le moulin reçoit et transmet l’eau

le moulin reçoit et transmet l’eau qu'on veut bien lui donner

Mesdames, Messieurs les élus : Qu’allez-vous faire de nos impôts ?

Une directive Européenne demande à chaque pays d’agir pour améliorer la qualité de son eau.

Un sujet qui ne laisse insensible personne et ne peut qu’emporter l’adhésion de tous.

L’Etat français a décidé que la circulation des sédiments (vases) et des poissons (ce qu’il en reste) étaient des mesures qui permettraient d’améliorer la qualité de ses eaux.

Petit historique pour nos décideurs technocrates : Depuis la nuit des temps, de nombreux poissons fréquentaient en tous sens nos rivières françaises. Une vie aquatique nombreuse et variée était visible par tous ceux qui étaient les utilisateurs de nos cours d’eau (Pêcheurs, Baigneurs et tous les amoureux bucoliques) et ceci il y a une cinquante d’années encore.

Qu’est-ce qui a changé en si peu de temps ? et ainsi nous amène à constater aujourd’hui la raréfaction, voire la disparition de nombreuses espèces de nos cours : il ne faut pas faire de grandes études pour en déduire que la qualité de l’eau est la principale cause de ce changement rapide.

Que nous proposez-vous pour lutter contre ce mal ? Dilution maximum de ces molécules chimiques contenues dans les vases de nos rivières afin de les envoyer plus bas dans les fleuves pour arriver ensuite dans nos estuaires et in fine dans nos mers.

Vous nous proposez, pour les poissons migrateurs de notre génération, qui semblent être plus fainéants que leurs aïeux, d’installer des « passes à poissons » à très grands frais (30 000 €) sur les seuils qui existent pourtant depuis des siècles et dont les poissons s’accommodaient très bien : leur présence nombreuse, il y a encore peu, est attestée par nos anciens pêcheurs !!!

Le budget affecté pour notre département, issu de prélèvements sur nos impôts, ne réglera en rien le problème de l’eau qui est la pollution. Nous ne pouvons imaginer que d’utiliser nos estuaires, océans et mers comme une vaste poubelle, soit la solution pour régler l’incurie d’un Etat moderne et, de plus, sous le couvert d’une idée dite « écologique ».

Ce budget important ne devrait-il pas être utilisé pour supprimer / traiter la pollution, ou bien si ce n’est pas réalisable rapidement, par défaut, la contenir en amont avant que celle-ci n’arrive dans nos cours d’eau ?

Le bon sens pragmatique n’est plus de mise et la non volonté de prendre de vraies mesures en amont va nous (les contribuables) engendrer des coûts indécents sans pour autant en régler le problème de fond qui est : la pollution.

Nous ne voulons à aucun prix assumer le coût de l’incurie de nos technocrates qui devraient se référer auprès de ceux qui vivent auprès de nos rivières et les entretiennent au quotidien : Ces technocrates ont perdu la notion élémentaire de ce qui est « le bon sens ».

Respectez-nous en dépensant notre argent à bon escient !

La préservation de ce patrimoine, 3e patrimoine de France, est d’intérêt général !

  • Qui sommes-nous ? Sous le vocable Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins – FFAM, association de sauvegarde du patrimoine créée en 1997. Nous regroupons en ce début 2012, cent Associations sur tout le territoire. Au sein de ces associations, 10 000 adhérents partagent nos inquiétudes. Notre site www.moulinsdefrance.org vous en donnera le détail.
  • Quelles sont nos inquiétudes ? L’existence de nos moulins est directement menacée par la circulaire Borloo du 25 janvier 2010, dite de « Mise en œuvre par l'État et ses établissements publics d'un plan d'action pour la restauration de la continuité écologique des cours d'eau ». Nous avons introduit un recours auprès du Conseil d’État contre cette circulaire.
  • Utilité économique immédiate des seuils de nos moulins hydrauliques : Maintiennent la vie dans les biefs quand l’étiage des rivières la fragilise. Effet retardateur sur la diffusion des pollutions. Participent au maintien des nappes phréatiques, à la pérennité des zones humides. Amortissent les crues. Contribuent pleinement à la vie économique de proximité, via l’animation touristique, culturelle de la ruralité et actions pédagogiques pour les scolaires. S’inscrivent dans une ponctuation paysagère historique.
  • Potentiel pour demain : Aujourd'hui les moulins de France, petits producteurs d'électricité propre et renouvelable représentent l'équivalent d'une tranche nucléaire. Demain, grâce à une technologie française performante, nous pouvons représenter l'équivalent de deux tranches... si nous ne sommes pas détruits d'ici là ! Si nous sommes détruits, si nous subissons les mêmes folies que celles du remembrement d'il y a plus de trente ans... notre potentiel aura disparu et nous ne pourrons pas offrir à la France notre contribution, notre savoir-faire, notre vigilance auprès de nos cours d'eau... Si nous sommes détruits, la pollution de l'eau continuera à exister, sans que rien ne se soit amélioré, bien au contraire ! L'état du milieu aquatique aura été définitivement aggravé. L'effet chasse d'eau a un résultat inéluctable : tuer toute vie dans les estuaires, les mers, les océans…
  • Notre attente : C’est sur la base de ces constatations et de notre volonté de contribuer à votre réflexion sur la préservation du patrimoine de votre circonscription et du potentiel que les moulins représentent que nous nous adressons à vous. Nous militons pour que notre contribution au développement durable, au futur proche des énergies renouvelables puisse constituer un enrichissement des réflexions du nouveau gouvernement et du Parlement.

Les « meuniers » représentent plus de 10 000 familles au sein de plus d’une centaine d'associations, et de très nombreux sympathisants y compris riverains et pêcheurs.

Nous sommes résolus à défendre ce patrimoine d’intérêt général, témoin de notre histoire collective et porteur de ressources renouvelables pour le futur de notre pays.



De pierre47 le 2012-09-29 08:50:28.

les petits ruisseaux font les grandes rivières... Au lieu de nous mettre des batons dans les roues, si l'administration nous aidait à réhabiliter nos moulins nous pourrions contribuer de manière non négligeable a produire de l'énergie propre  exempte de pollution et d'effet de serre.

Vouloir redonner aux rivières leurs cours naturel est une pure hérésie!

Michel

De Un vieux Meunier le 2012-10-14 21:41:07.

Et si je vous racontais une histoire… une partie de celle de nos moulins…

Mais si vous le voulez bien, remontons d’abord le temps de quelques dizaines d’années … 

Il y a quelques dizaines d'années de beaux esprits, bardés de certitudes et de diplômes ont affirmé que l'avenir de l'agriculture et le bonheur des agriculteurs et du bon peuple passait par la suppression de haies, l'effacement des bocages... afin que d'immenses plaines soient gérées industriellement.

 Puisque ceux "qui savaient" avaient parlé on a détruit, non seulement les haies et les bosquets, mais aussi et surtout on a détruit tout l'écosystème qui y vivait... oiseaux, insectes, arbres, arbrisseaux et plantes qui constituaient un petit monde vivant en osmose avec les cultures humaines en un enrichissement réciproque et permanent.

On a dépensé beaucoup d'argent pour supprimer ce maillage séculaire d'un coup d'un seul ! avec juste beaucoup beaucoup beaucoup d’argent… et de certitudes.

L'eau pouvait dévaler, les vents retrouvaient un espace de liberté…  les bourrasques divaguaient librement... on pouvait faire manœuvrer d'énormes machines pétaradantes et polluantes qui ont obligé à un énorme endettement...

Bizarrement on en est revenu ! Le bon sens paysan... est intervenu... et l’a remporté… mais que d’argent dilapidé, que d’énergie perdue, que de familles d’agriculteurs écrasées sous les charges financières… 

De ces jours de retour à la raison les beaux esprits bardés de certitudes et de diplômes étaient absents au téléphone, les certitudes envolées... Le bon sens revenu on a payé à nouveau pour la reconstitution de ce que l'on avait détruit… beaucoup beaucoup d’argent… et ça continue !

« tempus fugit »… la mémoire aussi…

Aujourd'hui, transcrivant "à leur manière" une directive Européenne dans le droit Français une nouvelle génération de beaux esprits, bardés de certitudes et de diplômes, sensibles à certains lobbys (?), ont affirmé que la continuité écologique passait par un arasement maximum de tous les obstacles présents sur les cours d'eau. Ne faisons pas de détail… cassons cassons… arasons arasons…  rendons transparents …

Il existe une population clairsemée, âgée sans doute, pas très fortunée, propriétaire de moulins, descendants pour beaucoup d'une longue généalogie de meuniers de moulins multiséculaires... 

Voila une proie facile, pas même un lobby, tout juste quelques milliers de familles... éparpillées dans l’hexagone (oui oui je dis bien l’hexagone car la directive DCE n’a jamais imposé cette casse à l’Europe)

Les ‘visites’ s’organisent, un beau commando : le bon et le méchant (comme à la télé) et on va pouvoir convaincre qu'il faut araser, faire des échancrures, des échelles à poisson (n.d.l.r.  de moins en moins de barrages et malgré tout de moins en moins de poissons depuis des décennies), et que sinon... ça va vous coûter…  Ouh là là…  des dizaines de milliers d'Euros et peut-être même davantage !!! croyez-moi ma bonne dame… certains y ont crû ! 

Si on laisse faire...

… Un jour lointain, le bons sens s'imposera à nouveau, comme rien de bon ne sera sorti de cette destruction stupide au lieu d'un aménagement concerté, positif, et d’un minimum de ce gros bon sens qui manque à ces diplômés bardés de certitudes ! (Certes ce n’est pas au programme de leur formation). 

Lâs ! on ne replantera pas de levées comme on a replanté les haies...

L’eau ne refranchira pas les biefs, disparus depuis longtemps.

Roues et roudets seront irrémédiablement desséchés, silencieux, inutiles… le crime parfait!

La mort programmée, silencieuse… qui ne dérange pas ! sauf que …

Les petits cailloux que ma descendance, pleine d’espoir, placera au fond du ruisseau ne pousseront pas.

Les biefs ne seront plus, depuis longtemps, le refuge des truitelles, de toute cette vie de l'eau qui nourrit, dépollue... fait respirer le milieu aquatique, apporte et développe la vie...

La petite retenue d'eau que constituent nos levées ne seront plus une zone de calme et de fraîcheur à l’abri des frondaisons pour les poissons quand l'été brûle tout et que les niveaux d'eau sont bien bas... l'étiage qui empire

La pollution continuera à dévaler vers la mer (pensez aux algues vertes en Bretagne etc etc etc). Après avoir tué nos cours d'eau c'est la mer qui sera assassinée.

Plus de vanne à manœuvrer intelligemment pour échelonner l’impact des « coups d’eau ».

Pensez aux inondations des villes et des villages traversés lors des pluies torrentielles.

De nombreuses zones humides auront disparu ainsi que la faune et la flore qui en dépendent.

 Les vieilles bâtisses s’écrouleront au lieu d’espérer une nouvelle vie, un nouvel usage au service de la collectivité : aider à redémarrer une production d’électricité renouvelable (aussi modeste soit-elle), une activité touristique, patrimoniale à travers une association (loi 1901) à valeur pédagogique, historique, touristique…  un lieu de réflexion écologique, de suivi et de mesure de la qualité de l’eau…

Des sites équipés de « micro ou pico » centrales auront été abandonnés, privés d'eau !

Des sites aménageables en production d'électricité non polluante, renouvelable, répartis sur tout le territoire auront été abandonnés, privés d'eau, démolis par l'affaissement du sol... asséché.

 Souvenez-vous bien que :

Les moulins, acteurs de notre Histoire, sont porteurs d'une énergie du futur.

Les moulins sont les premiers acteurs de la préservation de la ressource en eau depuis des siècles.

Les moulins rendent à la rivière toute l’eau passant par les moteurs à eau : roues, roudets et turbines…

Les moulins participent à la sécurité des personnes et des biens : ils atténuent les crues en régulant les débits.

Les moulins maintiennent la vie dans les biefs quand, ailleurs sur la rivière, les périodes d’étiage la fragilisent.

Les moulins participent au maintien des nappes phréatiques, à la pérennité des zones humides.

L’abaissement de la ligne d'eau, par réduction durable de la hauteur de chute, dégrade le bâti riverain (écroulement du pont de Tours en 1978).

Les moulins, troisième patrimoine architectural français, s’inscrivent pleinement dans l’animation touristique, culturelle et les actions pédagogiques à destination des scolaires et dans les énergies renouvelables du futur.

Les moulins produisent déjà ou pourront produire de l’électricité injectée sur le réseau en quantité de plus en plus importante, grâce à de nouvelles solutions hydroélectriques (de haute technologie française), sans dépendance des importations de sources d’énergie, sans pollution de l’eau, sans autre dégradation de l’environnement : ni visuelle, ni sonore, sans réchauffement de l’eau, ni de l’atmosphère (pas de rejet de CO2, pas d’enfouissement, pas de lignes haute tension …).

Enfin, en laissant faire, ces sites ou vous aimez vous promener, vous qui venez aujourd'hui nous visiter en nous disant ou en écrivant dans notre livre d'or:

Quel magnifique endroit ! Les anciens, tout de même … y savaient y faire… 

Bravo pour votre travail de restauration du moulin et de ses machines !

Merci pour nos enfants... beau témoignage du passé !

Vous pouvez aussi faire de l’électricité propre ?

En laissant faire, disais-je, ce patrimoine qui est le 3ème de France au potentiel d’énergie renouvelable propre mais négligé aura malheureusement disparu.

 

De Charles Hypolyte le 2012-11-02 21:24:20.

Félicitations pour ce réquisitoire.

Peut être devrait-il se terminer par un modèle de lettre que nos élus pourraient adresser au Ministre de l'Environnement ou à défaut, à leur député.

Ne faut il obtenir du Parlement , la suppression des réglements français , soit disant inspirés par une Directive Européenne ??