Le ministère de la Culture et l'archéologie

L’archéologie qu'est ce que c'est ? Pourquoi et comment cela se passe ? quelques questions simples qui trouvent une réponse en quelques lignes tirées d'une présentation des journées de l'archéologie.

Juin 2012 : visite du site de La Milesse dans la Sarthe et animations autour de la paléo-metallurgie

L’archéologie est une activité à la croisée de deux missions de service public : la recherche et le patrimoine. Elle s’inscrit au nombre des compétences essentielles du ministère de la Culture et de la Communication.

L’archéologie s’attache à reconstituer – en vue de la transmission de cette connaissance aux générations présentes et futures – l’histoire de l’Humanité, des origines à nos jours, à partir de vestiges matériels et de leur contexte de découverte. Elle repose sur l’étude d’objets et de traces laissées dans le sol par les différentes occupations humaines pour lesquelles les sources écrites sont absentes, muettes ou complémentaires.

Cette discipline peut être envisagée selon deux approches : l’archéologie préventive et l’archéologie programmée, sans qu’aucune hiérarchie ne distingue l’une de l’autre.

L’archéologie préventive est en partie déterminée par l’activité économique : elle identifie des sites menacés dont l’étude scientifique – sans la contrainte de réalisation d’un projet d’aménagement – aurait pu être reportée. Lorsqu’existent des présomptions de présence de vestiges archéologiques, le terrain fait d’abord l’objet d’un diagnostic qui, s’il confirme la présence de vestiges importants, est suivi d’une opération de fouilles. Ces fouilles apportent une masse d’informations utiles à la recherche. Un établissement public, l’Inrap, fort de près de 1 700 archéologues, des services de collectivités territoriales et des opérateurs privés concourent à cette sauvegarde à travers la fouille et l’étude dans l’urgence des parcelles dont le sous-sol est concerné par un aménagement.

L’archéologie programmée concerne des espaces non destinés dans l’immédiat à un aménagement, où peuvent être organisées des opérations d’archéologie sans contrainte de délai.

Les données tirées de l’archéologie préventive et de l’archéologie programmée alimentent la réflexion de définition de stratégie à venir de la recherche et ses priorités.

Ces orientations sont définies par la communauté scientifique représentée au sein du Conseil national de la recherche archéologique (CNRA) placé auprès du ministre de la Culture. Dans cette perspective, les services régionaux de l’Archéologie (SRA) et les commissions interrégionales de la recherche archéologique (CIRA) jouent un rôle déterminant d’éclairage, d’information et de remontée de propositions.

La mission de service public de la recherche archéologique préventive et programmée implique un contrôle technique et une évaluation scientifique rigoureuse des opérations autorisées. Ce contrôle et cette évaluation sont formalisés par l’évaluation scientifique des opérations archéologiques par les CIRA, et également pour les contrôles techniques réalisés sur les sites par les agents des SRA, ceux-ci sont des archéologues de l’État, chargés de prescrire et contrôler les opérations d’archéologie préventives, et qui participent également à des actions de recherche. La participation à des unités mixtes de recherche d’agents des SRA est encouragée ainsi que la direction ou la participation à des fouilles et la publication de travaux de recherches.

L’archéologie n’a pas pour objectif de fouiller de manière exhaustive l’ensemble du territoire. Il convient au contraire de préserver des terrains de recherche pour les générations futures qui pourront les étudier avec des moyens technologiques plus performants. C’est pourquoi les orientations fixées chaque année correspondent à la déclinaison de priorités à travers une véritable stratégie de recherche, définie et argumentée, peut également passer par des mesures de protection pour certains sites remarquables.

L’approche raisonnée traduit le fait que tout projet d’aménagement n’implique pas nécessairement une fouille. Sur environ 35 000 dossiers d’aménagement portés à la connaissance des services régionaux de l’archéologie chaque année, 2 500 à 3 000 seulement font l’objet de diagnostics, lesquels ne débouchent que sur 500 prescriptions de fouilles, soit un taux de fouilles de l’ordre de 1 %. Quand le diagnostic ou la fouille est prescrit, les opérations doivent être réalisées de manière rigoureuse et il revient aux SRA de s’en assurer – avec l’appui des CIRA – et notamment de veiller à la publication des résultats dans des délais raisonnables.

L’approche raisonnée implique également de ne pas laisser la possibilité à des non- spécialistes de s’improviser archéologues et empêcher la détérioration – de plus ou moins bonne foi – des terrains de recherche et du patrimoine commun. Le pillage des sites archéologiques est un fléau et il doit être combattu.

Source : Communiqué de presse INRAP 2013



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