Matton 1871)

Description

Le choeur et le transept sont construits en moyen appareil. Ils sont voûtés d' ogives. Le choeur est couvert d' une croupe polygonale, le transept d' un toit à 2 pans se finissant en croupe. La nef et le massif occidental sont construits en brique. La nef est couverte d' un toit à longs pans. La partie occidentale est voûtée d' ogives au rez-de-chaussée. Elle comprend un massif de plan carré couvert d' un toit en pavillon supportant une flèche polygonale, et 2 tours circulaires couvertes d' un toit conique. Le 1er niveau de la tour sud est couvert d' une coupole. Un escalier à vis en maçonnerie autrefois situé dans la tour nord a disparu pour laisser place à une échelle. Des motifs de brique vernissée viennent décorer les élévations de la nef et du massif occidental : 1 entrelac, 6 croix losangées, 1 croix en X, 1 losange.

Les piliers de la croisée du transept sont les derniers vestiges encore visibles d' une église primitive du 12e siècle. La date de 1537 portée à 2 reprises sur un culot de la croisée témoigne d' une reconstruction et permet de dater avec précision l' ensemble actuel formé par le choeur et le transept. La nef et la partie occidentale ont semble-t-il été élevées d' un seul jet dans le 1er quart du 17e siècle. Elles constituent la partie fortifiée de l' église. Les murs nord et sud de la nef présentent les traces d' arrachements de 4 contreforts. Cet arasement pourrait dater du 4e quart du 18e siècle puisque en 1793 la municipalité fait construire contre le mur sud de la nef une école communale en bois aujourd' hui disparue. La flèche et la croix du clocher ont été remplacées en 1833. De gros travaux de consolidation ont eu lieu en 1854-56. L' auvent placé au dessus du portail date de la limite des 19e et 20e siècles. La partie fortifiée a été inscrite MH en 1927 et l' église classée MH dans son intégralité en 1995. (Source : Ministère de la culture)

église paroissiale fortifiée Saint-Théodulphe à Gronard
Crédit photo : Atchoum (église paroissiale fortifiée Saint-Théodulphe, gronard)

bâtiment remarquable.

Informations structurelles

église paroissiale fortifiée Saint-Théodulphe, La seigneurie faisait autrefois partie du comté de Marle ; elle a été aliénée, le 15 octobre 1601, par les commissaires du roi Henri lV. L'église de cette commune a été érigée en chapelle vicariale le 20 février 1822. gronard, aisne

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 1586
  • item : église paroissiale fortifiée Saint-Théodulphe
  • Localisation :
    • Aisne
    • Gronard
  • Adresse : place de l'Eglise
  • Code INSEE commune : 2357
  • Code postal de la commune : 02140
  • Ordre dans la liste : 2
  • Nom commun de la construction : 2 dénomiations sont utilisées pour définir cette construction :
    • église
    • église paroissiale
  • Etat :
    • Etat courrant du monument : restauré (suceptible à changement)

Dates et époques

  • Périodes de construction : 4 différentes époques marquent l'histoire du lieu.
    • 16e siècle
    • 2e quart 16e siècle
    • 17e siècle
    • 1er quart 17e siècle
  • Année : 1537
  • Enquête : 1997
  • Date de protection : 1995/03/10 : classé MH
  • Date de versement : 2004/09/28

Construction, architecture et style

  • Materiaux: 3 types de matériaux composent le gros oeuvre.
    • calcaire
    • brique
    • moyen appareil
  • Couverture : On remarque 7 types de couverture différents :
    • toit à longs pans
    • flèche polygonale
    • croupe
    • toit en pavillon
    • croupe polygonale
    • toit conique
    • toit
  • Materiaux (de couverture) :
    • L'élément de couverture principal est ardoise
  • Autre a propos de la couverture : 2 modes de couvrement répertoriés :
    • voûte d'ogives
    • coupole
  • Etages :
    • Etage type : 1 vaisseau
  • Escaliers :
    • Un escalier a été répertorié dans notre base, il est de type : échelle
  • Décoration de l'édifice : 2 formes de décor sont présentes :
    • vitrail
    • sculpture
  • Ornementation : 3 motifs orenementaux on été relevés :
    • nativité
    • calvaire
    • résurrection du christ
  • Typologie : La typologie relevée est composée de 2 éléments :
    • église fortifiée
    • décor de brique vernissée
  • Plan :
    • Plan Type 'plan en croix latine'

Monument et histoire du lieu

  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :
    • Notre base de données ne comprend aucun élément particulier qui fasse l'objet d'une protection.
  • Parties constituantes :
    • PArtie constituante relevée : cimetière
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers : 3 informations diverses sont disponibles :
    • calvaire
    • résurrection du christ et nativité respectivement sur les baies 0
    • 1 et 2. les baies 1 et 2 sont signées l. v. gesta/toulouse. propriété de la commune
  • Auteurs de l'enquête MH :
    • Brest Pierre-Yves
    • Ottaviani Judith
  • Référence Mérimée : IA02000411

Le dossier complet est disponible : Conseil régional de Picardie - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel5, rue Henry Daussy 80044 Amiens Cedex 1 - 03.22.97.33.73

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Détails d'un des piliers (Église Saint-Théodulphe de Gronard)

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Intérieur Église Saint-Théodulphe de Gronard


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