Eglise Paroissiale Notre-Dame

Cette église relève a l'origine de l'ancien diocèse Sées. Le chœur et le transept oriental datent du XIIIe siècle. La construction de la nef, d'un deuxième transept inachevé et de la tour lanterne du premier transept remonte quant à elle au XIVe siècle. l'église est bombardée en 1944, le chœur est alors en ruines.

Statistique monumentale du Calvados

Rouvres, Rovrœ, Rourœ.

L'église de Rouvres, tout près de Mézières, est plus grande que ne le sont habituellement les églises de campagne. Il n'est pas facile de se rendre compte de toutes les particularités qu'elle présente dans sa construction, car elle offre deux transepts séparés par un trés-petit espace, une déviation considérable dans l'axe du chœur et d'autres irrégularités très singulières.

Je pense qu'au XIIIe siècle on a fait le chœur et le transept : le transept nord est même plus ancien, puisqu'on y voit des fenêtres à plein-cintre avec des colonnettes romanes. Je ne sais à quelle occasion on a construit la nef. Mais il paraît qu'alors on disposa les choses avec l'intention de refaire l'église en entier, car cette nef n'est point alignée sur le chœur et la déviation de celui-ci vers le sud produit le plus choquant effet de perspective.

Quoi qu'il en soit, une chose est évidente selon moi, c'est qu'après avoir, au XIVe siècle probablement, construit la nef et disposé le nouveau transept pour recevoir une tour, on a abandonné le projet d'élever la pyramide et sans doute la cause de cet abandon vient de ce qu'on avait donné à la base carrée des dimensions beaucoup trop considérables et qu'il parut impossible de faire une tour élégante sur une pareille base. Ce commencement de tour est, en effet, d'une pesanteur énorme et ressemble au donjon d'un château féodal.

L'architecte habile qui fut chargé de construire l'élégante tour actuelle comprit qu'il fallait une base d'un plus petit diamètre et il n'hésita pas à choisir celle que lui offrit le centre de l'ancien transept : de ce moment le projet de reconstruire le chœur sur l'axe de la nef fut abandonné et l'église dut présenter l'assemblage incohérent de deux édifices.

Maintenant que nous avons exposé la théorie que nous nous sommes faite pour nous rendre compte de ce qui existe à l'église de Rouvres, expliquons quelques-unes de ses parties.

Intérieur de l'église de Rouvres en 1854

Nous avons dit que le chœur devait être du XIIIe siècle sauf le transept nord qui est plus ancien. Des arcatures ornent le chevet, une longue chapelle occupe du côté du sud l'espace répondant au chœur et à la tour, c'est-à-dire que l'ancien transept forme une excroissance jusqu'au chevet, par suite d'une reprise en sous-œuvre et d'une addition. Une ligne brisée dans le mur sud de cette chapelle indique bien cette reprise. Je suppose qu'elle a eu lieu au XIVe siècle. Les corniches sont aussi différentes.

Le dessous de la tour et le transept nord, aussi bien que le transept qui précède la tour, le chœur, la chapelle dont je viens de parler, sont voûtés ; la nef ne l'est pas. Je suppose que ces voûtes sont du XIVe siècle au moins en partie : quelques arceaux de la voûte du chœur ont été refaits en 1701, ainsi que l'atteste une inscription.

La nef est percée de fenêtres arrondies et assez larges que je crois de la fin du XIIIe siècle ou du XIVe, et qui, selon nous, font un très-mauvais effet, et rapetissent l'édifice ; des fenêtres de cette forme se voient, non-seulement dans les murs latéraux du chœur, mais encore au chevet et au dessus d'une charmante porte occidentale que nous allons décrire.

Cette porte, avec la tour, forment les parties vraiment intéressantes de l'église : la porte est décorée d'archivoltes admirablement sculptées, portant de chaque côté sur trois colonnes en claire-voie. L'archivolte extérieure est ornée de deux rangs de feuilles de vigne qui se réunissent par leurs extrémités et forment ainsi une guirlande. Derrière ces bouquets , formés par la réunion des feuilles, on voit la tête d'un personnage figurant, je crois, un génie. La guirlande repose à gauche sur un clerc avec crosse et chasuble, la main droite levée ; des tores garnissent la 2e archivolte et les détachent de la 3e qui est ornée d'une guirlande de feuilles d’artichaut disposées comme les premières : derrière chaque bouquet sont des personnages ailés.

La flèche est une des plus caractérisées du XIVe siècle que l'on puisse citer ; les arcatures simulées près des arcades de la tour carrée montrent le style de ce siècle, 2e moitié, tel qu'on le trouve en Normandie dans les monuments les plus élégants. La pyramide, si légère et percée d'un très-grand nombre de trèfles et de rosaces, paraît un peu grêle pour la base, mais il faut remarquer que les quatre angles portaient des clochetons dont les amorces prouvent l'existence. On avait pour tous ces clochetons voulu imiter la tour de Saint-Pierre de Caen.

En rétablissant ainsi les choses.on ne pourra refuser à la tour de Rouvres une mention très-honorable parmi les flèches du Calvados.

Les pierres qui la composent n'ont pas plus de l5 à 16 centimètres d'épaisseur dans la partie supérieure.

Nous donnons ici le détail des fenêtres, et des arcatures pour mieux faire comprendre la saillie des voussures et des colonnettes et la correction des broderies (NdW : voir illustration ci dessous).

Les pierres tombales du chœur n'offrent plus d'inscriptions lisibles.

La cure de Rouvres se divisait en deux portions ; ces deux portions de cure furent réunies en une par Mgr Rouxel de Médavy, évêque de Séez, au mois d'août 1060. J'ai trouvé au presbytère de Rouvres une copie de l'arrêté qui consacre cette réunion : on y voit que la décision fut prise après une requête présentée par Jacques de Marguerit, écuyer seigneur temporel, baron, seigneur et patron de Rouvres, Soignoles et autres terres, et après examen , « de l'accord fait et passé devant les tabellions royaux en la vicomté de St. Sylvain pour le siége de Sacy, par les Pères Jésuites, cédant et délaissant aux seigneurs de Marguerit, tous et tels droits de présentation qu'ils prétendaient avoir en la seconde portion du bénéfice de Rouvres et ce comme prieurs titulaires de Sainte-Barbe-en-Ange. »

M. Le Saunier fut mis eu possession des deux portions réunies, a charge d'acquitter à l'archidiacre d'Exmes un droit égal à celui qui était dû par les deux portions séparées.

Avant cette réunion l'un des curés de Rouvres était un abbé Louis de Marguerit, frère du seigneur de Rouvres, qui demanda la réunion ; son nom figure dans plusieurs comptes de fabrique antérieurs à l'an 1660.

Il existe à la cure un registre dans lequel se trouvent une série de comptes du XVIIe siècle et du XVIIIe, de visites d'archidiacre et autres pièces intéressantes pour l'histoire de l'église durant cette période. On y voit qu'en 1756 une délibération fixa à 15 francs le droit à payer pour être enterré dans l'église.

En 1730, la seigneurie de Rouvres appartenait à la famille Gillain de Bénouville, comme le prouve l'inscription de la cloche , que voici:

L'an 1730 J'ai été Bénie Par Maithk Guillaume Alix Prestre Curé De Rouvres, Et Nommée Par Messire Antoine Gillain Seigneur Et Patron Honoraire De Bénouville Le Port, Launey, Manville, Seigneur D'Estrehan Et Saint-Aurin En Partie Seigneur Et Patron De Soignolles Emalville, Et Fosses Seigneur Et Paton DE Rouvres En Partie, Seigneurde Luc Maistre De Camp De Cavalerie Enseigne Des Gendarmes Bourguignons; Etc Etc Louis Pelley Bourgeois de Falaise Trésorie En Charg, Etc, Etc.

Cet Antoine Gillain mourut en 1766 à l'âge de 74 ans.

La chapelle Saint-Main a pour contre-retable un tableau donné par un M. Seigneurie de Mezières. La statue de la Vierge qu'on voit du côté de l'évangile était, dans l'origine, dans une niche adossée à l'arc-boutant qui appuie l'angle de la chapelle accolée au chœur du côté du sud. Elle est remarquable par ses draperies. On y reconnaît le faire des artistes de l'époque de Louis XV et la prétention qui existe dans les peintures de cette époque.

Dans un mur qui sépare la sacristie de la chapelle accolée au chœur, dans laquelle ou a placé celle-ci, se trouvent incrustés les bas-reliefs d'un retable très-curieux du XIVe ou de la fin du XIIIe siècle, offrant dans une suite de petits tableaux séparés les uns des autres par des colonnettes, l'histoire de N.-S. Ce retable qui se trouvait, à ce que l'on croit, dans la chapelle Saint-Main, a été placé dans le mur où il se trouve par M. le curé actuel de Rouvres (M. Hugot), qui depuis plus de 40 ans dessert cette paroisse, et qui a refusé la cure cantonale pour ne pas quitter son troupeau.

Ce curieux retable est presque entier, seulement une statue de la Vierge qui le surmontait en a été détachée ; mais elle est aussi dans la sacristie. Elle présente la Vierge debout dans une niche trilobée. Jésus est assis sur le bras gauche de sa Mère.

On remarque deux petites statues de Vierge, placées en dehors de chaque côté de l'encadrement tréflé qui enveloppe la statue principale et taillées dans la même pierre.

Source : Statistique Monumentale du calvados par M De Caumont

Localisation et informations générales

  • identifiant unique de la notice : 13480
  • item : Eglise Paroissiale Notre-Dame
  • Localisation :
    • Basse-Normandie
    • Calvados
    • Rouvres
  • Code INSEE commune : 14546
  • Code postal de la commune : 14190
  • Ordre dans la liste : 2
  • Nom commun de la construction : 2 dénomiations sont utilisées pour définir cette construction :
    • église
    • église paroissiale
  • Etat :
    • L'état actuel de cette construction ne nous est pas connue.

Dates et époques

  • Périodes de construction :
    • Nous n'avons aucune informlation sur les périodes de constructions de cet édifice.
  • Enquête : 1986
  • Date de protection : 1879/04/07 : classé MH
  • Date de versement : 1987 AVANT

Construction, architecture et style

  • Materiaux: 3 types de matériaux composent le gros oeuvre.
    • calcaire
    • pierre de taille
    • pierre
  • Couverture : On remarque 4 types de couverture différents :
    • toit à longs pans
    • pignon découvert
    • pignon
    • toit
  • Materiaux (de couverture) : 2 types de matériaux de couverture entrent en jeux dans le couvrement de cet ensemble
    • tuile plate
    • calcaire en couverture
  • Autre a propos de la couverture : 2 modes de couvrement répertoriés :
    • voûte d'ogives
    • lambris de couvrement
  • Etages :
    • Etage type : 1 vaisseau
  • Escaliers : 3 types d'escaliers différents sont présent sur le site :
    • escalier en vis
    • escalier en vis sans jour
    • escalier hors-oeuvre
  • Décoration de l'édifice :
    • Le décor est composé de : 'sculpture'
  • Ornementation :
    • non communiqué
  • Typologie :
    • non communiqué
  • Plan :
    • Plan Type 'plan en croix latine'

Monument et histoire du lieu

  • Eléments protégés MH (Monument Historique) :
    • Notre base de données ne comprend aucun élément particulier qui fasse l'objet d'une protection.
  • Parties constituantes :
    • non communiqué
  • Parties constituantes étudiées :
    • non communiqué
  • Utilisation successives :
    • non communiqué

Autre

  • Divers : 2 informations diverses sont disponibles :
    • figures fantastiques propriété de la commune
    • décor floral
  • Référence Mérimée : IA00000305

photo : michel

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