les moulins, 3e patrimoine de france, sont menacés

La FFAM en la personne de madame Annie Bouchard, m'informe ce matin de la publication d'un tract destiné à informer un public le plus large possible sur les difficultés que rencontrent les propriétaires de moulins et l'association.

Pour tous ceux qui n'auraient pas encore entendu parler de la directive européenne sur l'eau (DCE 2000)  concernant la restauration de la continuité écologique des cours d'eau, il faut comprendre qu'une décision "technocratique" vient de voir le jour afin de légiférer sur le devenir de nos cours d'eau et régler définitivement le compte de milliers de moulins et autres installations hydroelectriques (par exemple, mais la liste ne semble pas limitative).

Partie (peut-être) d'une lubie écologique mal pensée, la décision de restaurer la continuité naturelle des rivières menace donc tous les équipements le long de son parcours ou presque.

En mode ironique, on imaginera facilement que tous les maux de nos cours d'eau sont forcément liés à ces vénérables moulins et en aucun cas aux vraies causes qu'on prend beaucoup de soins à nous cacher.

En mode bon sens, on n'oubliera pas que ces moulins assurent un service plus qu'important dans beaucoup de cas comme :

  • Permettre le passage des sédiments ;
  • Fournir de l’énergie ;
  • Ecrêter les crues ;
  • Ralentir la vitesse de l’eau et ne pas éroder les fonds de rivières ;
  • Favoriser et préserver les milieux humides où une faune et une flore se sont installées ;
  • Eviter l’assèchement des nappes phréatiques et des sources ;
  • Retenir l’eau en période d’étiage ou sèche ;
  • Préserver un bon état écologique du système local.

On comprendra aussi que si cette directive, qui vise à prévenir et réduire la pollution des eaux, promouvoir son utilisation durable, protéger l'environnement, améliorer l'état des écosystèmes aquatiques et atténuer les effets des inondations et des sécheresses est fondamentalement logique et noble, c'est sa mise en application dans le cadre des moulins qui représente une bêtise sans nom.

Voici donc ce que la FFAM souhaite faire connaître :

S O S, DANGER !

Les moulins, 3e patrimoine de France, sont menacés et pourtant :

  • Nous sommes les premiers acteurs de la préservation de la ressource en eau depuis des siècles.
  • Nous rendons à la rivière toute l’eau passant par les roues de nos moulins.
  • Nous participons à la sécurité des personnes et des biens en atténuant les crues, en régulant les débits.
  • Nous maintenons la vie dans nos biefs quand, ailleurs sur la rivière, les périodes d’étiages la fragilisent.
  • Nous aidons au maintien des nappes phréatiques, à la pérennité des zones humides.
  • Nous nouons des liens avec les autres acteurs de l’animation touristique et culturelle.
  • Nous produisons ou pourrons produire, de l’électricité qui se retrouve sur le réseau EDF en quantité de plus en plus importante, grâce à de nouvelles solutions hydroélectriques (de haute technologie française) et cela sans pollution, sans gène environnementale. « Nos moteurs » sont à « zéro litre aux 100 km ! ».

Aujourd’hui nous vivons dans l’abondance de l’énergie électronucléaire qui couvre 80% de nos besoins. Demain, quand cette énergie fossile aura disparu, se posera la question du traitement de ses déchets, radioactifs pour des millénaires, et il faudra régler le coût du démantèlement des centrales. Un cadeau pour les générations futures !

Et cette liste n’est pas exhaustive !

Certains nous opposeraient que nous ne sortons pas toujours de grandes écoles… Ils ignorent que nous avons une connaissance du terrain, un recul que nous tenons de nos anciens qui leur fait parfois défaut. Nous sommes fiers d’entretenir, et si possible d’améliorer, au fil de l’évolution des technologies, un héritage pour la modernité.

Nous constatons que l’eau est malade… l’Etat casse le thermomètre.

« A bas, est-il dit, les obstacles (ce sont nos seuils) transversaux et longitudinaux » ! Vive, entend-on encore, les rivières qui « divaguent », qui « retrouvent un espace de liberté », qui « respirent » !

Quel est ce langage, exposé en boucle, oubliant les activités économiques, même les plus respectueuses de l’environnement ? Il ignore vraiment les irréversibles catastrophes qui en découleraient pour notre quotidien…

Sauvons les moulins halte au massacre

Faites connaître autour de vous la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM)

www.moulinsdefrance.org

Contacts départementaux et associations affiliées :
reseau liens
Liste des sites ouverts à la visite pour la manifestation de la Journée du Patrimoine de Pays et Journée des Moulins
des 18 et 19 juin 2011 sur :
En cours (bouton menu vertical gauche "Liste 2011")

La FFAM a ouvert, pour leur défense, un compte « Fonds d’Intervention Collective », renseignez-vous !
contact tresorier@moulinsdefrance.org
Merci pour votre soutien !

 

La directive-cadre sur l'eau (2000/60/CE), souvent plus simplement désignée par son sigle DCE, est une directive européenne du Parlement européen et du Conseil prise le 23 octobre 2000.
Elle établit un cadre pour une politique globale communautaire dans le domaine de l'eau.

C'est l'élément majeur de la réglementation européenne concernant la protection globale des ressources en eau douces, saumâtres ou salées, superficielles ou souterraines, de « transition »  et côtières.

Cette Directive vise à prévenir et réduire la pollution des eaux, promouvoir son utilisation durable, protéger l'environnement, améliorer l'état des écosystèmes aquatiques (zones humides) et atténuer les effets des inondations et des sécheresses.



De alfredo le 2012-04-15 11:16:52.

Propriétaire d'une retenue, correspondant à un moulin dont l'existence est attestée depuis le 13è siècle et qui était opérationnel jusqu'au début du 20è siècle, sur la rivière La Marmande, affluent du Cher, je partage l'inquiétude des autres propriétaires de moulins et de retenues et suis prêt à me joindre aux actions collectives qui pourraient être entreprises pour les sauver.

Merci de me tenir informé.