Guillaume II (1180-1203)

Né à Gap même, il était depuis 1172 abbé de Saint-Denys, en France, quand il fut élevé au siège épiscopal de sa ville natale il parait avoir conservé le gouvernement de ce monastère jusqu'au 10 mai 1186, époque où, quoique gouvernant avec autant de zèle que de sagesse, il déplut à Philippe-Auguste, et où Hugues Foucaud prit en main le sceptre abbatial. Ce qui est certain, c'est que Guillaume ne trouvant pas assez explicites les prérogatives accordées par Frédéric Barberousse, aux évêques de Gap, obtint du même empereur, le 29 septembre 1184 et en 1186, des lettres-patentes qui le maintenaient en la jouissance des privilèges et des droits régaliens dans l'étendue de son diocèse, et notamment de ceux qu'il possédait dans la ville de Gap et dans les communautés de Rambaud et de Rabon. Il était dit de plus, dans le second acte impérial, que nul ne pouvait acquérir de fief dans l'étendue des terres de l'Eglise, sans le consentement de l'évêque. Il termina, sans que nous puissions en préciser l'année, un différend qui s'était élevé entre les Templiers de Lus et les Chartreux de Durbon, au sujet des pâturages dont les uns et les autres se disputaient la propriété.

On trouve la signature de Guillaume sur un acte du 3 novembre 1185 par lequel le même empereur Frédéric confirmait à la demande de Lantelme, abbé de la Chaise-Dieu, tous les biens de ce monastère.

Guillaume, avant d'embrasser la vie monastique, avait étudié la médecine, et était un homme fort instruit pour son époque. Il s'était appliqué à l'étude du grec, genre de connaissance alors très-peu répandu en Europe. Il traduisit en latin l'éloge de saint Denys l'Aréopagite, composé par Michel Syncelle, patriarche de Jérusalem, et une vie anonyme du philosophe Secundus. Ces écrits et plusieurs autres qu'on lui attribue, sont restés inédits. Nous ignorons la date précise de la mort de Guillaume, mais on ne peut guère la fixer avant l'an 1203; quelques annalistes, il est vrai, prétendent bien qu'en 1201 il eut sur le siège de Gap, un successeur appelé Grégoire, mais comme ils n'apportent aucune preuve de l'administration d'un prélat de ce nom, sur lequel les catalogues sont muets, nous sommes autorisés à croire que Guillaume ne mourut que vers l'an 1203, ou peut-être même en 1204. On peut consulter sur Guillaume de Gap, l'Histoire littéraire de la France, tome XIV, page 374.

La France pontificale (Gallia Christiana) Diocèse de Gap, par Honoré Jean P. Fisquet 1864.