Forges royales de la Chaussade à Guerigny

Guérigny (Gué au feu) forme une commune d'environ 3,000 âmes, assise à 1 kilomètres au Nord de Nevers sur les deux branches de la Nièvre, très-petite rivière non navigable. Les forges que Guérigny possède sont désignées sous le nom de Forges impériales de la Chaussade.

Ce n'était qu'une pauvre bourgade formée de cabanes couvertes de chaume, lorsque Herman, évêque de Nevers, en fit don, en 841, aux soixante chanoines de son chapitre.

Ce pays subit d'autant plus le joug féodal qu'il était situé dans une province très-recherchée bien plus pour les facilités qu'elle offrait aux passions dominantes, la chasse et la pèche, qu'à cause de ses produits industriels. Aussi, voyait-on s'élever de toutes parts d'innombrables forteresses ; on en comptait onze sur la Nièvre, près de Guérigny, dans un rayon de 8 à 10 kilomètres. Sept sont encore debout. Ces manoirs protégèrent efficacement les forges et villages contre les déprédations des reîtres soudoyés par les factions politiques ou religieuses. Telle fut l'action protectrice que le château de Villemenant exerça sur les populations de la paroisse de Guérigny.

La terre de Villemenant, fief mouvant de la Motte d'Ourouër, appartenait avant 1341 à la famille de Veaulce. Jean de Veaulce, seigneur de Villemenant, fut député par la noblesse de la province, en 1405, à Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, comte de Nivernais, lors de sa joyeuse entrée dans sa bonne ville de Nevers. C'est lui qui fit construire sous Jacques Coeur, argentier de Charles VII, le vieux castel que nous admirons encore aujourd'hui. Sa jolie façade extérieure, sur laquelle fait saillie l'élégante tourelle de l'escalier, rappelle le style original de la Renaissance.

De la seigneurie de Villemenant dépendaient un haut-fourneau, la forge de la Poëlonnerie et celle de Marcy, ateliers qui formèrent le noyau du grand établissement dont nous nous occupons. Les descendants de Jean de Veaulce n'en négligeaient pas l'exploitation. Les usines devinrent même, un siècle plus tard, si considérables sur la lièvre, aux environs de Nevers, que les bourgeois de cette ville (1560), effrayés d'une progression toujours croissante dans le prix des bois, présentèrent une requête au roi pour faire démolir, supprimer, abattre toutes les forges établies à trois lieues, avec défense d'on construire d'autres ; et, ce qu'auront peine à croire les industriels de nos jours, le roi approuva leur demande.

Les forges de Villemenant, éloignées de trois lieues et demie, échappèrent naturellement à cette étrange mesure.

La propriété, à la fin du 16e siècle, change de maître ; elle appartient à Philippe de Lange. Son fils, Arnault, baron de Cuir et de Château-Renaud, seigneur de Marcy et Villemenant, capitaine de chevau-légers au régiment du duc d'Enghien, acheta, en 1638, au prix de 8000 livres tournois, la terre de Guérigny, au chapitre de Nevers. Immédiatement, il fait élever à la jonction des deux branches de la Nièvre, une grosse forge avec roues, soufflets et. marteau hydrauliques. La construction de ce nouvel atelier souleva d’ardentes discussions entre le baron de Lange et le seigneur de Bizy, propriétaire d’une forge et d'un haut-fourneau situés en amont ; elles portaient sur l’interprétation des règles à suivre pour l’écoulement des eaux et sur la hauteur à donner aux empellements et déversoirs. Et, fait curieux, ce ne fut que le 10 février 1865, à la suite d'une entente cordiale entre le comte de Bizy et les agents de la marine, que ces stériles débats cessèrent ; ils avaient duré 227 ans !

L'accroissement des usines ayant amené la concentration au village de Guérigny d’une population ouvrière assez considérable, il fallut songer à l'approvisionner des denrées indispensables à la vie. Dans ce but, M. de Lange, profitant de ses relations avec les grands personnages du temps, obtint, en 1640, par lettres patentes de Louis XIV, l’établissement de deux foires par année, et d’un marché par semaine.

De cette époque date une ère nouvelle pour Guérigny. Ses fers sont tellement recherchés que Colbert lui-même, dans ses notes au marquis de Seignelay, en recommande remploi d’une manière toute spéciale dans les arsenaux militaires. Seignelay, ministre de la marine, non-seulement suivit les prescriptions de son père, mais encore les transmit à ses successeurs.

ll en fut ainsi jusqu’en 1722, année où Guillaume de Lange, petit fils du baron Arnault, marquis, colonel d'infanterie, qui menait à Paris avec sa femme, Charlotte de Puysieux, un train de grand seigneur de la Régence, vendit la plus belle partie de la propriété, afin de payer ses dettes ; il ne conserva que le manoir de Villemenant et quelques terres à l'entour.

L'acquéreur, M. Masson, banquier à Paris, paya les forges, terres et. bois, 131,800 livres.

Source : La Revue maritime par Institut français de la mer 1869

Forges royales de la Chaussade à Guerigny
Crédit photo : pierre bastien (Forges royales de la Chaussade (anciennes), guerigny)

bâtiment classé.

Informations structurelles

Forges royales de la Chaussade (anciennes), De la seigneurie de Villemenant dépendaient un haut-fourneau, la forge de la Poëlonnerie et celle de Marcy, ateliers qui formèrent le noyau du grand établissement dont nous nous occupons. Les descendants de Jean de Veaulce n'en négligeaient pas l'exploitation. Les usines devinrent même, un siècle plus tard, si considérables sur la lièvre, aux environs de Nevers, que les bourgeois de cette ville (1560), effrayés d'une progression toujours croissante dans le prix des bois, présentèrent une requête au roi pour faire démolir, supprimer, abattre toutes les forges établies à trois lieues, avec défense d'on construire d'autres. guerigny, nievre

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 95832
  • item : Forges royales de la Chaussade (anciennes)
  • Localisation :
    • Bourgogne
    • Nièvre
    • Guérigny
  • Code INSEE commune : 58131
  • Code postal de la commune : 58130
  • Ordre dans la liste : 3
  • Nom commun de la construction :
    • La dénomination principale pour cette construction est : forge
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction : 4 différentes époques marquent l'histoire du lieu.
    • 18e siècle
    • 2e moitié 18e siècle
    • 19e siècle
    • 1er quart 19e siècle
  • Année : 1824
  • Dates de protection :
    • 1982/10/05 : inscrit MH
    • 1991/09/13 : classé MH
    • 1991/09/13 : inscrit MH
  • Date de versement : 1993/11/26

Construction, architecture et style

  • Materiaux:
    • NC.
  • Couverture :
    • NC.
  • Materiaux (de couverture) :
    • NC.
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • NC.
  • Escaliers :
    • NC.
  • Décoration de l'édifice :
    • NC.
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Interêt de l'oeuvre : Projet de musée ; Présence d'une forge dès la fin du 17e siècle
  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :7 éléments font l'objet d'une protection dans cette construction :
    • clôture
    • grille
    • atelier de fabrication
    • atelier
    • abri
    • logement
    • sol
  • Parties constituantes :
    • NC.
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers : 2 informations diverses sont disponibles :
    • propriété de la commune
    • propriété d'une association 1992
  • Détail :
    • Ateliers subsistants (cad. AN 179, 180) : inscription par arrêté du 5 octobre 1982
    • Bâtiment à clocheton, dit les grosses Chaînes (cad. AN 180) : classement par arrêté du 13 septembre 1991
    • Logement dit des Câbles
    • bâtiment dit La Longère
    • bief
    • grilles
    • sol
    • matériel technique subsistant (cad. AN 89, 179) : inscription par arrêté du 13 septembre 1991
  • Référence Mérimée : PA00112901

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Forges royales de la Chaussade (anciennes), guerigny
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