Guillaume III de Gibelin (1205-1212)

Un acte qui existait aux archives de la chartreuse de Durbon, du temps d'Artus de Lionne constate qu'en 1205, Guillaume de Gibelin, prieur de ce couvent, fut élevé au siège épiscopal de Gap. Cet acte est une donation que fit Azon de Bénévent, à la chartreuse, de tout ce qu'il possédait à Valserres. Trois ans après, le 8 juin 1208 il rendit avec Pierre de Grimaldi évêque de Vence, une sentence arbitrale, réglant des contestations qui s'étaient élevées entre Raimond, archevêque d'Embrun, et le chapitre de cette métropole, relativement à l'argent qui provenait des mines de l'Argentière. L'affaire fut portée devant le pape Innocent III, qui commit l'évêque de Fréjus et celui de Riez, pour connaître de la cause, et terminer les débats. Ces deux prélats firent comparaître à leur tribunal les parties, et après avoir consulté Pierre, évoque de Digne, et Guillaume de Gibelin, ils prononcèrent une sentence arbitrale, qui confirmait un premier jugement rendu, quelques années auparavant, par le même Guillaume de Gap, et l'abbé de Boscaudon. Par ce jugement, auquel les parties étaient tenues de se conformer, sous peine d'excommunication, on ordonna qu'il y aurait la paix entre l'archevêque et ceux de l'Eglise d'Embrun qui suivaient son parti, et le prévôt et les autres chanoines ses adhérents. Les juges ordonnèrent au prévôt, avant toutes choses, de rendre en tout le respect et l'obéissance qu'il devait à l'archevêque, comme à son père et son supérieur, et qu'aussi l'archevêque chérirait et honorerait le prévôt comme son fils. L'on procéda ensuite à un règlement de partage. et pour les mines d'argent, il fut dit que le revenu en serait partagé par égales portions, et le reste, en proportion suivant ce qui en avait été décidé par l'évêque de Gap et l'abbé de Boscaudon, et qui avait été confirmé par le pape Luce III.

Deux ans auparavant, en 1206, sous l'épiscopat de Guillaume de Gibelin, saint François d'Assise passa à Gap, et y laissa quelques-uns de ses disciples pour y fonder une maison de son Ordre. Guillaume se trouva au concile qui s'ouvrit à Avignon, le 6 septembre 1209, sous la présidence du légat Milon qui mourut peu de temps après ; on y excommunia les Toulousains, pour n'avoir pas chassé les hérétiques de leur ville. Notre évoque consentit à l'établissement des religieux Trinitaires à la Motte du Caire, paroisse de son diocèse, située de l'autre côté de la Durance. Enfin, malgré le diplôme impérial de 1178, qui soumettait les évoques de Gap à ne reconnaître pour suzerains que les empereurs d'Occident, Guillaume, sur l'ordre du pape Innocent III, en 1212, rendit hommage à Raimond Bérenger, comte de Provence et de Forcalquier. Il mourut cette même année.

La France pontificale (Gallia Christiana) Diocèse de Gap, par Honoré Jean P. Fisquet 1864.