essai historique sur chamberjot

Pierre V., ancien élève de l'école qui a pris place au château de Chambergeot nous propose :

Essai Historique sur Chamberjot

Chronologie

Chronologie des seigneurs de Chamberjot, d'après des notes prises aux archives de Seine-et-Marne.

  • Le château actuel a été entièrement reconstruit sous louis XV, et on n'a gardé de l'ancien château ou manoir féodal que les douves et peut-être une grosse tour restaurée a la fin du XIXe siècle. A juste titre l'auteur(e) de cet essai se demande pourquoi une façade louis XIII si reconstruit en 1774 sous Louis XV ... ?
  • Cette tour, qui figure sur le plan de 1786, comprenait deux étages et un grenier mansardé. Elle était recouverte d'une toiture conique. Un escalier extérieur orné de balustres donnait accès au rez-de chaussée.
  • Cette tour a été malheureusement démantelée par le Baron de Cramer en 1954-1955.
  • Une plaque de foyer de cheminée provenant de cette tour est conservée chez Monsieur LECESNE, en sa propriété de VAUDOUÉ- (Seine-et-Marne), elle est ornée d'un blason composé d'un heaume et d'une cuirasse de lieutenant des armées de Flandre.
  • Les attributs extérieurs au blason comportent une couronne royale et des anges surmontés d'une devise de LOUIS XIV  "Seul contre tous".

Premiers seigneurs de Chamberjot

Au Moyen-âge le fief de Chamberjot relevait des dames du Couvent de CHELLES SAINTE BOULDOUR.

Le cartulaire de l'abbaye de CHELLE mentionne en effet un don fait en 1239 a l'église et abbaye de CHELLE par THIBAULT et ANSELLE de CHAMBERJOT, frères écuyers, pour le repos des âmes de leurs père et mère et pour leur anniversaire, d'un certain droit appelé ‘'transamentum''qu'ils avaient au territoire de Saint-Georges.

On peut supposer d'après ce document que Thibault et Anselle de Chamberjot et leurs parents possédaient au XIIIe siècle un château ou un manoir féodal.

Seigneurs de Chamberjot de 1456 à 1724

Notes généalogiques sur la famille Le JAU

Les Le JAU de CHAMBERJOT, originaires d'Anjou , étaient seigneurs non seulement de Chamberjot, mais aussi de MOIGNY ( en partie ) de Launay, de la GRANDE Rouge, du Rouvre ( fermes de Milly ) de la Charonnerie, avec bien entendu le tiers du droit de coutume de la ville de Milly, nommé ‘'Toully''.

Le premier connu est Maurice le JAU. En 1456. il achète a MOIGNY la moitié fief Cochet assis sur la rivière l'École. - Antoine Le JAU ( 1507) Alison, sœur du précédent, épouse Jean CHAUDET ( 1507) hérite avec son frère jean l'HUILLIER seigneur de VERTEAU et du chaine Coupé, décédé sans enfant. Jean, premier du nom, écuyer, seigneur de CHAMBERJOT de VERTEAU LE ROUVRE LA GRANDE ROUGE, LAUNAY et autres lieux, fit fondation en 1583 de la Chapelle Saint Hubert dans le château de CHAMBERJOT.

Une cloche encore en place porte la date 1581.

Dans cette chapelle sont inhumés les corps de madame BASSET 1908 et Dominique LELOU (1906).

Jean, fils du précédent, conseiller du Roi, au parlement.

Jerosme, fils du précédent, écuyer, seigneur de Chamberjot. Henry, son fils, Conseiller du Roi, écuyer, auditeur a la chambre des Comptes.

Jérôme ? Le JAU fit construire en 1640, un logement prés de la chapelle pour le chapelain de celle-ci.

La Croix Saint Jérôme est comprise dans le domaine limité par des bornes portant la lettre "C".

Philibert, sieur de Chamberjot Conseiller du Roi. (1658) (voir informations complémentaires)

Jean Henri Le JAU, époux de Angélique Anne-Marie de la GUERINIERE, écuyer, seigneur de Chamberjot, du Coudray et Launay.

3 mars 1718, Jean Le Jau, seigneur de Chambergeau, cy-devant capitaine au régiment du Roy, infanterie (Revue nobiliaire, héraldique et biographique / publiée par M. Bonneserre de St-Denis 1862).

Sa veuve vend le fief du Moulin Gauffin sis derrière le fort, château de MOIGNY, au baron de Milly le 21 aout 1719.

Jean, fils du précédent, époux de Jeanne, Geneviève Françoise Hodoart de VAUJOUAN , seigneur de CHAMBERJOT par acte du 21 aout 1724 (voir référence complémentaire).

Jean Achille Le JAU, décédé au château le 23 janvier 1763 époux de Geneviève Thérèse Henriette le JAU décédée a Paris en 1756.

Jean Paul le JAU un des onze enfants Le JAU (voir références complémentaires).

Les seigneurs de CHAMBERJOT avait droit de haute et basse justice.

Avant 1900, selon un ancien instituteur de NOISY SUR ECOLE, on pouvait voir les restes de la potence. Le lieu porte le nom de la justice de CHAMBERJOT. Il s'agit de la colline gréseuse cote 120, située a l'extrémité du ‘'chemin de face'' partant de la porte principale du domaine du château de CHAMBERJOT sur la D 16.

Successeurs des seigneurs Le Jau de Chambergeot

Antoine Louis DUPRE de SAINT MAUR, officier aux gardes Françaises, Seigneur de CHAMBERGEOT par sa femme Jeanne Geneviève Henriette Billiard de Loriette, seule héritière de Geneviève Le JAU de CHAMBERGEOT, sa mère, unique héritière de Jean Achille le JAU de CHAMBERJOT (voir informations complémentaires).

Leur fils Hippolyte ayant émigré pendant la Révolution, Antoine Louis DUPRE de SAINT MAUR, son épouse et sa fille furent arrêtés le 21 septembre 1793. Emprisonné quinze mois a la maison d'arrêt de FONTAINEBLEAU, Antoine Louis DUPRE de SAINT MAUR, fut saisi de tous ses biens.

Sa femme Jeanne Geneviève Henriette BILLARD de LORIERE, décédée a son château de CHAMBERJOT le 24 mai 1828, est inhumée dans la chapelle funéraire de l'Eglise Notre Dame a NOISY-SUR-ECOLE.

Sous l'ancien régime, le château de CHAMBERJOT faisait partie de la capitainerie de FONTAINEBLEAU.

DUPRE DE SAINT MAUR, alors lieutenant aux Gardes Françaises, demande la permission d'établir une clôture dans sa propriété. Monsieur de MONTMORIN lui répond le 4 juillet 1780, en lui demandant un plan qui sera soumis au Roi, lequel s'est réservé d'accorder les permissions (voir référence complémentaire).

Famille Menardeau

Le château appartient par mariage au Comte Jean Baptiste de MENARDEAU, marié a Mademoiselle DUPRE DE SAINT MAUR.

Leur fille, Marie Monique Amélie de MENARDEAU décède au château de CHAMBERJOT, le 11 octobre 1826.

Le comte Jean Baptiste de MENARDEAU décède au château de CHAMBERJOT le 15 mai 1833.

Tous deux sont inhumés dans la chapelle funéraire de l'Église Notre Dame de NOISY SUR ECOLE, a coté de Jeanne Geneviève Henriette BILLIARD de LORIERE, mère de la comtesse de MENARDEAU.

Famille Pinguet

Alexandre PINGUET décédé au château de CHAMBERJOT le 3 décembre 1871.

Le château appartenait a Ernest PINGUET en 1930.

La route des grandes Vallées, portait autrefois le nom de ‘'Route a PINGUET''.

Autres propriétaires connus

Le château appartient successivement aux familles BASSET en (1914)

Schifts en ho CRAMER (1956)

Famille de Henri d'Artault (1789 ?) (voir informations complémentaires)

Annexe

Antoine-Louis Dupré de Saint Maur

Dupré Saint Maur, sa femme, sa fille, ex-nobles, domiciliés à Fontainebleau, arrêtés le 23 septembre 1793, libérés en brumaire an III par ordre du Comité de sûreté générale.

Antoine-Louis Dupré de Saint Maur, âgé de 50 ans, et Jeanne-Geneviève-Henriette Billard, son épouse, domiciliés à Fontainebleau du 3 février 1792, ont deux enfants, un âgé de 17 ans, la fille de 19; ignorant la résidence de son fils; le mari a été arrêté le 21 septembre 1793 par le Comité, et la femme le 11 frimaire, en vertu de l'ordre du citoyen Couturier, représentant du peuple au département de Seine-et-Oise; ci-devant officier aux Gardes Françaises jusqu'au 3o décembre 1787 et capitaine en second et ex-noble; son revenu est de trente six mille livres de rente sur lequel il y a à déduire 20000 livres de rentes qu'il est chargé de payer; ses relations sont relatives à ses affaires; a été électeur en 1789, commandant ensuite de la Garde Nationale; le 10 août, à sa campagne dite Chamberjeau; ses opinions inconnues au Comité.

Par arrêté du 9 germinal an II, le représentant .Maure maintient en réclusion Dupré Saint Maur, père d'émigré, femme Dupré Saint Maur, mère d'émigré.

Dupré de Saint-Maur a raconté dans une lettre écrite en 1816 (publiée dans l'Abeille de Fontainebleau le 5 mai 1905) les périls qu'il courut pendant la Révolution:

"... des habitants de Chéroy, qui, quoique me connaissant pour un propriétaire ayant habitation à La Borde-Vaujouan et des biens dans la paroisse de Villegardin dont j'étois seigneur haut justicier, vouloient après m'avoir arresté dans une auberge où je venois coucher, revenant de Sens, après m'avoir pris mes deux chevaux et les avoir envoyés de suite à Sens, me mettre à mort sur la place de Chéroy. C'était dans les premiers jours de septembre 1792. La garde nationale, la municipalité s'assembla; j'étois connu, étant depuis 18 ans mari de la propriétaire des biens susnommés et y venant souvent faire les affaires; malgré cela il y a eu deux heures de dispute sur mon sort, et par son éloquence et sa fermeté tant dans la municipalité que sur la place, M. Bernier obtint que laissant mes chevaux et étant gardé la nuit par la garde nationale, je serois ramené le lendemain par les chevaux du maire de Chéroy et deux gardes au district de Nemours; ce qui fut fait. Le district me laissa libre, fit venir des chevaux de poste et je fus ainsi reconduit à Chamberjot chez moi à quatre lieues et demi de Nemours. Forcé de quitter Chamberjot, je me réfugiai à Fontainebleau j'y ai passé quinze mois dans une maison d'arrêt; j'ai été saisi dans tous mes biens, puis ayant perdu 12000 livres sur 15000 livres de rente que j'avois sur l'État, j'ai été séparé de biens d'avec Mme Dupré de Saint-Maur et n'ai plus eu occasion de retourner à Chéroy."

Le château de Chamberjot, tout éloigné qu'il était de Fontainebleau, n'en faisait pas moins partie de la capitainerie. Sur la demande que lui adresse Dupré de Saint-Maur, alors lieutenant aux gardes françaises, pour obtenir la permission d'établir une clôture dans sa propriété, M. de Montmorin lui répond en lui demandant un plan, qui sera soumis au roi, lequel s'est réservé d'accorder ces permissions (4 février 1780).

  • Titre : Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais
  • Auteur : Société historique et archéologique du Gatinais
  • Éditeur : Impr. E. Bourges (Fontainebleau)
  • Date d'édition : 1883-1939

Jean-François d'Aldart, frère de Joseph, fut inhumé dans l'église de Mignères, le 3 mai 1731 en présence de son frère, de sa belle-soeur et de Jeanne-Geneviève Hodoart, femme de messire Jean Le Jau, chevalier, seigneur de Chamberjot, Triguères, Courtoiseau, Villegardin, La Borde et autres lieux, chevalier de l'ordre de Saint-Lazare.

  • Titre : Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais
  • Auteur : Société historique et archéologique du Gatinais
  • Éditeur : Impr. E. Bourges (Fontainebleau)
  • Date d'édition : 1883-1939

La notice de M. le chanoine Porée sur Jean-Paul Le Jau, haut-doyen d'Evreux et vicaire général (Evreux, 1913, in-8; extr. du Recueil des travaux de la Société libre de l'Eure, 6e série, X), est consacrée à faire revivre une grande figure du clergé ébroïcien, dont l'influence fut considérable sous l'épiscopat de Msr de Péricard, et dont le zèle s'appliqua aussi bien à la fondation d'établissements religieux qu'au catéchisme et aux livres liturgiques du diocèse.

Né à Paris le 6 janvier 1570, mort en 1631, il était l'un des onze enfants de Jean Le Jau, conseiller au Parlement de Paris, seigneur de Chamberjot près de Milly-en-Gâtinais et de Verteau près de Nemours; et le petit-fils sans doute de Jean Le Jau qui fut autorisé par le roi, en mai 1545, à fortifier le village de Verteau. Cette famille a joué un rôle assez influent dans la région, et l'un des frères du vicaire général d'Évreux devint un ligueur fort acharné.

  • Titre : Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais
  • Auteur : Société historique et archéologique du Gatinais
  • Éditeur : Impr. E. Bourges (Fontainebleau)
  • Date d'édition : 1883-1939

Les lettres de convocation, du 24 janvier 1789, furent suivies d'un règlement du roi en vue des cahiers à dresser par chaque ordre. La première séance eut lieu le 9 mars 1789, sous la présidence de Louis-Marie, vicomte de Noailles, lieutenant général de Guyenne et grand bailli d'épée du bailliage de Nemours. (...)

Défaut fut donné contre les curés d'Amponville, de Boulancourt et d'Ury. La noblesse comptait dans son sein, pour les seigneuries situées en l'une ou l'autre des paroisses qui se trouvent aujourd'hui dans le canton de La Chapelle-la-Reine messire Henri d'Artault, chevalier, seigneur de Chamberjot, Pierre-Marie du Lau, vicomte d'Allemans, seigneur de Boulancourt; Antoine de la Trémouille, prince de 'Talmon, marquis de La Chapelle-la-Reine Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, duc d'Orléans, (...)

  • Titre : Annales de la Société historique et archéologique du Gâtinais
  • Auteur : Société historique et archéologique du Gatinais
  • Éditeur : Impr. E. Bourges (Fontainebleau)
  • Date d'édition : 1883-1939

Un exemple de contestation de la noblesse attribuée aux auditeurs se trouve dans un arrété du Conseil d'Etat du 20 octobre 1668, qui maintient Marguerite de Hodic, veuve de Philebert Le Jau, en la qualité de veuve d'un gentilhomme et ses enfants en celles de nobles et d'écuyers. Philebert Le Jau, écuyer, sieur de Chamberjot, conseiller du Roi et auditeur ordinaire des Comptes, avait un frère, Henri, aussi auditeur; ce dernier et sa belle-soeur (la veuve), inquiétés par les préposés à la recherche des usurpateurs de noblesse, durent avoir recours au Conseil d'Elat, d'où l'arrêt ci-dessus.
Armes de Le Jau : "De gueules trois losanges d'argent, deux en chef et une en pointe".
"Les officiers de la Chambre des Comptes de Paris, jouissent des privilèges des secrétaires du Roi, d'après un Ar. du 30 avril 1697."

  • Titre : La Nouvelle revue héraldique, historique et archéologique
  • Éditeur : [s.n.?] (Lyon)
  • Date d'édition : 1917-1947

Antoine-Louis Du Pré-de-saint-maur, Chevalier, né le 26 Juillet 1743, reçu, le 4 Mars 1757, Mousquetaire du Roi dans la première Compagnie, successivement premier Enseigne au Régiment des Gardes-Françoises, Sous-Lieutenant des Grenadiers le 21 Mars 1762, a épousé, le 17 Mai 1774, Jeanne-Genevieve-Henriette Billard de Loriere, fille d'Armand Charles-Gui Henri Billard de Loriere, & de Dame Geneviève-Thérese le Jau-de-Chamberjot, dont - Agathe-Madelene Du Pré, née & batisée , le 8 Mars 1775, à Saint Sulpice.
Les armes: mi-parti d'azur, à la bande d'or, chargée de trois cosses de poix de sinople, qui font celles des Seigneurs De Cossigny; & d'argent, à la fasce de sinople, accompagnée de trois treffles de même, posés deux en chef & un en pointe.

Source : Dictionnaire de la noblesse Par François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Badier 1776 ?