Cathédrale à Nancy

L'insuccès des négociations entamées à Rome, par le duc de Lorraine Charles III, pour obtenir l'érection d'un siège épiscopal dans la capitale de ses Etats, le fit se déterminer à solliciter, ce qu'il obtint sans difficultés, la création, à Nancy, d'une collégiale dont le premier dignitaire aurait le titre de Primat, qui serait indépendante de la juridiction de l'Ordinaire diocésain et ne relèverait que du Siège apostolique.

Aussitôt l'expédition des bulles pontificales, qui eut lieu le 14 mars 1602, le prince fit construire, à l'endroit où s'élève aujourd'hui l'église Saint-Sébastien, une primatiale provisoire où le nouveau chapitre commença l'office divin le 1er janvier 1604. Mais le voisinage du marché public et de l'Hôtel de Ville parut bientôt peu convenable, et pour le temple lui-même, et pour les chanoines appelés à y chanter les louanges de Dieu.

Le cardinal Charles de Lorraine, évêque de Metz et de Strasbourg, légat du Saint-Siège et fils de Charles III, avait acquis des Dames-Prêcheresses le terrain aujourd'hui compris entre les rues Saint-Georges, du Manège, des Tiercelins et Montesquieu ; il en fit l'abandon spontané pour y élever une nouvelle primatiale et les maisons des chanoines. Il avait, au préalable, sollicité et obtenu du pape de réunir plusieurs bénéfices, dont il était titulaire, pour en former la manse du primat et celle du chapitre.

Une seconde église fut aussitôt construite en cet endroit et avec une telle activité qu'en 1609, le personnel de la collégiale s'y vint installer après y avoir transporté, de la première provisionnelle, comme l'on disait alors, les saintes reliques, les ornements et le corps du Cardinal fondateur et premier primat, décédé le 24 novembre 1607. Placée au chevet de la cathédrale actuelle, elle était orientée du midi au septentrion et avait la façade tournée vers la porte Saint-Jean. Néanmoins elle ne devait être encore que provisoire.

Elle n'était pas achevée, en effet, que déjà l'on creusait les fondations d'un monument définitif et pour l'érection duquel Antoine de Lenoncourt, second primat, qui déjà avait fait confectionner, à Milan, une châsse magnifique pour y reposer les reliques de saint Sigisbert et enrichi la nouvelle collégiale de plusieurs ornements précieux, avait destiné une somme de trois cent mille francs. Il ne les donna pas, dit l'abbé Dumolart, en raison de l'obstination du Chapitre à vouloir, sans doute en présence des plans de Laruelle, que, comme la voisine, sa principale face regardât la porte Saint-Jean. De fait, la première pierre en avait été posée au midi, le 1er juillet 1607 ; mais après avoir constaté la défectuosité d'une telle orientation, le 6 mai 1610, on la reporta vers l'orient, comme l'indique l'inscription dont l'abbé Lyonnois a conservé le texte.

On se mit immédiatement à l'œuvre : les fondations des gros murs, dans tout le pourtour de l'édifice, furent en peu de temps achevées et montées au-dessus du sol jusqu'à la hauteur de 15 pieds. Mais bientôt le manque de fonds, les événements politiques et les fléaux qui, successivement, vinrent s'abattre sur la malheureuse Lorraine pour la désoler, la dépeupler et la ruiner, firent suspendre, pour un temps, et enfin abandonner l'entreprise, si bien que les chanoines durent continuer l'office dans leur seconde provisionnelle jusqu'en 1742. Disons, en passant, qu'en cette année, l'architecte Gauthier, ayant averti ces ecclésiastiques que la charpente de leur église menaçait ruine; saisis de frayeur ils n'y voulurent plus attendre, seulement jusqu'au premier novembre, leur intronisation définitive dans la nouvelle primatiale, mais qu'ils se retirèrent dans l'église conventuelle des Tiercelins où, le 5 mai, ils transportèrent le Saint Sacrement et la châsse de saint Sigisbert.

Ce ne fut qu'après un siècle écoulé que Charles de Lorraine, électeur de Trêves, évêque d'Osnabruck et d'Olmutz, sixième primat, reprit, de concert avec son auguste frère, le duc Léopold, l'œuvre commencée sous le règne de Henri II. Ces deux princes firent quelques provisions de matériaux dès l'an 1698, mais voulant accélérer l'exécution de leur projet, Léopold nomma, et fit agréer par le pape, l'abbé Dumolart, écolâtre de la primatiale, pour économe et administrateur des biens et revenus de la manse du primat et directeur des travaux de construction de l'édifice à élever.

S. M. l'Impératrice et S. A. I. le Prince Impérial à la cathédrale de Nancy

Premières constructions

Durival avance que la primatiale actuelle a été commencée sur les plans et les dessins de Saint-Urbain qui conduisit l'ouvrage; néanmoins nous n'avons pas une seule fois rencontré le nom de ce célèbre graveur ni celui de son fils dans toutes les liasses que nous avons consultées pour la rédaction de cette notice. Nous avons trouvé celui de Mansard, neveu, qui se serait inspiré pour l'ensemble du nouvel édifice, de l'église Saint-André-du-Val, à Rome. Nous lisons, en effet, dans les très-humbles remontrances que M. l'abbé Dumolart adressait à Stanislas, le 15 juin 1745 : Le bâtiment de la nouvelle primatiale de l'ordre corinthien a été réglé et résolu avec un dôme magnifique suivant les plans et dessins de M. Mansard appelé à ce sujet et qui ont été remis à M. de Bouzey ; et dans un « Mémoire de ce qu'il y aurait à faire pour le perfectionnement de l'église » présenté le 15 janvier 1743, le même économe, après avoir signalé certaines modifications défectueuses apportées dans la construction de l'abside, ajoute : « Il faut avouer que c'est insulter à la mémoire de M. Mansard qui a donné le plan de cette église, et qui l'a fait approuver par les plus fameuses académies de France et d'Italie. »

La version de M. l'abbé Dumolart est d'autant plus acceptable, qu'occupé de la construction de la nouvelle basilique, depuis sa fondation et pendant trente années, ce chanoine savait parfaitement ce qui se passait à cette époque ; elle l'est encore par ce motif que Jean Hardouin Mansard se trouvait à Nancy, dans les premiers jours de 1700, envoyé qu'il y avait été par Louis XIV au duc Léopold, pour lui faire les plans d'un nouveau palais qui réunirait l'agrément et la commodité. Ce fut donc d'après les données du célèbre architecte du grand roi que ceux de S. A. R. les sieurs Betto et Révérend établirent leurs plans partiels et leurs devis, lesquels néanmoins subirent diverses modifications. La pensée dominante de ces hommes de la confiance du prince, était de doter Nancy d'un monument qui surpassât en élégance les plus belles églises de la Lorraine et du Barrois, et qui égalât au moins les plus remarquables du royaume de France. De la travée d'intersection delà nef et du transept, devait s'élancer, à la hauteur de 90 pieds, un magnifique dôme avec son couronnement, ce qui explique tout d'abord l'écartement des deux tours du portail qui, plus rapprochées, auraient masqué cette imposante construction. Nous dirons plus loin pourquoi ce projet grandiose n'a pas été exécuté.

Le 15 janvier 1703, le sieur de Mahuet, seigneur de Lupcourt, assisté de MM. de Ponze, résidant de M. le Prince Charles, Deney et Phulpin, grand-doyen et écolâtre de la primatiale, André, intendant et directeur des bâtiments de S. A. R., Betto et Révérend, architectes, Lefebvre, conseiller de S. A et l'abbé Dumolart, le sieur de Mahuet, intendant de l'hôtel et des finances, directeur at administrateur de la nouvelle église, fit procéder à l'adjudication au rabais des fondations de ce monument. Emond Jacquart, l'emporta sur ses concurrents et les travaux lui furent adjugés au prix de 4 liv. la toise cube de démolition des anciens murs, y compris le parfait nettoyage des moellons à remettre en œuvre; 4 liv. 5 sols, celle des terres d'excavation et leur déblai; 15 liv. celle de maçonnerie, et 150 liv. le cent de solives de charpente mises en œuvre, le tout conformément au devis.

On dut commencer par la bénédiction de la pierre angulaire qui fut posée, le 3 septembre de cette année 1703, par S. A. S. le prince François, au nom de ses augustes frères Léopold-Clément et Charles de Lorraine, 6e primat. Pour la cérémonie, qui se fit avec solennité, l'entrepreneur Jacquart avait préparé en lieu convenable: un autel orné, des marches duquel l'abbé de Nay, grand-doyen, récita les prières et répandit l'eau bénite, un marteau, une truelle d'argent et un tablier de maçon en moire aussi d'argent.

Cette première pierre suffisamment creusée renferme une plaque en rosette, gravée par les orfèvres Lenoir et Crox, portant au sommet les armes de Lorraine et d'Orléans, à droite, celles du Prince Charles, à gauche, celles du prince François, au bas, celles du chapitre, et au milieu, l'inscription que voici d'après l'abbé Lyonnois :

D. 0. M.

Mrm Christian ce M, D. CC. JJI. die iij mensis septembris, Leopoldus I, Lotharingiœ et Barri Dux, Jerosolymorum Rex, Caroli V Principis invictissimi sapientissimus filius, cum Elisabetha Carola, Francorum Régitinepte inclyta amantissima ejus uxore et serenissimus ac piissimus Princeps Carolus à Lotharingia Osnabrugensis et Olomugensis Episcopus, Archiprior Castiliœ et Lolharingiœ primas, insigne hoc templum à Carolo Illvotisprœconceptum, duobuspost sœculum annis opus expetitum diu magnificentissimo apparatu pietali proavorum obsequentes religiosi neptes suis extruunt sumptibus, Serenissimus Francisais à Lotharingia Stabulensis Princeps etBozonisvillœ Abbas, Leopoldi aller germanus frater primum lapident tanto opère dignus posuit, atque in hujus beneficii anathema aggratulante clero, spcctante numeroso populorum* cœlu, perennc hoc monumentum posuerunt reverendissimi Domini.

Lyonnois avance qu'à chaque angle de la plaque commémorative, on a enchâssé une médaille ; d'après les documents que nous avons sous les yeux, ces médailles préparées par les graveurs que nous avons ci-dessus nommés, ont été enfermées dans une double boite de plomb et de bois et scellées comme la plaque dans la cavité de la pierre.

Tout étant ainsi disposé, on se mit à l'œuvre et l'on continua jusqu'à ce que les fondations fussent arrasées à la hauteur du sol intérieur. Il y eut un temps d'arrêt. En 1707, les architectes crurent reconnaître que cette base de l'édifice n'offrait pas assez de garantie d'une parfaite solidité; aussitôt, ils mirent en chantier Emond Jacquart pour la consolider par l'adjonction de plus de quinze cents blocs de pierre, mesurant ensemble plus de huit mille pieds cubes, et de plus de deux mille quatre cents toises de moellons, tant amenés des carrières qu'extraits des anciennes fondations.

En 1708, le 6 février, le sieur André présenta un devis des constructions à élever sur ces fondements consolidés, depuis le rezpied jusqu'à la corniche du couronnement intérieur du premier ordre de l'édifice et, pour la façade, jusqu'au-dessus des pilastres et des colonnes qui, depuis le palier du perron s'élèveraient à la hauteur d'environ 22 pieds. Le 2 mars suivant, ces travaux furent adjugés aux sieurs Emond Jacquart, Gentillàtre et Gabory qui, suivant l'une des conditions du devis, s'engagèrent à les terminer dans l'espace de deux ans.

Sérieuse reprise des travaux

Sans avoir été complètement arrêtés après l'achèvement du premier ordre d'architecture, les travaux languirent jusque vers la fin de 1714.

A cette époque, le marquis de Lunaly-Visconty, nommé, par brevet du 3 août de la même année, nouvel administrateur par le Primat, reçut ordre de faire incessamment travailler à l'état de la dépense que nécessiterait l'achèvement de la primatiale, pour y célébrer au plus tôt l'office divin. En conséquence, l'architecte Guesnon dressa le devis de la maçonnerie et de l'architecture; Henri de Pont-à-Mousson, celui de la charpente, et le dessinateur Demangeot en traça les profils. A la fin de janvier 1715, des affiches imprimées chez Gaydon, placardées dans les principales villes des duchés, firent savoir que le lundi 25 février, il serait procédé à l'adjudication au rabais des ouvrages à exécuter pour l'entier achèvement de la nouvelle église.

Cette opération eut lieu le 23 avril, en présence de M. le marquis de Lunaty-Visconty, administrateur, assisté de MM. de Tornielle, grand-doyen, Lefebvre, procureur-général ès-chambre des comptes, Falloy, secrétaire, et Betto, architecte. Les sieurs Pierre Gabory et Jacques Mérard, furent déclarés adjudicataires et poursuivirent l'entreprise avec beaucoup d'activité.

Les ouvrages de grosse charpente pour la couverture des diverses parties de l'édifice ont été adjugés, le 1er juillet 1717, à Claude Didion, maître charpentier à Charmes-sur-Moselle, à raison de 250 liv. le cent de solives de chêne et de 40 liv. le cent de planches de sapin. Le chêne lui était fourni par la primatie, comme on l'a dit, mais il en devait faire état à raison de 26 sols la solive. Didion poursuivit ses travaux jusqu'en 1722 qu'ils furent entièrement terminés ; il y avait employé 11376 solives de grosse charpente et 4312 solives de bois débité.

Le sieur Louis Jeammaire, maître couvreur, s'est chargé de la fourniture et de la pose des ardoises à raison de 18 liv. la toise carrée. On lui avait procuré d'abord 69,000 aissins et cent mille clous pour les assujettir. Commencé en 1718, son travail était terminé à la fin de 1722. Mais les chenaux avaient été, dans tout le pourtour de la couverture, faits en bois de chêne recouvert d'une lame de plomb. Malgré les 83,000 livres de ce métal employés à cet usage, les eaux pluviales eurent bientôt détérioré les conduits d'une manière notable. Sur la fin de 1737, l'architecte Gabory accompagné du couvreur, du plombier et d'un géomètre constata le dégât et fit observer qu'il fallait au plutôt songer à le réparer. C'est seulement alors que l'on substitua, au plomb et au bois, de la meilleure pierre de Viterne dont chaque pièce, de largeur suffisante, aurait, au moins, trois pieds de longueur.

On commença les voûtes en 1720. Les architectes Betto et Révérend, peu confiants dans la solidité des gros murs et appréhendant un écartement comme il s'en était produit dans les églises Notre-Dame et Saint-Epvre de Nancy, proposèrent d'employer pour ces voûtes, sur une étendue d'au moins cinquante toises, de la pierre de taille, d'autant que la courbe est de plein cintre et que les briques, aussi massives que la pierre de Savonnières, donneraient une trop forte poussée. Mais après examen attentif du diamètre des voûtes, de l'épaisseur des murailles, de la solidité des piliers butants derrière les arcs doubleaux, les architectes Guesnon et Gentillâtre estimèrent que ces voûtes pouvaient être construites en briques, avec la seule précaution d'en faire un choix intelligent.

Dôme de la Primatiale

Nous avons dit que, dans le plan de Mansard, il était fait mention d'un dôme à élever au point d'intersection de la nef et du transept, et que c'est la pensée d'une telle construction qui a déterminé l'écartement des deux tours du portail. Déjà on avait commencé cette partie de l'édifice quand, dans les premiers jours de 1721, l'architecte Betto fit part, à M. l'abbé Dumolart, de ses observations sur la nature du sol où gisent les fondations du monument. Il lui représenta que ce fond de terrain est d'un sable mouvant, toujours humide, parfois couvert d'eau et partout peu solide; que l'expérience l'a prouvé par les fractures arrivées aux tablettes des vitraux de deux chapelles, et par la lézarde prolongée jusqu'au bas des murs qui les supportent; que la maçonnerie des fondements, faite de moellons de toutes sortes, n'était pas assez solide, que l'élévation des murailles s'était opérée avec trop de rapidité et sans soins, qu'en un mot, on avait visé bien plus à l'économie qu'à la solidité, d'où il concluait au danger de poser, sur une pareille base, un dôme de proportions considérables.

Par surcroit et pour donner plus de poids à sa décision, le même architecte Betto réunit ses collègues Guesnon et Révérend, auxquels il adjoignit le sieur Marchal, aussi architecte et conducteur des bâtiments de S.A.R. à Lunéville, pour juger de la valeur des remarques qu'on vient de lire, et, de plus, examiner avec lui les piliers et les arcs doubleaux destinés à supporter le dôme projeté. Visite faite de ces supports, il fut décidé, à l'unanimité, qu'on ne pouvait, sans risques sérieux, élever sur leur tête une construction qui, d'après le projet, devait avoir quinze toises de hauteur, à prendre du dessus des arcs doubleaux jusqu'au dessous de la lanterne; que ces arcs étaient trop faibles et mal préparés, que les piliers eux-mêmes sur lesquels reposerait toute la masse, n'avaient pas la solidité requise, l'extérieur seul étant en pierres de taille, tandis que l'intérieur n'était qu'en moellons ordinaires; qu'enfin la toiture ayant d'élévation une douzaine da pieds en sus de ce que portait le devis, le dôme se trouverait en partie enseveli dans les combles et perdrait de son élégance, si l'on n'avisait à le dégager par des moyens qui, à leur tour, ne seraient pas sans de graves inconvénients. La conclusion de ces nouveaux experts était naturellement encore la simplification du plan de Mansard.

Cette seconde décision, pas plus que la première, ne persuada l'abbé Dumolart qui sollicita et obtint une troisième expertise. Par ordre de S. A. R.,M. deBoffrand, son premier architecte, se rendit à la Primatiale où, après avoir pris connaissance des décisions motivées qu'on vient de lire, il procéda lui-même, en présence de ses collègues Guesnon et Betlo, de l'entrepreneur Gabory et de l'abbé Dumolart, à une nouvelle investigation des diverses parties du monument jusqu'alors exécutées. Après un minutieux examen et l'audition des conducteurs de l'entreprise, le 22 avril de cette année 1721, il rédigea son procès-verbal par lequel il déclara :

  • Que les deux fractions de murs extérieurs ne portent aucun préjudice à la solidité de l'édifice;
  • Que les fondations n'offrent aucun indice de mauvaise construction;
  • Que le bâtiment a été commencé, savoir : les fondations en 1702, les murs hors du rez-de-chaussée en 1708 et montés jusqu'à la hauteur des impostes des arcades de la nef; et en 1709 jusqu'au dessous de l'entablement de l'ordre corinthien à l'intérieur;
  • Que les travaux ont été suspendus jusqu'en 1715 qu'on a élevé la construction jusqu'à la corniche des piédestaux, sur laquelle porte la première retombée de la voûte; qu'en 1716 et 1717 on en a poursuivi l'élévation jusqu'au dessus de l'entablement destiné à recevoir la charpente de la nef, du chœur, du transept et fait la couverture sur ces diverses portions ; qu'en 1720 on a posé les arcs doubleaux du dôme et fait les voûtes en totalité, de sorte que les fondations et murs d'élévation ont eu le temps de se consolider, ainsi qu'il l'a remarqué par les tranchées qu'il a fait faire au long des murs de la nef, et que l'on ne remarque dans l'ensemble aucun tassement ni aucun dérangement partiel.

« Nous estimons aussi, continue de Boffrand, que les quatre arcs doubleaux de la croisée de l'église, en l'état qu'ils sont présentement ne sont pas suffisants pour porter le dôme, dont tout le poids pèse sur eux et sur la saillie des pendentifs; que cependant ce dôme nous parait nécessaire pour la dignité et la décence de cet édifice, et sans lequel il n'aurait, extérieurement, sur les autres édifices de la ville aucune apparence ni distinction ; que pour l'élever avec solidité et sûreté, il est nécessaire de démolir les dits arcs doubleaux jusqu'à la hauteur où sont actuellement les pendentifs et plus bas s'il est nécessaire, en cas que l'on reconnaisse après la démolition que l'appareil n'en soit pas suffisant ; qu'il est nécessaire de donner aux voussoirs des arcs doubleaux de cinq à six pieds de coupe et de les relier par des crossettes ou assises des pendentifs; qu'il est nécessaire de laisser un peu d'espace entre le dessus des archivoltes et le dessous de l'architrave de l'entablement circulaire au bas du dôme, afin de donner plus de coupe aux voussoirs du milieu de l'arc ...

« Il est à remarquer que le comble de ladite église, ayant présentement 30 pieds de hauteur, au lieu de 15 environ que marquaient les premiers dessins, il est nécessaire d'élever à proportion la maçonnerie du stylobate qui porte le dôme, pour qu'il ne paraisse point engoncé dans la rencontre des combles et que les appuis des vitraux du dôme soient en glacis, en sorte que les pointes desdits combles n'en offusquent pas les jours, suivant les règles d'optique.

« Et attendu qu'il nous a été dit que sous les quatre arcs doubleaux de la croisée de l'église, la fondation n'a pas été continuée ainsi que dans le vide des autres arcades de ladite église ; nous estimons qu'il est nécessaire de remplir lesdites fondations de maçonnerie dans la largeur des quatre pilliers, depuis le bon fonds jusqu'au rez-de-chaussée, afin de diminuer par ce moyen la grande hauteur de ces piliers et les entretenir dans un état plus stable. »

Informé des résultats de l'expertise de son premier architecte, Léopold fit mander à Lunéville les sieurs abbé Dumolart, Betto, Guesnon et Gabory, pour conférer, avec les sieurs Cléret, contrôleur de ses bâtiments, Christophe Marchal, conducteur, Jean Marchal, appareilleur de ces ouvrages de maçonnerie sur la possibilité d'élever le dôme projeté.

Après avoir entendu le sieur Betto sur ce qu'il soupçonnait le fonds de manquer de solidité, la lecture du procès-verbal de la visite du sieur de Boffrand, le 22 avril précédent, examiné les plans et profils dressés par le même architecte, suivant les modifications indiquées dans le document précité, les experts conclurent unanimement à l'affirmative, moyennant la scrupuleuse exécution des moyens qui venaient de leur être proposés. Si ces moyens ne furent pas employés, si le dôme n'exista jamais qu'en projet, il est présumable qu'il ne le faut attribuer qu'au surcroît de dépenses qu'auraient exigé les modifications proposées par l'habile architecte, et reconnues indispensables par des connaisseurs instruits et consciencieux.

C'est donc à tort que Lyonnois a écrit que l'abbé Dumolart, impatient de voir la fin de l'ouvrage, qu'il avait suivi pendant plus de quinze ans et qu'il suivit encore autant d'années après, dit un jour au duc Léopold que les fondations ne soutiendraient pas un second ordre ; que le prince le crut et ordonna de couvrir et de faire les voûtes. Le respectable économe avait, au contraire, tellement à cœur l'achèvement parfait de la basilique, à la construction de laquelle il avait consacré la meilleure partie de son existence que, vingt ans après l'entière confection de la coupole, le 15 Juin 1742, il adressait au roi de Pologne de très-humbles remontrances, dont voici un extrait:

« Le bâtiment de la nouvelle primatiale, de l'ordre corinthien, a été réglé et résolu avec un dôme magnifique suivant les plans et dessins dressés par M. Mansard, appelé à ce sujet, et qui ont été remis à M. de Bouzey. Si cette église en était privée, elle n'aurait rien au-dessus des églises de France en réputation »

« Les tours de Saint-Paul de Londres n'approchent pas celles de la Primatiale, qui surpassent ces premières en délicatesse et en hauteur ; mais leur distance enlève une partie de leur beauté, construites qu'elles ont été pour avoir un dôme qui remplirait le vide.

« Les plans, dessins, profils et élévation du dôme remis à M. de Bouzey, et celui de M. de Boffrand, ci-joint, qui rectifiera le premier dessin de M. Mansard, particulièrement pour la hauteur et la charpente feront l'admiration des connaisseurs.

« La dépense irait à 150,000 livres, et l'on mettrait quatre ans pour la construction, afin d'agir avec mesure et prévenir les dangers. » Mais en même temps, l'abbé Dumolart indiquait le moyen de réaliser le montant de cette dépense; de plus, il offrait un fonds de 6,000 francs, dont la rente à 5 % serait destinée à l'entretien du dôme, à la décharge de la fabrique.

Le digne économe ne s'arrêta pas encore à ces remontrances; l'année suivante (1743), il rédigea un nouveau mémoire de ce qu'il estimait devoir être fait pour donner à la nouvelle église un aspect plus monumental. Il lui voulait une longueur proportionnée à sa largeur, par conséquent un prolongement du chœur de 14 à 15 pieds de roi, deux nouvelles ouvertures du côté de l'abside, un supplément de six stalles de chaque côté, et, par ce moyen, l'assainissement de ce chœur, la mise en état des chanoines de louer Dieu en santé, la conservation du prélat et l'élimination des inconvénients du dépôt de la châsse de saint Sigisbert au-dessus du siège primatial. Si, dans les motifs sur lesquels l'abbé Dumolart appuie son projet, il en est qui provoquent le sourire, on en trouve de plus sérieux, et qui révèlent certains détails intéressants :

« En l'exécutant: les plans, dessins, dépenses et dispositions faites par les sieurs Boffrand et Betto, architectes, suivant les ordres des ducs Léopold et François et particulièrement ceux de S. A. E. le prince Charles, primat, qui a donné pour la construction de l'église au-delà de 600,000 livres, seront effectués. Les intentions de ces grands princes ont été qu'il serait construit un baldaquin dans la croisée à gauche, près de l'autel des reliques; en conséquence, le sieur Betto a fait faire le fondement pour rétablir le baldaquin qui subsiste dans l'ancienne église, fait par le seigneur primat Antoine de Lenoncourt, sur lequel la châsse du saint a reposé jusqu'à ce qu'il a plu à MM. les administrateurs des derniers ouvrages de la placer dans le chœur. Cette position telle qu'elle est actuellement (1743), est désapprouvée du public qui ne la voit pas à découvert, enfermée qu'elle est dans un coffre sur lequel on s'est contenté d'écrire en lettres d'or : corpus sancti Sigisberti. Le prétexte de faux jours et la crainte du froid ont fait fermer des vitraux qui donnaient du jour au chœur ; mais il faut avouer que c'est insulter à la mémoire de M. Mansard, qui a donné le plan de cette église et l'a fait approuver par les plus fameuses académies d'architecture de France et d'Italie.

« On a affaibli le gros mur qui ferme le chœur afin d'y pratiquer un escalier pour lequel monter, on a fait une porte dans la menuiserie qui appuie et soutient la chaire du seigneur primat, inconvénient très intéressant pour sa santé... Il y a toujours une distance entre cette porte et la menuiserie ; l'air qui y pénètre et s'y corrompt investit le seigneur primat de tous côtés et lui causera une maladie. Ce vide de trois pieds et demi de profondeur et de trente de hauteur servira de retraite aux chauves-souris, aux chouettes et autres oiseaux nocturnes, mauvais accompagnement à la relique du saint et au seigneur prélat.

« Depuis Pâques jusqu'à l'Ascension et dans les calamités publiques, on descend, au moyen d'une manivelle, la châsse qu'il faut remonter ensuite. Elle repose complètement sur le couronnement de la chaire du prélat ; s'il arrivait qu'un cran de la manivelle vint à se détraquer, la châsse, suspendue en l'air, tomberait, et si le prélat était dans sa chaire !

« Pour la commodité du chœur, le petit orgue de l'ancienne église devait être placé dans la croisée à gauche, vis-à-vis la relique de saint Sigisbert Un facteur offrait de confectionner un grand orgue pour 12,000 livres l'administrateur n'a pas accepté... il a préféré des cloches. »


La coupole

Le dôme avait été sérieusement entrepris, puisque d'après un règlement de compte arrêté par les architectes de Boffrand et Guesnon, l'économe dut payer aux entrepreneurs une somme de 385 livres 2 sols pour perte de pierres déjà taillées et mises en place, et pour main-d'œuvre des ouvriers. L'exécution en ayant été abandonnée, comme nous l'avons dit, on se réduisit à le remplacer par une coupole qui serait ornée de peintures, et on y mit la main sans désemparer. La charpente en fut achevée en 1722. Le premier décembre de cette même année, Claude Jacquart, hérault d'armes, peintre de S. A. R. souscrivit l'engagement de faire, moyennant 2000 liv. tournois, la peinture de l'intrados de cette coupole, suivant le dessin qu'il en avait lui-même composé, et qu'il soumit à l'approbation de Léopold. Il estima que les dépenses accessoires, comme achat de carton, couleurs, huile et autres, dépasseraient 1800 liv., et de fait, il lui fut délivré 100 liv. pour l'outremer seulement, qu'il employa aux pendentifs.

Il n'est pas sans intérêt de connaître les principaux détails de la composition de Jacquart, et des précautions dont il s'environna pour donner à son œuvre toute la perfection désirable.

Le dessin, a-t-il écrit, représentera la gloire céleste, dont le sujet principal est la Sainte-Trinité. L'Esprit-Saint, sous la forme de colombe, éclairera tout l'ouvrage, Dieu le Père et Dieu le Fils seront assis sur des nuées et environnés d'anges. Au-dessous, la sainte Vierge assise, présentant à la Trinité saint Sigisbert, dont le corps reposera dans l'église, et saint Charles Borromée, patron du primat fondateur. Entre ces deux groupes, seront saint Jean Baptiste, ensuite saint Etienne et d'autres martyrs.

Viendra l'ancien Testament figuré par Adam et Eve, les patriarches, les prophètes, les sacrificateurs jusqu'à Moyse et Aaron.

Le nouveau Testament sera représenté par saint Pierre, saint Paul et les autres Apôtres ; dans un autre groupe, par quatre docteurs de l'Eglise, les saints Athanase, Grégoire-le-Grand, Jérôme et Ambroise.

Les vides laissés par ces principaux groupes seront remplis par plusieurs saints martyrs et confesseurs, et par des anges de différente grandeur et portant, les uns des palmes pour les martyrs, et les autres des couronnes pour les vierges.

Dans les pendentifs qui ont 39 pieds et plus de longueur, et plus de 22 de hauteur, seront représentés les quatre évangélistes avec leurs attributs et d'autres sujets analogues pour remplir la superficie.

Ce plan primitif a dù être modifié pendant l'exécution. M. le chanoine Rosières qui a étudié cette belle fresque, eu a fait une description qu'il n'est pas hors de propos de conserver dans l'hypothèse d'une restauration qui serait fort à désirer.

Au centre, la sainte Trinité; plus bas, la sainte Vierge, saint Jean-Baptiste, l'archange Michel, saint Sigisbert. A côté d'Adam et d'Eve, plusieurs patriarches entre lesquels Noé tenant élevé, à côté de l'arche, le rameau d'olivier; plus loin, le sacrifice d'Abraham et Melchisedech. Du côté opposé à ce groupe et faisant face à Adam, Moyse tenant les Tables de la loi; à sa droite, Job, Tobie, David tenant sa harpe, Judas Machabée, et au-dessus, le prophète Elie enlevé au ciel sur un char de feu. A droite encore, en regardant du milieu de la nef, les apôtres entre lesquels on distingue les saints Pierre et André, puis a leur suite, les martyrs, les docteurs, désignés par le peintre, et avec eux saint Charles qu'il a sans doute jugé mieux placé que dans son premier dessin. A l'ombre d'une aile de l'un des anges groupés au-dessous de saint Sigisbert, on aperçoit, dans un médaillon, un personnage à longue chevelure; c'est Jacquart lui-même qui, ayant à peupler un ciel, ne pouvait manquer de s'y ménager une place.

Après l'indication sommaire du plan général de sa composition, l'artiste expose les moyens qu'il compte mettre en œuvre pour le bien exécuter:

« L'esquisse coloriée que je fais, a-t-il écrit, a près de 12 pieds de hauteur.... j'étudie toutes les parties séparément les unes des autres, pour me guider tant dans l'ensemble que dans le coloris, et donner à l'ouvrage une harmonie aussi parfaite que possible. Il faut, en outre, faire les carions de même grandeur que l'ouvrage lui-même, les dessiner avec exactitude, en colorier à la détrempe les parties principales et les mettre en place pour juger, depuis le rez-de-chaussée, de l'effet produit à dislance.

» L'esquisse et les cartons coloriés me coûteront beaucoup, a-t-il ajouté, d'autant qu'il me faut presque constamment avoir en présence, un modèle à qui je donne 50 sols par jour. »

De nouveaux détails ne nous paraissent pas moins intéressants. On lit toujours avec profit ce qu'ont pensé, ce qu'ont dit, ce qu'ont fait des artistes d'élite, d'autant plusdéfiants d'eux-mêmes, d'autant plus soucieux de s'identifier avec les sujets qu'ils avaient à traiter, d'autant moins préiomptueux qu'ils, comprenaient mieux les effets à produire et les difficultés à vaincre pour imprimer à leurs œuvres le sceau du génie:

« Pour faire une bonne fresque, il faut ne faire enduire que ce qui peut être peint dans la journée, ce qui, avec la fourniture de la chaux et du sable, exige la présence continuelle d'un maçon à coté du peintre. Avant d'appliquer la peinture sur les pendentifs et afin de la soustraire à l'action de la pierre, il est indispensable d'enlever le mortier des joints, de le remplacer par un bon mastic, et de donner au moins quatre couches d'une couleur à teinte claire.

« Il faudra trois années, dit encore Jacquart, pour faire le travail comme je me propose de le faire. Deux étés pleins pour le dôme, huit mois pour les pendentifs, sans compter le temps d'hyver que j'employerai à étudier la manière de rendre l'ouvrage plus parfait, car les plus petites figures seront deux fois plus grandes que nature, et les plus grandes auront, quoique assises, près de 16 pieds de hauteur. »

Claude Jacquart avait traité de la peinture de la coupole, avec l'économe de la primatiale, pour la somme que nous avons indiquée ; mais il résulte d'autres documents extraits, par M. Henri Lepage, des comptes des receveurs et des trésoriers généraux de Lorraine, que notre artiste a été plus largement rétribué. Nous en reproduisons seulement ici la partie la plus curieuse.

Jacquart qui, probablement, n'avait souscrit à l'abbé Dumolart un engagement à prix réduit, que parce qu'il était assuré d'une raisonnable compensation d'autre part, adressa au duc Léopold une requête dans laquelle, après avoir reproduit en abrégé la plupart des détails qu'on vient de lire, il s'exprime en ces termes:

« Claude Jacquart ose dire sans prévention que tous les peintres et connoisseurs de ce pays qui l'ont veu et même le sieur Bibiani, fameux peintre italien (auquel on peut demander le sentiment), avouent publiquement qu'il n'y a point dans ce pays d'ouvrage de cette sorte ny mieux exécuté quoique très-difficil et très-fatiguant; ainsy Jacquart a-t-il donné toute son attention pour le perfectionner, s'en faisant un point d'honneur.

« Toutes ses études et cet ouvrage l'ont tenu déjà un an entier, il a fourni toutes les couleurs et autres choses nécessaires, payé de ses deniers les massons qui ont enduits et les manœuvres qui ont fait le mortier et changé souvent ses échaffaux.

« Votre Altesse Royale luy fit l'honneur de luy dire qu'il tire ce qu'il pourroit du sieur abbé du Molar et que le surplus elle luy feroit donner à mesure que l'ouvrage s'avanceroit, il n'a touché jusqu'à présent dudit abbé que douze cent livres, luy ayant dit qu'il ne pouvoit luy donner que deux mille livres en tout, et Votre Altesse Royale luy a fait donner trois cents livres, ainsy c'est quinze cent livres que le remontrant a perceu jusqu'à présent, ce qui ne suffit pas pour les frais qu'il a fait sans comprendre ses peines, il a la moitié de ladite calotte à faire à fresque, et les quatre angles à l'huile, l'impression desquels coûteront plus de quatre cents livres sans les couleurs et les peines pour l'exécution. C'est pourquoy il supplie très humblement Votre Altesse Royale qu'elle ait la bonté de luy faire délivrer l'argent nécessaire pour continuer ledit ouvrage, en faire les avances nécessaires, les éludes et l'aidera subsister pendant l'hyver qu'il y sera occupé et il redoublera ses vœux au Ciel pour la conservation du règne de Votre Altesse Royale. »

En conséquence de cette supplique, Léopold fit donner à Jacquart, le 16 novembre 1724, un à-compte de 300 livres, et le 11 août 1727, un autre à-compte de 500 livres.

M. de Boffrand était venu à Lunéville : Jacquart supplia le duc de faire examiner et estimer par cet habile architecte, l'ouvrage qu'il avait exécuté à la Primatiale de Nancy, ce queLéopold accorda le 23 mars 1728. M. de Boffrand formula le résultat de son expertise comme on va lire:

« Nous soussigné, premier architecte des bâtiments de Son Altesse Royale, suivant l'ordre cy-joint, après avoir examiné la coupole de la primatiale de Nancy et les pendentifs au-dessous, le tout peint par le sieur Jacquart, avons estimé ledit ouvrage de peinture à la somme de treize mille livres, sur laquelle somme sera déduit les sommes qu'il a reçu à compte, fait à Lunéville le deux avril mil sept cent vingt huit. Boffrand. »

Son Altesse Royale s'est chargée du paiement des ouvrages dont s'agit, déduction faite des deux mille livres dont le sieur Dumolart était convenu avec l'artiste; et de fait, Jacquart, sur l'ordre de Léopold, contresigné Rutant, reçut à Lunéville, le 27 août 1728, des mains du sieur Antoine, trésorier-général des finances, la somme de 8900 livres pour compléter celle que le sieur de Boffrand avait fixée dans son estimation.

Ainsi, le gigantesque ouvrage de peinture que l'on admire dans la cathédrale, n'a été payé que 13,000 livres, qui feraient aujourd'hui plus de 26,000 francs.

L'œuvre de Jacquart touchait à sa fin quand, le 5 juin 1725, les sculpteurs Dumont et Chauvel soumissionnèrent, moyennant 600 livres, la confection de la frise qui forme la corniche de la coupole au-dessus des arcs doubleaux, et qui consiste en 32 consoles et autant de panneaux proportionnés suivant les modèles fournis par MM. de Boffrand et Guesnon. Nicolas Castal, dit Pinceau, qui, l'année précédente, avait doré la Croix de Lorraine, la boule et les ornements du balcon de la première tour, se chargea de peindre cette corniche, les ornements d'architecture qui la décorent et les arcs boutants voisins, selon qu'il lui serait indiqué, et d'avoir terminé sa tâche pour la fin d'octobre. De fait, Jacquart accepta le travail de Castal le 5 novembre et lui fit compter 450 liv. de prix convenu ...

Source : La cathédrale de Nancy: notice descriptive et artistique par Pierre Étienne Guillaume 1870.

Cathédrale à Nancy
(Cathédrale, nancy)

bâtiment classé.

Informations structurelles

Cathédrale, L'insuccès des négociations entamées à Rome, par le duc de Lorraine Charles III, pour obtenir l'érection d'un siège épiscopal dans la capitale de ses Etats, le fit se déterminer à solliciter, ce qu'il obtint sans difficultés, la création, à Nancy, d'une collégiale dont le premier dignitaire aurait le titre de Primat, qui serait indépendante de la juridiction de l'Ordinaire diocésain et ne relèverait que du Siège apostolique. nancy, meurthe et moselle

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 84962
  • item : Cathédrale
  • Localisation :
    • 54
    • Nancy
  • Code INSEE commune : 54395
  • Code postal de la commune : 54000
  • Ordre dans la liste : 15
  • Nom commun de la construction :
    • La dénomination principale pour cette construction est : cathédrale
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction :
    • Nous n'avons aucune informlation sur les périodes de constructions de cet édifice.
  • Date de protection : 1906/08/09 : classé MH

Construction, architecture et style

  • Materiaux:
    • NC.
  • Couverture :
    • NC.
  • Materiaux (de couverture) :
    • NC.
  • Autre a propos de la couverture :
    • NC.
  • Etages :
    • NC.
  • Escaliers :
    • NC.
  • Décoration de l'édifice :
    • NC.
  • Ornementation :
    • NC.
  • Typologie :
    • NC.
  • Plan :
    • NC.

Monument et histoire du lieu

  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :
    • Notre base de données ne comprend aucun élément particulier qui fasse l'objet d'une protection.
  • Parties constituantes :
    • NC.
  • Parties constituantes étudiées :
    • NC.
  • Utilisation successives :
    • NC.

Autre

  • Divers :
    • Autre Information : cathédrale type classement par arrêté du 9 août 1906 1992
  • Photo : 194e2b68580eafd2ee8c71a6330c9075.jpg
  • Référence Mérimée : PA00106102

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Contributions des internautes

Cathédrale à Nancy. par olivierp54
Cathédrale, nancy
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Cathédrale à Nancy. par Manuel Bazaille
Cathédrale, nancy
Description par Manuel Bazaille :

Classée monument historique le 9 août 1906, la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation et Saint-Sigisbert fut construite entre 1703 et 1742 dans un style classique. D'abord primatiale, elle devint cathédrale en 1777 lorsque l'antique évêché de Toul fut transféré à Nancy. En 1867, le pape Pie IX lui conférait le titre de basilique.

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Source: base Mérimée et contribution des internautes.

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