Delbrouck joseph-louis

A propos de Delbrouck joseph-louis

Yves nous précise que :

Joseph Louis DELBROUCK (13.06.1819 Reims - 15.07.1871 Versailles) - Architecte

La famille Delbrouck est originaire de Liège (Belgique). Gilles Delbrouck, le grand père de l’architecte vient s’installer en Champagne à la fin du 18ème siècle pour y exercer le métier de coutelier. C’est à Reims qu’il fondera alors une famille nombreuse. L’un de ses fils, Servais Delbrouck, sera militaire dans les armées de l’Empire. Il participera aux nombreuses campagnes de Napoléon au cours desquelles il sera plusieurs fois blessé. Alors lieutenant en retraite du 27ème régiment d’infanterie de ligne, il sera fait chevalier de la Légion d’honneur en 1815, puis il épousera en 1817 Anne Augé. De cette union naîtra le 13 juin 1819 à Reims, Joseph Louis Delbrouck qui deviendra architecte.

Les traces d’enfance de l’architecte n’ont pu être retrouvées dans la capitale rémoise. C’est seulement lorsqu’il est âgé de 24 ans, qu’on le retrouve à l’école des Beaux-arts de Paris. Entre 1843 et 1845, il sera un élève d’Henri Labrouste, célèbre architecte à qui l’on doit, entre autres, la bibliothèque Ste Geneviève, la galerie Mazarine et la grande salle de lecture de la Bibliothèque Nationale à Paris.

Après avoir obtenu sa promotion d’architecte (1844), Joseph Louis Delbrouck va réaliser pendant deux années un tour de France et d’Italie pour y étudier notamment les plans des monuments gallo-romains. Il réalisera aussi, parmi de nombreuses planches, des dessins de la porte d’Arroux à Autun, des plans, coupes et façades de l’amphithéâtre de Nîmes.

A cette époque, la société est en pleine mutation, la politique sociale est presque partout présente et la révolution de février 1848 éclate à Paris. De nombreux clubs se constituent, l’organisation ouvrière prend différentes formes, telles le secours mutuel, le secours du chômage et la résistance politique pour la défense de la République … L’architecte devient militant dans les associations ouvrières et orateur très recherché des clubs et des banquets. A Paris, il exercera différentes fonctions, telles celle de président du club de la rue Ste croix de la Bretonnerie, secrétaire du club démocratique des Blancs Manteaux … Il prendra la défense des femmes et sera aux côtés de Jeanne Derouin qui veut fédérer les associations ouvrières. Le 29 mai 1850 des policiers envahirent les locaux de la rue Michel-le-Comte, où se déroulait une assemblée de l’Union des Travailleurs. Quarante neuf personnes furent arrêtées et emprisonnées et parmi elles, Joseph Louis Delbrouck … Au cours du procès d’Assises du 13 novembre 1850, l’architecte, alors membre de la société des maçons, présenta la défense commune des accusés … Malgré cela, la majorité des accusés furent condamnés et de nouveau incarcérés, car c’était un procès politique … Delbrouck, pour sa part sera incarcéré à la prison Ste Pélagie comme prisonnier politique. De nombreuses personnalités interviennent en sa faveur, tels Nombral, Martin Nadaud … De sa prison, l’architecte continuera de travailler et présentera à chaque salon des projets architecturaux à caractère social. En 1951, il exposera deux projets, celui de maisons d’habitations pour les ouvriers avec école et celui d’un établissement de bains et lavoir pour les classes laborieuses. C’était, en quelque sorte un projet dans la continuité de celui d’une cité ouvrière qu’il avait présenté au salon de 1849. En 1852, il présentera un projet de bourse pour les travailleurs avec bureaux de placement pour les hommes et les femmes, bibliothèque, musée industriel et local pour le tribunal des prud’hommes. Cette même année, pour le concours de l’hôpital de Nantes, le projet de Delbrouck sera récompensé par une médaille.

C’est vers le mois d’avril 1852 qu’il sera libéré de prison et qu’il retrouvera son entière disponibilité. Le 29 mai 1852, l’architecte unira sa destinée à Jeanne Delphine Dary. Son union ne sera pas un frein dans sa vie politique et professionnelle, bien au contraire.

En 1853, une brochure consacrée à la nouvelle église St-Eugène à Paris sera éditée et l’architecte y présentera une description complète. En 1863 un concours sera organisé pour la construction de l’Opéra de Paris. Sur les cent soixante dix projets présentés, le numéro 166 sera celui de Delbrouck, mais au final c’est le dossier de Garnier qui sera retenu.

A partir de 1857, il s’installe dans la ville de Vernon avec sa famille et devient architecte de la ville pendant une dizaine d’années. A Vernon en 1858 il signera les plans de l’hôpital de la ville, qui restera sans doute sa plus importante réalisation architecturale et qui le classera dans les groupe des architectes dits « hygiènistes ». Il réalisera aussi la percée d’une rue dans le prolongement du nouveau pont inauguré en 1861 puis il agrémentera cette nouvelle entrée de ville par la construction de petites maisons bourgeoises. Deux jolies constructions en arrondi, avec balcons ont été malheureusement détruites au cours de la seconde guerre mondiale. Un projet d’hôtel de ville dont il dessinera les plans, ne verra pas le jour pour des contraintes budgétaires de la ville. A Vernonnet, en 1860, il réalisera le presbytère ainsi qu’une école de filles. Il dressera encore les plans d’une justice de Paix (1861) d’une usine à gaz (1862) d’une prison (1864) dont les réalisations ne semblent pas avoir été suivie d’effet. Il en est de même en ce qui concerne les plans d’un abattoir et d’une halle.

L’école communale édifiée suivant ses plans en octobre 1858 existe toujours. Elle a été intégrée à un groupe scolaire datant de 1903, tout en conservant les armoiries et la devise de Vernon. Il en est de même pour l’école communale de la rue St-Lazare construite en 1862 qui abrite aujourd’hui le collége César-Lemaître. En 1863, Delbrouck put mettre en pratique l’enseignement de Labrouste, recommandant l’emploi du métal dans les constructions comme en témoigne les plans d’une halle pour laquelle il opta pour une construction carrée dont le toit reposait sur une charpente de fer, elle même soutenue par quatre colonnes de fonte.

Il travaillera aussi pour une clientèle privée de Vernon et des environs (Abbaye de Liory - Tanneries Ogereau - Lemoyne - de Maisonneuve - Debert - Benard - etc) et aussi pour quelques autres communes de l’Eure (Sainte-Barbe - Douains - Tilly) Tout au long de son séjour, fidèle à ses idées socialistes, l’architecte contribuera également à l’éducation des ouvriers par sa participation à la création de la Bibliothèque municipale. En 1862 il mit en place une « association philotechnique », sorte d’université populaire. Il fut l’un des membres du conseil d’administration et l’un des vingt quatre premiers donateurs. Cette initiative, dont l’objectif était « d’encourager la lecture et de fournir l’instruction aux jeunes gens ayant quitté l’école » connu l’échec malgré le dévouement de nombreuses personnalités qui s’employaient à développer de nombreuses conférences tant sur l’arboriculture, l’histoire, la géographie et les sciences … Pour sa part Delbrouck y présentait l’archéologie, l’architecture et l’histoire des monuments.

Dans la continuité de ses idées, en 1863, il fut un des membres créateur auprès de Jean Pierre Beluze (gendre de Cabet) de la « Société du Crédit au Travail ».

En 1868, l’architecte quittera la ville de Vernon … Puis en 1869, son épouse décèdera et il resta seul à élever ses deux filles dont la dernière venait de naître. C’est à Paris au 129 boulevard Saint-Michel qu’il viendra s’installer … Puis c’est la défaite des armées impériales de Napoléon III et la proclamation de la République … En septembre 1870 commencera le siège de Paris … Delbrouck s’engagera alors dans la Garde Nationale, et sera nommé capitaine de la 1ère Compagnie du Génie chargée des travaux de la défense de Paris. Il s’y dépensera sans compter … Il sera fait chevalier de la Légion d’honneur par le général Trochu, gouverneur de Paris, mais il refusera sa décoration !

Après le départ de Viollet-le-Duc qui avait assuré la défense extérieure de Paris en tant que colonel du Génie, Delbrouck n’avait pas accepté le commandement en chef du Génie auxiliaire. En effet, ne cherchant pas la notoriété, l’architecte entendait rester à la tête de sa compagnie car il pensait que c’est là qu’il serait bien plus utile au service des autres et de la cause commune. S’engagera alors, après les élections de 1871, une période très difficile et tragique : la Commune de Paris … Persuadé que la République se trouve toujours menacée, l’architecte s’y engagera sans hésitation, pour tenter la réalisation d’une grande conciliation … Après bien des vicissitudes on le retrouvera partout présent sous la Commune comme en témoigne, entre autre, sa participation à la Fédération des Artistes aux côtés de Courbet et des peintres impressionnistes … Juste avant la « semaine sanglante » Delbrouck sera pris à l’improviste par les troupes de Versailles puis arrêté aux remparts de Passy et fait prisonnier … Son procès se solda par un non-lieu, tellement les empreintes de son dévouement furent évidentes … Il sera alors libéré et retrouvera sa liberté, mais à peine un mois plus tard son corps usé par les souffrances physiques et morales endurées, l’abandonnera définitivement …

Emile Trélat, directeur de l’Ecole d’Architecture, prononcera sur la dépouille mortelle de l’architecte une vibrante éloge funèbre. Celle ci sera alors éditée par ses amis au profit de ses filles … On la retrouvera avec une synthèse biographique très complète sur cet architecte, homme de caractère resté dans l’ombre de l’histoire, à partir de cette page :

Synthèse biographique de la vie de joseph-louis Delbrouck



partagez vos connaissances sur cet acteur du patrimoine

Vous connaissez cet Acteur du patrimoine, vous pouvez rédiger une description, founir une bio qui apparaîtra ici après modération en cliquant ici.

maître de l'oeuvre Delbrouck joseph-louis

Delbrouck joseph-louis est intervenu sur l'ouvrage suivant :

  • En tant que "maître de l'oeuvre", Eglise Paroissiale Notre-Dame voir la fiche.

Les localités suivantes sont concernées par Delbrouck joseph-louis :


architecte communal Delbrouck joseph-louis

Delbrouck joseph-louis est intervenu sur les ouvrages suivant :

  • En tant que "architecte communal", Halle aux grains voir la fiche.
  • En tant que "architecte communal", Hôtel ; hospice, hôtel dit hôtel de Croismare ; hospice dit bureau des pauvres voir la fiche.
  • En tant que "architecte communal", Presbytère place Carpentier Julie lieu dit Vernonnet voir la fiche.

Les localités suivantes sont concernées par Delbrouck joseph-louis :