Un temple gallo-romain découvert à rennes menacè

Interpelé par May Dutheil au travers de l'organe de promotion FaceBook, Patrimoine de France est sollicité pour relayer la cause de vestiges antiques de la ville de Rennes et si possible favoriser la visibilité d'une pétition destinée à réévaluer l'avenir de vestiges gallo romains à forte valeur ajoutée patrimoniale.

Tour d'horizon

Dans une lettre ouverte adressée à Rennes Métropole, on peut lire qu'un superbe temple gallo-romain, mesurant neuf mètres de long, a été mis à jour dans la cour nord du couvent des Jacobins à Rennes. Il apparaitrait que nous soyons en présence du plus ancien sanctuaire connu à Rennes. Beaucoup d'autres découvertes ont eu lieu depuis fin 2011, au début des fouilles, mais cette dernière est vraisemblablement un pilier de l'histoire de Rennes. Aujourd'hui un projet immobilier pourrait remettre en question la visibilité et l'avenir de cette découverte.

La presse a déjà fortement propagé la nouvelle et "Le mensuel de Rennes", par exemple, met l'accent sur le travail de L'INRAP (Institut national des recherches archéologiques préventives) au travers de propos de Gaétan Le Cloirec : "Après le jardin du cloître et les cours extérieures, ils ont notamment exploré, durant ces derniers mois, l’intérieur de l’édifice. Les résultats sont à la hauteur des attentes".

Le "National géographic" se fait aussi l'écho de cette découverte et en parcourant leur article one peut y voir : "En fouillant le couvent des Jacobins, les archéologues de l’Inrap ont non seulement révélé l’existence d’un temple romain mais également exhumé plusieurs vestiges antiques médiévaux".

Le 12 septembre 2012 l'INRAP nous livre des détails sur l'opération de fouille au travers d'un communiqué de presse :

Une équipe d’archéologues de l’Inrap fouille, depuis décembre 2011, le site du couvent des Jacobins à Rennes. Réalisée sur prescription de l’État (Drac Bretagne), à l’emplacement du futur centre des congrès de Rennes Métropole, cette fouille urbaine est l’une des plus importantes jamais menées dans l’Ouest de la France. À l’intérieur du couvent, dans le jardin du cloître et dans les cours extérieures, les archéologues recherchent le quartier antique, étudient son évolution en faubourg médiéval et retracent l’histoire du couvent.

Aujourd’hui, de nombreux vestiges gallo-romains sont exhumés dont un temple du IIIe siècle de notre ère. Parallèlement, l’archéologie du bâti, c’est-à-dire l’étude des murs du couvent, révèle l’évolution architecturale de l’édifice du XIVe au XVIIIe siècle.

Un quartier dynamique de la ville antique de Condate (Ier-IVe siècles) Les 8 000 m2 de fouille offrent l’opportunité d’étudier l’ensemble d’un îlot de l’antique Condate. Délimité par quatre voies, ce quartier a connu un fort développement entre le Ier et le IVe siècle de notre ère. Les fouilles livrent, sur près de 2 mètres d’épaisseur, une accumulation de voies, murs, bâtiments… Dans le jardin du cloître, de grands édifices des IIIe-IVe siècles – bâtiments publics ou grandes maisons urbaines – succèdent aux ateliers artisanaux qui bordaient un axe majeur de la cité gallo-romaine orienté nord-sud ou cardo.

Dans la cour nord du couvent, les archéologues viennent de mettre au jour un carrefour majeur de la cité, au milieu duquel se dresse un temple. Découverte inattendue, c’est le premier bâtiment public antique mis au jour à Rennes, exception faite de la muraille et des traces d’arc honorifique. Quadrangulaire, de 9 mètres de long, flanqué d’un escalier il s’agit d’un temple sur podium. L’exhumation à proximité de deux statuettes (un coq et un bouc) pourrait évoquer une dévotion à Mercure. Ce dieu du commerce, des voyageurs et des carrefours trouverait parfaitement sa place dans ce quartier très fréquenté, riche en activités artisanales et commerciales.

May Dutheil nous livre son point de vue

Intérogée par Patrimoine-de-france.com, May Dutheil exprime son point de vue par rapport aux trois questions qui suivent :

pdf.com : Que représente pour vous ce temple gallo-romain découvert à Rennes ?

May Dutheil : Rennes est une ville riche en patrimoine médiéval, mais nous avons très peu de choses sur Condate, la Rennes antique. Certes la totalité des découvertes antiques ne pourront être sauvegardées sur ce site. Mais ce temple est le plus ancien lieu de culte connu à Rennes, et permettrait aux visiteurs (jeunes, touristes ou habitants de Rennes et ses environs) de faire le lien avec le passé antique presque totalement oublié. C'est non-seulement un petit bijou unique dans la région, mais c'est également un symbole. De plus, tout cela aurait eu lieu dans la plus grande discrétion s'il n'y avait pas eu les journées du patrimoine. Ce temple et tout ce qu'il y a autour appartient aux habitants de Rennes. Il m'aurait semblé juste que Rennes Métropole informe et demande l'avis aux habitants

pdf.com : Pensez vous et pourquoi que le parking du futur centre des congrès ne présente pas d'utilité pour la communauté de Renne ?

M D : La destruction de la plus grande partie des sous-sols du couvent des Jacobins me parait inévitable. Si on prévoit un lieu avec des grands rassemblements, alors un lieu pour y garer des voitures parait important (même si Rennes à déjà beaucoup de parkings à l'intérieur, ainsi qu'à l'extérieur de la ville. Sans compter l'excellent réseau de transports en communs). Mais un compromis me parait possible. Dans de nombreux cas, les monuments. sculptures etc sont intégrés dans le paysage. Ce temple ne pourrait-il pas être intégré dans le parking, ou le sol du centre des congrès, et mis sous verre pour en faire profiter tout le monde? Cela rajouterait du cachet au lieu, ainsi qu'à la ville.

pdf.com : Quel compromis architectural souhaiteriez vous voir le jour pour concilier les intérêts présent de la ville à construire ce parking et quel usage souhaiteriez vous voir fait de ce site archéologique ?

M D : Il faut savoir que Rennes est une ville de passage qui as du mal à faire rester ses touristes. La mise en avant de ce genre de trésors aiderait sans doute à dynamiser la ville touristiquement parlant. Et parlant de compromis: d'après moi beaucoup d'autres choses découvertes sur ce site de fouilles devraient être sauvegardées, mais demander la protection du temple uniquement me parait déjà être un compromis en sois. Certes cela modifierait les projets architecturaux prévus, ainsi que le budget. Mais ne sommes nous pas assez compétents aujourd'hui pour trouver des solutions ? N'existe-t-il pas des moyens efficaces aujourd'hui pour demander des aides financières sur ce genre de projets ?

Participer

Nous constatons de plus en plus, de nombreuses mobilisation pour sauver le patrimoine ou infléchir les projets le concernant si vous souhaitez que Rennes prenne en compte votre opinion suivez le lien :

www.change.org



De John le 2012-10-06 19:57:20.

Would very much like to see the temple saved for posterity. It is much closer to the heart of the European people than the monotheistic religion of the wrathful sky god forcefully introduced from the desert of the Middle East. In the Netherlands also, archaeology is a commercial enterprise, wiping out precious ancient sacred sites.